Se réapproprier la protection des mains de l’État

A propos d’Une théorie féministe de la violence, de F. Vergès

Adrien Balestrini

A propos d’Une théorie féministe de la violence, de F. Vergès

Adrien Balestrini

Dans son second essai qui vient de sortir chez La fabrique, la féministe décoloniale aborde le débat autour du traitement des violences sexistes et racistes pour défendre ce qu’elle nomme une « politique anti-raciste de la protection ». Si l’État est responsable, en dernière instance, de ces violences, vers qui se tourner pour se protéger ?

Notre société est saturée par la violence. Les images choquantes des lycéen.nes de Mantes-La-Jolie agenouillé.es devant des policiers hilares, les mutilations subies par les Gilets jaunes, les agressions physiques et verbales à l’encontre des femmes voilées, les dizaines de milliers de morts du Covid dans l’indifférence de l’État et encore bien d’autres exemples en dehors de la France démontrent à quel point la violence est partie intégrante de nos vies ainsi que de nos imaginaires.

A ce sujet est consacré le dernier livre de Françoise Vergès, intitulé Une théorie féministe de la violence [1]. L’ouvrage sort au moment où le féminisme d’État s’en prend aux violences sexistes en imposant le recours à la justice et à la police comme unique solution, mais aussi en plein milieu de l’énième offensive islamophobe de la présidence Macron qui ne manque pas de se servir de la violence au nom de la défense de la République. Vergès a le mérite de comprendre la violence d’Etat dans ses racines historiques, et notamment à partir de la longue aventure coloniale française dans les régions du Sud Global.

Elle conçoit la violence de l’Etat comme le corollaire d’un capitalisme patriarcal et racial, prédateur et impérialiste, qui ne peut que violemment défendre ses intérêts et ses profits. L’auteure montre qu’un tel système de domination est à l’origine de la division sociale entre les « corps performants » – blancs, de préférence masculins, en bonne santé, si possible hétérosexuels – et les « corps menaçants » de l’actuelle classe ouvrière, fortement racisée et féminisée. Néanmoins, l’idéal néolibéral de la « performance » n’est possible que grâce au travail invisible des travailleuses et travailleurs qui nettoient, cuisinent, soignent mais aussi construisent et surveillent les espaces publics et privés – pour permettre que le mode de vie des managers et des start-upers soit possible. Cependant les corps destinés à l’exploitation, qui sont souvent des corps racisés, ne peuvent se mouvoir librement ni à travers les frontières, ni dans la ville où le risque de s’exposer à des contrôles et des violences policières est constant.

Ces constats ainsi que la résurgence sur la scène publique de manifestations féministes et anti-racistes auxquelles la jeunesse prend pleinement part imposent aux organisations politiques, syndicales et associatives, mais aussi aux militants anti-racistes, féministes et anti-capitalistes de débattre sur les moyens d’une réappropriation des politiques de la protection qui ne passerait pas par le recours étatique ou judiciaire.

Qui a le droit de vivre et qui a le devoir de mourir ?

Si les débats entre le féminisme bourgeois et le féminisme ouvrier datent des débuts de l’ère industrielle, l’émergence d’un féminisme civilisateur à portée universaliste, clairement situé du côté de l’État, a vu le jour à l’orée des années 1980. Alors que dans les pays occidentaux la seconde vague du féminisme se fait lentement coopter par les gouvernements – on assiste en France à la mise en place du ministère du Droit de la femme, confié à Yvette Roudy, figure de la pacification des idéaux radicaux des féministes des années 1970 – le néolibéralisme s’installe en utilisant le féminisme comme un nouvel outil pour engranger des profits. Les pays impérialistes mettent en place des plans d’ajustement destinés à accompagner ce changement. Au programme, destruction du tissu économique et industriel, dans les semi-colonies ainsi que dans les colonies françaises, ce qui entraîne une hausse du chômage ainsi que le développement du secteur des services et du soin salariant massivement des femmes racisées et/ou immigrés dans des emplois sous-payés et précaires.

Ces années vont aussi être le moment où va apparaître le « spectre » du musulman, homme étranger inquiétant et dangereux, menant à la mise en place d’un discours médiatique autour des thèmes sécuritaires qui sera jusqu’à présent le noyau idéologique de l’islamophobie et du racisme d’État et dont Macron s’est fait l’apôtre avec son projet de Loi contre le séparatisme. Dans la perception dominante islamophobe, comme Vergès l’écrivait déjà dans son avant-dernier livre, Un féminisme décolonial, « les hommes musulmans seraient plus durs, plus impitoyables, plus dominateurs que n’importe quels autres ». Parallèlement, « l’intégration des femmes musulmanes dans les sociétés occidentales dites démocratiques est dès lors mesurée par la capacité à leur faire accepter de s’éloigner de leurs familles et de leurs communautés et de participer à leur stigmatisation ». L’auteure reconstruit ainsi comment les années 1980 ont témoigné de l’émergence du champ lexical de l’insécurité dans les débats politiques pour justifier le renforcement de la surveillance et de la police ayant pour cible, notamment, certaines communautés.

