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Edito

A la veille de la grève d’EDF, la sous-traitance du nucléaire en grève ce 18 septembre

Ce 18 septembre, Sud Energie, la CGT, FO et la CFDT appellent les salariés de la sous-traitance du nucléaire à la grève. Contre la « sécurité low-cost » et pour l'obtention d'une convention collective spécifique.

mercredi 18 septembre

Crédits photo : R.Quadrini/KR Images Presse

A l’instar d’autres grands secteurs industriels, comme l’aéronautique ou l’automobile, l’immense majorité de la main-d’œuvre du nucléaire est employée dans la sous-traitance. Ainsi, sur les 220 000 salariés de la filière, ce sont 160 000 d’entre eux qui sont répartis dans plus de 2500 entreprises sous-traitantes. Et comme le met en évidence le rapport parlementaire Pompili en 2018, « l’une des principales dérives liées à la sous-traitance est la pression sur les coûts, la recherche de rentabilité économique, qui entraîne une moindre attention portée au critère de sûreté et une dégradation des conditions de travail pouvant également l’affecter ».

C’est ici que nous touchons à l’une des raisons de la colère, qui se manifeste ce 18 septembre par un mouvement de grève. « Aujourd’hui, nous sommes sur le fil du rasoir avec des installations vétustes, de gros travaux en cours, de gros carénages, des activités de démantèlement de plus en plus nombreuses. Si en plus on y met des hommes et des femmes que l’on méprise, vous comprenez bien que cela devient explosif » explique ainsi Gilles Reynaud, syndiqué à Sud Énergie et animateur du site internet Ma zone contrôlée. Ce recours à la sous-traitance massive a déjà eu de graves conséquences. Ainsi, selon des informations founies par Bastamag, un drame a été évité par miracle sur un chantier en plein cœur de la centrale de Paluel en Normandie, avec la chute d’un générateur à vapeur de 465 tonnes en mars 2016. En plus des entités EDF mobilisés, 70 entreprises sous-traitantes étaient présentes sur le chantier, rendant l’échange d’informations difficiles et exacerbant les cadences, au mépris de la sécurité.

Contre la « sécurité low-cost », le dumping social et pour une convention collective spécifique

C’est pourquoi le syndicat Sud Energie appelle, depuis la mi-juillet, à un mouvement de grève ce 18 septembre, à la veille de la mobilisation chez EDF contre le projet Hercule. Un appel que la CGT, FO et la CFDT ont rejoint. Ce sont donc les conditions de travail et de sécurité qui sont au centre des revendications avancées, contre la « sécurité low-cost », le dumping social et pour une convention collective spécifique.

L’appel à la grève dans la sous-traitance, entreprises dans lesquelles les travailleurs subissent de plein fouet la pression exercée par les donneurs d’ordre et par leur hiérarchie directe – ce qui, soit dit en passant, n’est pas spécifique au secteur du nucléaire... - est en soi révélateur de la gravité de la situation et de l’ampleur de la colère. A ce titre, l’un des premiers combats, c’est bel et bien d’œuvrer à la convergence entre les travailleurs de la sous-traitance et des entreprises donneuses d’ordres, en particulier chez EDF, en grève le lendemain.

La journée de grève chez les sous-traitants du nucléaire s’inscrit comme une date au milieu des multiples appels à la mobilisation sectorielle qui parsèment le mois de septembre. Une division qui divise les forces ouvrières, dans le cadre de l’affrontement contre la politique néo-libérale du gouvernement, qui pousse au développement de la sous-traitance, et contre le patronat. Sans compter que l’attaque contre les retraites impacte directement ce secteur de travailleurs. A ce titre, face à la stratégie de morcellement des directions syndicales, il est vital que les modalités de grève restent entre les mains des travailleurs, par le biais d’assemblées générales, pour la convergence avec d’autres secteurs en lutte, comme par exemple les hospitaliers, les enseignants ou bien encore, avec les travailleurs de la RATP.

Enfin, il apparaît comme évident que la question de la sécurité dans le secteur du nucléaire, peut être plus qu’ailleurs, ne se limite pas au secteur géographique des chantiers. Alors que le recourt à la sous-traitance entraine vétusté des équipements et dégradations des conditions de sécurité, et que ces entreprises réalisent 80% des activités de maintenance, il y a de quoi être légitimement inquiet. C’est pourquoi le combat des travailleurs de la sous-traitance du nucléaire est un combat partagé par l’ensemble de la population, et qu’il est indispensable d’y apporter un soutien sans faille. Une raison supplémentaire, s’il y en avait encore besoin, de la nécessité d’une convergence des luttes pour imposer un rapport de force pour conquérir l’ensemble des revendications des grévistes du secteur nucléaire et de l’ensemble du mouvement ouvrier.




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