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Politique

Tous ensemble !

A partir du 17 décembre, le 18, et le 19,… Construire la grève générale jusqu’au retrait !

S’il est une nouvelle qui n’a échappé à personne, c’est la démission de Delevoye. Et s’il est clair que la pression de la mobilisation a joué un rôle clé pour imposer son départ, cette démission exprime aussi quelque chose de plus général dans la situation. Si, à la veille du 17 décembre, le principal architecte de la réforme du travail est obligé de démissionner, c’est qu’il existe une importante brèche dans laquelle le monde du travail et la jeunesse peut s’engouffrer : à partir du 17 décembre, le 18, le 19…, jusqu’au retrait total de la réforme, jusqu’à la victoire. Pour vaincre Macron, construire la grève générale.

lundi 16 décembre 2019

Crédit photo : © Thomas SAMSON / AFP

Rejet massif des annonces d’Edouard Philippe et débâcle monumentale pour Delevoye : le gouvernement dos au mur ?

Cela ne sera pas passé inaperçu. Après plusieurs déclarations successives de Delevoye concernant des mandats cachés, l’homme de confiance de Macron et architecte de la réforme des retraites a fini par démissionner de son poste de Haut-commissaire aux retraites.

Quelques jours en amont, c’était le Premier ministre qui s’exprimait sur la réforme. Bien qu’ayant fait le choix d’un discours plus fourni et lyrique que son collègue Delevoye dont l’allocution avait fait "pshiit", Edouard Philippe a convaincu une large frange de la population de sortir dans la rue le 17, allant jusqu’à fâcher la CFDT qui portait pourtant cette réforme aux cotés du gouvernement depuis 2 ans.

Cette débâcle gouvernementale est un gros coup dur porté à l’exécutif, dans une situation d’explosivité sociale. Si la semaine dernière le mouvement rentrait dans le dur de la grève, cette semaine c’est véritablement l’urgence d’une généralisation qui est posée, après 12 jours de grève reconductible. Travailler jusqu’à 64 ans pour toucher une retraite d’à peine 1 000 euros après s’être cassé le dos toute sa carrière, un projet de vie qui n’enchante personne, sauf ceux qui cumulent les retraites et les salaires à cinq chiffres.

De la mobilisation historique à la mobilisation victorieuse : s’appuyer sur le 17 pour aller chercher la victoire

A différence du 5 décembre, ce mardi, la CFDT et la CFTC appellent pour la première fois à faire grève et manifester. Ainsi, c’est un front uni des syndicats qui se dressent contre la réforme des retraites (du moins une partie de la réforme à savoir l’age pivot à 64 ans pour les centrales dites réformistes). Si ce front uni est quelque peu précaire, en témoigne les dernières déclarations de Berger sur la « Trêve de Noel », cela reste une occasion pour le mouvement de s’adresser plus largement qu’auparavant, et d’emporter avec lui des secteurs généralement moins mobilisés, et surtout des syndicats qui peuvent rentrer dans la danse de la mobilisation, voir l’imposer à ceux, comme Laurent Berger, qui veulent prendre la poudre d’escampette, après ce mardi. C’est à la base de décider. Et la base refuse la réforme en bloc ! Elle refuse aussi toute négociation !

Avec la manifestation prévue de longue date par les hospitaliers le 17 décembre, la première grève des éboueurs, la radicalisation des raffineurs, les sursauts ici et là des mobilisations de Gilets jaunes au travers des blocages, des secteurs comme les routiers qui se mobilisent pour des augmentations de salaires, le cocktail explosif capable de nous faire gagner et dont les grévistes parlent depuis plusieurs semaines est en train de se constituer.

Dès le 5 décembre, cette mobilisation s’est dotée d’un caractère historique. Un an après les gilets jaunes, une telle radicalité du mouvement ouvrier, des secteurs stratégiques qui renouent avec la méthode de la grève active, une base qui fait pression sur les directions syndicales pour que celles-ci appellent à la reconductible, autant de symptômes d’une situation inédite qui confirme le développement d’une nouvelle étape dans la lutte des classes.

Mais au-delà du 17 décembre, ce sont le 18, le 19, le 20 que nous devons construire, pour aller dans le sens d’une grève générale à même de faire plier, une bonne fois pour toute, le gouvernement. Contre tout facilisme, il est crucial de s’appuyer sur les acquis de la mobilisation et les fragilités croissantes de l’exécutif pour étendre le plus possible le mouvement. Si le gouvernement retient son souffle à la veille du 17, tout est encore à jouer.

Gilet-jaunisation du mouvement ouvrier : contre toutes négociation, il est temps de l’exprimer dans la rue !!!

Alors que les ministres et membres de la majorité, soutenus par Le Pen, se pressent dans les médias pour cracher sur les grévistes et diviser la population sur la question de la perturbation des fêtes de Noël, il est important pour le mouvement de se concentrer sur les journées de mobilisation et d’action de cette semaine, plutôt que de tomber dans le piège des fêtes de fin d’année.

S’il s’agissait de poser un véritable ultimatum à Macron, il faudrait que les directions syndicales appellent réellement à la grève générale sur l’ensemble du territoire. Repousser la radicalisation du mouvement à la semaine prochaine, à quelques encablures de Noël, comme tendent à le faire 4 fédérations de la CGT, ne suffira pas à passer à l’étape supérieure. C’est maintenant qu’il faut faire passer un cap à la mobilisation en appelant à la grève générale. S’il est bon de poser un ultimatum au gouvernement, il s’agit de le poser dès maintenant. Macron, en jouant son quinquennat, n’a absolument pas intérêt à fléchir, et peu importe ce que veut nous faire croire son acolyte Edouard Philippe, c’est bien le rapport de force qui tranchera. Pourquoi attendre sept jours pour généraliser la grève, quand l’ensemble du monde du travail à intérêt à se mobiliser massivement, dès demain, en s’appuyant sur les brèches par en haut qui se sont ouvertes avec la démission de Delevoye ? Rien ne sert d’attendre, il faut partir, partir dès maintenant.

Et s’il est clair que les secteurs qui se mobilisent aujourd’hui, c’est aussi en lien avec la contagion qu’a opéré le mouvement des Gilets jaunes, comme l’exprime la radicalité impressionnante des enseignants, hospitaliers, ou machinistes de la RATP pour qui le mouvement constitue un retour fracassant dans la lutte des classes. Il s’agit désormais d’exprimer cette combativité dans la rue. Avec les piquets de grève, les manifestations sont l’expression du rapport de force qui se joue entre le gouvernement et le monde du travail. Déborder le cadre des manifestations passives, traditionnelles du mouvement syndical, est un impératif pour tirer le mouvement sur le terrain de la grève générale. L’auto-organisation doit se refléter dans les cortèges de grévistes, de jeunes, de femmes, et l’ensemble du mouvement doit exiger davantage qu’un simple Nation-République pour exprimer ses revendications, qui dépassent largement le cadre des mobilisations corporatistes.

En bloquant le pays et en sortant massivement dans les rues demain pour exiger le retrait immédiat de la réforme des retraites, le mouvement se dote de perspectives brûlantes qu’il est en pleine capacité d’atteindre, par la généralisation de la grève dans les prochains jours, jusqu’à la grève générale. La victoire est à portée de main, et pourrait constituer, pour une nouvelle génération assoiffée de changement, la démonstration que le capitalisme est non seulement pourrissant mais qu’il est possible de le renverser. Le plus beau cadeau de Noël.