Mais la protection étatique de la société contre son ennemi intérieur n’est que nécropolitique, pour reprendre le terme avec lequel le philosophe Achille Mbembé désigne les formes contemporaines et postcoloniales de soumission de la vie au pouvoir de la mort. Et la nécropolitique s’intensifie dans le cadre des interventions impérialistes des pays du Nord dans le Sud Global pour permettre à la domination capitaliste de mener ses politiques à l’échelon international comme au niveau national. « Pas d’Accor ou de Bolloré sans la Françafrique », écrit Vergès dans Une théorie féministe de la violence [2].

Parmi les armes nécropolitiques dont disposent l’Etat et ses instances, le viol, arme de guerre hétéronormée et viriliste, selon la définition de Vergès, utilisé contre des femmes et des hommes, a valeur paradigmatique, que ce soit dans les banlieues de France – on songera à l’affaire Théo – ou dans les manifestations au Chili l’an dernier, où des jeunes manifestantes contre Piñera ont subi des violences sexuelles.

Dans son Petit manuel de torture à l’usage des femmes soldats, l’artiste africaine-américaine Coco Fusco a étudié l’utilisation des agressions sexuelles faites par des femmes soldats comme véritable tactique d’interrogatoire afin de provoquer chez les hommes un « sentiment d’angoisse ». Cette tactique, validée par le Pentagone, a vu sa mise en application dans des prisons de l’armée étatsunienne comme à Guantánamo, à Cuba, ou à Abu Ghraib, en Irak. Après le 11 septembre 2001, la guerre contre le terrorisme déclarée par Georges W. Bush inaugurait immédiatement l’intervention impérialiste de l’Afghanistan et puis, dès 2003, l’invasion de l’Irak. Dans ce contexte la prison d’Abu Ghraib, située à proximité de Bagdad, transformée en lieu de détention de l’armée étasunienne après la chute du régime de Saddam Hussein, accueillait approximativement 7490 prisonniers. Lieu de viols, de tortures et de sévices perpétrés à l’égard d’hommes, de femmes et d’adolescents, Abu Ghraib incarne sinistrement la stratégie globale de la violence menée par tout Etat impérialiste.

D’où, selon Vergès, la nécessité pour les militant.es anti-impérialistes, féministes et antiracistes de refuser la protection de l’Etat qui ne protège que le système de domination capitaliste sur lequel il s’érige. Par ailleurs, s’interroge l’auteure, « qui a le droit à la protection lorsque le système fait une distinction entre les corps nés pour gouverner et les corps nés pour être des objets des pratiques gouvernementales ? Qui a le droit à la protection quand les corps de femmes, des minorités de genre, des racisées, de la diversité sexuelle sont considérés comme des corps à violer [3] » ?

« Ayez les femmes, le reste suivra » (Frantz Fanon, L’an V de la Révolution algérienne)

Comme le rappelle Vergès dans son précédent ouvrage, « au début des années 1990, la Banque mondiale prône le micro-crédit pour les femmes tandis que, pour les instances internationales, le contrôle des naissance au sud continue à être central [4] ». Ce passage décrit assez bien la logique du féminisme civilisationnel qui cherche notamment à faire des hommes musulmans pour responsables du patriarcat et les femmes musulmanes comme leurs victimes, qu’il faut absolument protéger. Cette division s’inscrit dans la droite ligne des discours coloniaux d’un Occident éclairé contre un Orient arriéré, justifiant alors toute opération « civilisatrice » et de « modernisation » marchande.

Dans le cadre du féminisme contemporain la logique civilisationnelle doit être comprise comme l’aspiration permanente du capitalisme à amplifier son marché et sa réserve de force de travail. Les discours néolibéraux sur l’émancipation des femmes du Sud global répondent à cette même nécessité. En effet, une étude de l’OPIC (Overseas Private Investment Corporation), institution nord-américaine fondée par Richard Nixon en 1971 et spécialisée dans les conseils d’investissement à l’étranger, pointe l’opportunité que représentent « les femmes des pays émergents » pour accumuler des profits. On comprend alors aisément l’engagement pris par Macron lors du G7 de l’été 2019 à développer l’entrepreneuriat féminin en facilitant l’accès des femmes africaines au crédit et au foncier.

