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International

Offensive contre les forces kurdes

À bas l’intervention d’Erdogan en Syrie et en Irak !

Ce week-end, l’armée turque a commencé à bombarder le nord de la Syrie et de l’Irak. Cette attaque militaire réactionnaire fait suite aux menaces proférées par le gouvernement contre les forces kurdes après l’attentat de la rue d’Istiklal à Istanbul. Il faut la dénoncer !

dimanche 20 novembre

Crédits photo : YASIN AKGUL / AFP

Cette nuit, l’armée turque a commencé à bombarder une partie du Rojava, situé dans le nord de la Syrie, ainsi qu’une partie du Basur, dans le nord de l’Irak, deux régions sous le contrôle des Forces Démocratiques Syriennes (FDS). Plus de vingt frappes auraient été menées, notamment contre la ville de Kobanê, près de la frontière turque, faisant au moins six morts parmi les FDS et six morts parmi les soldats pro-régime selon l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH).

Farhad Shami, un des porte-paroles des FDS, a affirmé que les frappes visaient des centres gouvernementaux et le commandant en chef des FDS, Mazloum Abdi, a qualifié les bombardements d’ « agressifs et barbares », expliquant que « le bombardement turc de nos zones [menaçait] la région entière. »

Ces bombardements font suite à l’explosion de la rue Istiklal à Istanbul cette semaine qui a fait six morts et 81 blessés. Suite à l’attentat, le ministre de l’Interieur Süleyman Soylu avait déjà menacé les forces kurdes, accusées d’être responsables de l’attentat, d’une prochaine intervention militaire : « Nous savons quel message ceux qui ont mené cette action veulent nous faire passer. Nous avons reçu ce message. Ne vous inquiétez pas, nous leur rendrons la monnaie de leur pièce, et lourdement. »

Ce dimanche, le ministre de La Défense turc a donc annoncé le début de l’offensive sur Twitter : « L’heure des comptes a sonné ! Les traîtres devront rendre des comptes pour leurs attaques perfides. » Cette intervention militaire, désirée depuis le printemps dernier par le gouvernement d’Erdogan, a pour objectif officiel d’établir une zone de sécurité de 30 kilomètres de largeur le long de sa frontière.

Ces attaques meurtrières ont été menées alors même que le PKK et les forces kurdes rejetaient les accusations de responsabilité dans l’attentat, expliquant même condamner les formes d’action militaire contre les civils. En réalité, cette attaque, la première depuis 2019, s’inscrit dans une longue histoire d’oppression du peuple kurde par la Turquie.

Dans ce contexte, il est impératif de dénoncer les bombardements turcs mais également les puissances impérialistes qui financent le régime turc et n’ont rien fait pour empêcher une intervention militaire de sa part. Si les États-Unis étaient réticents depuis plusieurs mois à valider l’offensive de l’armée turque en raison de l’alliance formée avec les forces kurdes pour combattre l’État islamique, la réalité est qu’une telle intervention a été rendue possible par le rôle croissant de la Turquie sur la scène géopolitique mondiale, en particulier depuis le début de la guerre en Ukraine. Les États-Unis et les autres puissances impérialistes n’ont pas intérêt à se mettre à dos la Turquie, qui a joué un rôle essentiel dans le déblocage du blé ukrainien et joué un rôle de blocage face aux demandes d’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’OTAN. Dans ce contexte, le peuple kurde ne peut compter que sur lui-même pour obtenir son émancipation.



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