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Politique

2021 dans la rue

A Tours, une centaine de manifestants accueillent Macron pour dénoncer sa politique anti-sociale

Emmanuel Macron, s’est rendu à Tours mardi après-midi, pour promouvoir la réforme du versement des pensions alimentaires. Accueilli par une centaine de manifestants, le président a commencé la nouvelle année, sous les meilleurs auspices, ceux de la contestation sociale.

mercredi 6 janvier

Tours (Indre-et-Loire), le 5 janvier 2021. Des personnes travaillant dans le secteur médico-social ont notamment manifesté à quelques heures de la venue du président. AFP/LOÏC VENANCE

Ce mardi après-midi, Emmanuel Macron s’est rendu à Tours pour mettre en avant la réforme du versement des pensions alimentaires. Pour la nouvelle année, le président de la République, a sorti de son jeu, une fois n’est pas coutume, une carte sociale. Après avoir écouté pendant une heure et demie plusieurs mères célibataires témoigner, le chef de l’État a revendiqué les bénéfices de cette réforme « sociale » qui permet aux CAF -sous réserve que le montant soit fixé- de servir d’intermédiaire et de prélever le montant directement sur le compte du conjoint concerné, avant de le reverser.

Un déplacement, pendant lequel le président de la République se sera attribué une sensibilité « sociale » jusqu’alors insoupçonnée. Expliquant avoir souhaité entreprendre cette réforme des pensions alimentaires après avoir découvert lors du mouvement des gilets jaunes :« qu’il y avait beaucoup de mamans solo sur les ronds-points, qui ne pouvaient pas vivre quoique travaillant car elles n’arrivaient pas à toucher les pensions alimentaires impayées », le chef de l’Etat a ensuite revendiqué la « cohérence » de son action sociale et récapitulé ce qui avait été entrepris sous sa mandature, comme la hausse de la prime d’activité, la baisse de l’impôt sur le revenu et de la taxe d’habitation.

Si pour début 2021, Emmanuel Macron semble avoir pris la résolution de faire davantage d’efforts pour apparaître « social », le président des riches n’est jamais bien loin, quand on se rappelle que les impôts ont principalement été abaissés sur le grand capital, que la suppression de la taxe d’habitation est une supercherie, et que la hausse du SMIC de 0,99% cette année est une insulte au vu des milliards de cadeaux faits au patronat. Pas grand monde ne sera dupe donc, et surtout pas les manifestants venus lui réserver un comité d’accueil.

La parenthèse sociale qu’Emmanuel Macron souhaitait mettre en scène, alors que son gouvernement est à l’aune d’un nouveau scandale d’état au regard de sa gestion de la campagne de la vaccination, s’est donc confrontée à la présence d’une centaine de manifestants, de gilets jaunes, de salariés du secteur médico-social. Ceux-là même à qui la « cohérence » macronienne est insupportable, alors qu’en 2020 nous avons dépassé les 10 millions de pauvres et que les hôpitaux sont toujours dans un état catastrophique. Un état d’esprit parfaitement résumé par l’un des manifestants interviewé par RT France : « Les annonces de Macron sur les politiques plus sociales on n’y croit pas et on n’y croira jamais. C’est important juste pour marquer le symbole. On sait bien que la ville sera cadenassée, qu’on pourra rien faire. On sait bien aussi vu le contexte qu’on sera pas des milliers mais on ne peut pas laisser passer Macron sans lui dire que ses politiques anti-sociales on n’en veut pas ».

Pour Macron donc l’année 2021 aura commencé comme la précédente s’était terminée, sous escorte policière. Espérons que ce premier rassemblement n’est que le premier d’une longue série pour qu’en 2021 l’on puisse enfin imposer à Macron et aux capitalistes une vraie politique « sociale » : le socialisme.




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