Alors que le capitalisme patriarcal et racial cherche à étendre son champ d’action destiné à précariser de larges couches de population à l’échelle internationale, l’emprise impérialiste, passée et présente, sur les pays du Sud demeure un impensé de la part des organisations de la gauche politique et syndicale. Dans le paysage français, la question de la race est effacée au profit d’un universalisme abstrait, « les réalités de l’esclavage sont minorées, renvoyés à un simple rituel mémoriel, et la colonisation envisagée sous le prisme exclusif des représentations – alors qu’esclavage et colonisation sont les matrices de la modernité » nous rappelle Françoise Vergès [5]. De la période esclavagiste jusqu’à aujourd’hui, l’histoire du capitalisme a été marquée par le sang des esclaves et des colonisé.es en lutte pour leur liberté ainsi que par la répression sanglante à laquelle ils et elles ont dû faire face.

Ainsi, dans le but d’annihiler ce courage, cette solidarité et toute possibilité de lutte, l’Etat se sert « [d]es interdits raciaux de faire communauté ». Ces derniers s’ancrent dans les pratiques des violences coloniales cherchant à légiférer sur les capacités reproductrices des femmes racisées. En effet, ce qui fait famille ou communauté sous le capitalisme est soumis à des régimes de pensée qui diffèrent selon la race et/ou la classe sociale en question. Notamment, en reprenant le terme « unchilding » (désenfanter) de la criminologue Nadera Shalhoub-Kevorkian, Vergès explique que le droit à l’enfance n’est pas un droit universel et que les enfants d’immigrés, qu’ils viennent « d’Outre-mer » ou des pays du Sud, se voient refuser ce droit à l’enfance en étant confrontés aux déportations, aux violences policières et à l’exploitation dès leur plus jeune âge. L’enfermement des adolescent.e.s dans des camps de détention aux USA, les examens de moelle osseuse pour déterminer l’âge des jeunes migrants ou encore la répression qu’ont subie les lycéen.ne.s des quartiers, en Ile-de-France, notamment, au cours des derniers mouvements, sont des exemples plus que parlants.

« Les prisons ne nous sauveront ni du patriarcat ni des violences »

Dix jours après la Journée de lutte contre les violences faites aux femmes et des mesures mises en place par Marlène Schiappa renforçant le champ d’action de la police (à coup de partenariat avec la grande surface Carrefour) sur le terrain de la lutte contre les violences conjugales, la question se pose à nouveau : comment lutter contre les violences patriarcales sans avoir recours à l’État lorsque, comme le dit Elsa Dorlin dans Se défendre, ce dernier « arme ceux qui nous frappent » ? Si, comme nous l’avons souligné plus haut, l’État naturalise et individualise les violences sexuelles, il y répond en persécutant arbitrairement des hommes dans l’espoir de satisfaire le public et ainsi d’éviter de devoir rendre des comptes. Comme le dénoncent les militantes féministes, le système montre que la protection étatique répond à des logiques qui lui sont propres. Le fait que Darmanin, accusé de violences sexuelles contre des femmes, soit choisi pour occuper un ministère régalien met à mal l’idée d’une justice au service de la lutte féministe.

« Mais si toutes les punitions, la peine de mort, les lynchages, les peines de prisons de plus en plus longues, l’impossible réinsertion ne garantissent pas la disparition des violences contre les femmes, si, contraintes un moment, elles resurgissent avec force et cruauté, quelles sont les mesures qui feront changer la peur de camp », s’interroge Vergès [6] ?. Ces questions que posent l’autrice poussent plus loin les réflexions des politiques de protection dans le féminisme, en particulier en débat face à l’un de ses courants mainstream, le féminisme carcéral et punitif. Ce dernier se définit comme « l’idéologie qui, s’appuyant sur les notions de dangerosité et de sécurité, milite pour que les tribunaux jugent plus sévèrement et décident de plus longues peines de prison, ou pour un accroissement des mesures de surveillance et de contrôle ».

A l’inverse de cette idéologie, Vergès prône un féminisme de libération anti-carcéral. Pour cela, elle insiste sur l’importance de la reprise des débats sur la prison chez les féministes contemporaines. Reprise, car ces débats ont déjà existé à l’intérieur de courants, notamment au sein du Mouvement de Libération des Femmes (MLF). On y luttait ainsi aux côtés des détenus politiques et de ceux de droit commun considérés, eux aussi, comme « le produit d’une société, d’une police et d’un système carcéraire qui les acculent à leur condition de "délinquants" [7] ».

