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A peine la Loi Sécurité Globale passée, Hidalgo instaure une police municipale à Paris

S'engouffrant dans l'offensive du gouvernement, Hidalgo met en place une police municipale. Si le PCF a voté contre, c'est avant tout parce qu'ils préféreraient renforcer... la police nationale.

jeudi 3 juin

Crédit photo:AFP

Il y a deux jours le conseil municipal de Paris a voté la création d’une police municipale. Anne Hidalgo qui est à la tête de la capitale depuis 2014, avait ce projet en tête depuis longtemps et en avait même fait une promesse électorale. Alors que jusque dans les années 1980, l’autorité municipale résidait entre les mains de la préfecture, rien dans la loi ne permettait le rétablissement de ce corps répressif ; Et ce jusqu’au vote il y a quelques semaines de la très réactionnaire et sécuritaire Loi Sécurité Globale. Cette dernière comporte en effet un amendement ajouté par les sénateurs pour autoriser la création d’une police parisienne. De plus, grâce à la LSG l’ensemble des polices municipales voit ses prérogatives augmenter et la liste des possibilités d’amende et d’interventions s’allonger.

La création d’une police municipale s’inscrit donc dans une parfaite continuité avec l’offensive sécuritaire menée par le gouvernement depuis bientôt un an, permettant de renforcer les pouvoirs de la police, ouvrant la porte à une augmentation du harcèlement policier puisque comme l’explique Le Monde, dès le mois de septembre « Les premiers policiers municipaux parisiens, équipés d’un gilet pare-balles, d’une gazeuse, d’une matraque, de menottes et d’une caméra » vont faire leur apparition dans les rues de la capitale. Cette décision s’est évidemment faite avec le soutien de la droite, des Républicains et des Centristes.

Europe Ecologie les Verrt, mais aussi le PCF, s’est « opposé » à cette police municipale. Y aurait-il une opposition au renforcement de la présence policière ? Loin s’en faut, s’ils ont voté contre c’est parce qu’aux yeux des élus PCF « A chaque création d’une police municipale, l’État se désengage de ses fonctions régaliennes, les effectifs de police nationale diminuent ». Un moyen de réaffirmer une fois de plus le soutien du PCF à la Police Nationale, la même qui ne cesse, dans les quartiers populaires, d’harceler la population parfois jusqu’à tuer les jeunes personnes qu’ils interpellent.

Si ces positions du PCF sont loin d’êtres nouvelles, elles font écho au lancement de la campagne présidentielle de Fabien Roussel qui exigeait pêle-mêle 30 ans de prison minimum pour un crime contre les policiers, la création de 30 000 postes de policiers, quand il n’assurait pas que les policiers et gendarmes étaient des personnes intouchables.

Se dessine ainsi dans le conseil municipal de Paris, la même réalité qu’en dehors de ses murs. Celle où Darmanin, Faure, et Roussel marchent ensemble pour soutenir les policiers. Celle donc où un an après les premières manifestations massives contre les violences policières et le racisme, toute la gauche cherche à surenchérir à l’offensive sécuritaire du gouvernement en promettant toujours plus de répression.




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