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Jeunesse

Communiqué des étudiants

A l’école du Louvre, "nous ne serons pas la jeunesse qui paye la crise ni au prix de nos années d’étude ni au prix de nos vies !"

A l'école du Louvre les étudiants s'organisent et dénoncent les conditions de continuité pédagogique et le maintien des examens dans ce contexte pandémique qui va toucher de plein fouet le monde de la culture. Ainsi se placent-ils aux côtés des travailleurs, et notamment ceux du musée du Louvre, les premiers à avoir exercé leur droit de retrait face au Covid-19 !

jeudi 16 avril

Crédit photo : première ag du syndicat des étudiants de l’école du Louvre (page facebook du S.E.L.)

Nous relayons ici le communiqué du syndicat des étudiants de l’école du Louvre :

FACE A LA PANDÉMIE MONDIALE, NOUS REFUSONS LE CONTRÔLE PEDAGOGIQUE !!!

La crise du Coronavirus qui frappe le monde depuis décembre dernier est une crise sanitaire mondiale aux conséquences économiques et sociales sans précédent pour notre génération. La jeunesse se voit depuis les premières annonces du confinement, la première touchée par les conséquences de ce virus : étudiant·e·s aux jobs précaires licencié·e·s qui ne peuvent plus payer leurs loyers, étudiant·e·s boursier·ère·s auxquel·le·s le CROUS a “conseillé” de partir et ceux·elles qui ne peuvent pas restent confiné·e·s dans leur 9 m². Des jeunes qui, alors que nous atteignons le pic épidémique, pourront être directement, eux·elles ou leurs proches, touché·e·s par le virus qui a tué presque 100 000 personnes dans le monde dont 12 000 en France, l’un des plus gros foyers de contagion et de mortalité en Europe.
Dans une telle situation, les inégalités face aux examens de fin d’année se creusent toujours plus sachant que seuls 18% des étudiants déclarent avoir des conditions d’études en confinement correctes (un accès à internet, un ordinateur, un espace relativement calme, etc). Ajoutons que les épreuves du BAC et du Brevet, qui fonctionnent en contrôle terminal, à l’image de la majeure partie des examens de l’École du Louvre, ont été annulées. La décision prise par l’École du Louvre de réaliser des examens dématérialisés ne fait que renforcer ces inégalités : les conditions de confinement des étudiant·e·s ne sont pas les mêmes, certain·e·s n’ont qu’une 4G limitée sur leur portable, d’autres pas de connexion du tout … Un autre facteur très important, mais peu entendu par l’École reste l’état psychologique des élèves : la majorité n’arrive pas à travailler ni à réviser. Cela n’a rien d’étonnant dans une situation pareille, les choses ont perdu leur sens, l’année scolaire à été brutalement interrompue. Non seulement, présentement, la situation des étudiants ne permet en aucun cas de passer des examens qui seraient un temps soit peu égalitaire. Mais plus que ça, l’expérience passée de gestion de crise désastreuse par l’administration de l’école avec l’inaccessibilité aux locaux pour les étudiants résident en banlieue lors de la grève de décembre jusqu’au mois de février, rend d’autant plus prégnantes les inégalités face aux examens que l’on veut maintenir à tout prix !
De ce fait, pour être tout à fait conséquent avec la crise sanitaire ainsi qu’à la lumière de l’année scolaire que l’on vient de traverser, nous exigeons :

- L’annulation de toute forme d’examen de fin d’année. Des notes paliers, améliorables avec
des devoirs maisons, qui ne pénalisent pas les élèves (16 en M2 pour passer, si l’élève le souhaite endoctorat, 14 en L3 pour passer en master, et 12 pour le premier cycle et le master 1).

- Suppression de ce fait de toute les formes de sélection entre les cycles, mais aussi lasuppression des critères de sélection en L1 et la rorientation des fonds de l’école par acceuillir les élèves en conséquence.

- Pour les Master 1, le rendu de mémoire non obligatoire et sans dates butoirs. Comment poursuivre ses recherche sans bibliothèque ni musée ni archives ?

- Suppression de toute note pénalisante ou absence de note en contrôle continu et annulation du système d’appel. L’École ayant été inaccessible durant la première moitié de l’année pour tous les élèves habitant en banlieues du fait de la grève historique des transports.

- Touché·e·s de plein fouet par la crise, nous soutenons pleinement l’ensemble des travailleur·euse·s du musée du Louvre et les soutenons dans la revendication du paiement minimum à hauteur du SMIC pour tous les travailleur·euse·s, vacataires, précaires, intérimaires, etc, durant toute la durée de la crise !

« Nous sommes en guerre » n’a cessé de marteler le Chef de l’État alors qu’il a fait partie des deux gouvernements qui en six ans ont supprimé près de 20 000 lits d’hôpitaux. « L’état d’urgence sanitaire » va faire voler en éclat le Code du travail, le ministre de l’économie Bruno Lemaire a dit qu’il « faudra faire des efforts ». Nous le savons tous·tes, c’est le milieu de la Culture, entre autres, déjà chancelant qui devra encore faire le plus d’efforts. Nous ne serons pas la jeunesse qui paye la crise ni au prix de nos années d’étude ni au prix de nos vies.
En tant qu’élèves de l’École du Louvre nous soutenons les travailleur·euse·s, notamment des musées, qui ont dénoncé ou dénoncent toujours les conditions sanitaires précaires dans lesquelles il·elle·s travaillent alors que le gouvernement ne stoppe pas les activités non-essentielles tout en demandant à la population de rester chez elle !

Le syndicat des étudiants de l’Ecole du Louvre




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