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Extension et convergence

A Toulouse, la grève de l’Éducation nationale se poursuit : la nécessité de l’extension

A Toulouse, une nouvelle assemblée générale des grévistes de l’Éducation nationale avait lieu ce mardi. Aux prises contre les lois Blanquer, et après de violents épisodes de répression, c’est l’extension du mouvement qui est au cœur des préoccupations, avec en ligne de mire, la construction du 6 juin, et la convergence avec d’autres secteurs.

samedi 1er juin

Depuis le mois de décembre, l’académie toulousaine est secouée d’épisodes ponctuels de protestation des enseignants et personnels de l’Éducation nationale contre les lois Blanquer visant à dégrader considérablement les conditions de travail, mais aussi l’accès pour les élèves à l’enseignement, dans le premier comme dans le second degré. Et en décembre, ce sont notamment les mobilisations lycéennes qui ont secoué la ville et ont été violemment réprimées par la police et par des menaces émanant du rectorat.

Face aux attaques qui pleuvent dans la fonction publique, des professeurs, titulaires et vacataires, et plus largement des personnels de l’Éducation ont décidé d’entamer, à partir du 14 mai une grève reconductible, également autour de revendications offensives comme l’augmentation des salaires et la titularisation des contractuels. Les premières assemblées ont réuni entre 150 et 200 personnes. Ce mardi, une centaine de personnes se sont réunies pour discuter des suites, posant la question centrale de l’extension du mouvement et revotant la grève reconductible jusqu’au 6 juin.

Mais si les réformes Blanquer sont majoritairement décriées par le milieu de l’enseignement, les velléités sont restées très clairsemées. A Toulouse, les personnels sont déterminés à rentrer dans un conflit très dur, mais qui reste très isolé. Localement, c’est autour d’un noyau resserré que la grève reconductible se poursuit, ce qui libère néanmoins du temps pour discuter avec les collègues et tenter d’entraîner plus largement dans cette bataille, avec par exemple, de nombreuses tournées d’établissements, ou des votations parmi les collègues.

Isolement du mouvement et mutisme des directions syndicales

Mais ce qui pèse d’autant plus sur le mouvement c’est qu’il n’y a pas de dynamique à l’échelle nationale. Quelques assemblées de grévistes dans la région, notamment à Montpellier ou dans le Gard, et dans quelques autres départements s’étaient aussi constitué mais sans réussir à entraîner plus largement. Les épisodes de répression contre les grévistes ont profondément choqué la plupart des collègues, nationalement. Un des grévistes soulignait qu’on tente de faire taire le personnel de l’Educ Nat par tous les moyens : par les lois Blanquer et le devoir de réserve autant que par la répression qui s’abat sur les grévistes qui n’acceptent pas ces lois austéritaires et autoritaristes.

De leurs côtés, les directions syndicales jouent la carte de l’isolement, en se gardant bien d’appeler à un plan de bataille sérieux, au moment où la réforme de la fonction publique vient qui plus est de passer devant l’Assemblée. En Haute-Garonne, l’intersyndicale (composée de la FSU, FO, CGT et Sud) a décidé de rejoindre le mouvement. Mais à l’échelle des directions nationales, c’est resté lettre morte, pas même un positionnement sur les violences policières qu’ont subies les manifestants. Ce n’est que ce mercredi 29 que le Snes-FSU (Syndicat National de l’Enseignement Secondaire), le SNALC (Syndicat National des Lycées et Collège) et la CGT ont commencé à poser l’idée d’une grève de surveillance du baccalauréat pour le 17 juin prochain. Une terrible absence de réaction quand on connaît l’ampleur de l’attaque, qui maintient dans l’isolement les éléments les plus combatifs et qui attend l’épuisement des mouvements locaux, qui eux portent des revendications nationales, et tentent de prendre eux-mêmes en charge leur mouvement.

Une expérience forte d’auto-organisation et des tentatives de convergence

Pour autant, les grévistes de Toulouse sont bien déterminés à ne pas attendre passivement que les contre-réformes soient votées. En effet, malgré l’isolement, ce sont des Assemblées générales, incluant syndiqués et non-syndiqués qui sont désormais régulièrement appelées, pour que les décisions concernant la suite du mouvement soient prises par les grévistes eux-mêmes. Une démocratie à la base qui se structure autour de différentes commissions pour organiser les actions et tenter d’étendre le mouvement.

Dès le départ, ce sont des ponts avec les autres secteurs en lutte qui ont été tissés, aussi bien du côté des postiers de Castanet-Tolosan, eux aussi en grève, que du côté de la santé ou des Gilets jaunes le samedi. Ce mardi, à 14h, des dizaines de grévistes se sont ainsi rendus au CHU de Purpan où les hospitaliers avaient donné rendez-vous pour poursuivre ensemble une action.

En ligne de mire, c’est aujourd’hui la date du 6 qui se construit. Si la grève reconductible reste minoritaire, les journées de grève ponctuels ont à chaque fois marqué des temps forts de la mobilisation permettant de faire des démonstrations importantes. Et ce, d’autant plus que la répression qui a frappé les opposants au plan Blanquer ne peut pas rester sans réponse de la part de ce secteur et de l’ensemble du mouvement ouvrier.

Une caisse de grève a été lancée, pour savoir comment contribuer ou soutenir le mouvement, il est possible de contacter les grévistes sur leur page Facebook Bloquons Blanquer Toulouse.

Des soirées de soutien à la grève auront aussi lieu au bar O’Bohem ce vendredi 7 juin, ainsi qu’à La Chappelle le 15 juin.




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