Dans les années 1980, sur fond d’augmentation des inégalités socio-économiques et de reflux, en termes de conflictualité sociale, la figure du délinquant est utilisée pour canaliser le sentiment d’insécurité et d’impuissance. Cette ambiance pousse les féministes radicales du MLF à se prononcer sur la pertinence du recours au système pénal et à radicaliser leur position vis-à-vis de ce dernier. Contre « l’illusion légaliste », ces féministes déclarent que l’institution judiciaire est le « terrain de l’adversaire par excellence ».

L’ouvrage de Vergès reprend l’historique des lois répressives adoptées au nom des droits des femmes avec la mise en avant des « prostituées » comme figure centrale des discours propres aux fémocrates socialistes qui les considèrent comme une « victime totale ». C’est d’ailleurs ce qui justifiera les politiques de régulation de l’espace public comme celle qui interdit le racolage passif ainsi que l’expulsion des travailleuses du sexe étrangères par la loi sarkozyste de 2003, un an avant l’interdiction du voile dans les établissements scolaires. Cette prise en charge par l’État a pour conséquence l’organisation de la « circulation et la présence des racisé.es dans la ville qui racialisent la précarisation ».

Dans ce qui pourrait être considéré comme un « orientalisme 2.0 », en pleine continuité avec l’orientalisme républicain et universaliste français, chaque affaire concernant des violences sexuelles prenant place dans les quartiers populaires devient l’occasion de renforcer l’image de la femme musulmane victime à défendre contre la cité considérée comme une « anti-thèse de la société ». La solution étatique, pour ces femmes, consiste soit à tomber dans l’ostracisation et la précarité, soit à devenir des forces supplétives du féminisme civilisateur [8]. C’est ainsi que certaines en viennent à défendre la précarisation et la répression des populations marginalisées dans les institutions, sur les plateaux télé ou encore dans les journaux de droite. La « une » du Figaro du 16 et 17 octobre 2020, montrant cinq femmes d’origine arabe, utilisées pour défendre la rhétorique sécuritaire du gouvernement, est un exemple parfait de ces procédés.

En reprenant Angela Davis, Françoise Vergès cherche à convaincre qu’une autre solution que la répression est possible : « nous devons penser à ce qui, à long terme, produira la décarcération, moins de personnes derrière les barreaux et, espérons-le, à terme, à l’avenir, la possibilité d’imaginer un paysage sans prison, où d’autres moyens sont utilisés pour résoudre les problèmes de préjudices ou les problèmes sociaux, tels que l ’analphabétisme et la pauvreté, ne conduisent pas un grand nombre de personnes le long d’une trajectoire qui mène à la prison ».

La crise économique et sanitaire que nous sommes en train de traverser impacte particulièrement les populations les plus pauvres travaillant dans les secteurs du soin ou des services, donc en première ligne face à l’épidémie ou subissant les plans de licenciements, les suppressions d’emplois et les fermetures d’usines. Les inégalités mises en exergue par le confinement ont alimentés les colères déjà présentes à un niveau international avec des mobilisations contre les violences policières, les violences sexistes, la spoliation de la terre etc. Le « monde d’après » est celui de la réalisation du rôle central qu’occupent les femmes, les racisé.es et les lgbti dans les emplois des services et du soin qui « reposent sur le la longue histoire du travail de la reproduction sociale et du confort de la société racialisée [9] ».

Ce livre est un outil qui permet de débattre de nos tâches politiques à l’aune de l’histoire impérialiste et coloniale du capitalisme globalisé et revendique la nécessité d’un féminisme décolonial pour lutter contre la violence persistante dans nos sociétés. « Le temps du décolonial reposent sur des constats : un passé esclavagiste, raciste et colonialiste, un présent d’exploitation, de racisme et d’oppression, et un futur qui annonce des formes d’oppression, association techniques de surveillance, de contrôle, de racisme et de domination du passé et du présent et celles imaginées pour le futur [10] ». Pour ce futur, il n’est pas obligatoire de le penser comme une fatalité.

Seulement, arracher à l’État de nouveaux droits et lutter contre l’exploitation et l’oppression organisées par ce dernier ne se fait pas sans un combat acharné pour le mettre à bas et poser les jalons d’une nouvelle société libérée. Face à un capitalisme gore qui n’hésite pas à réprimer dans le sang dès qu’il se sent menacé, un programme de lutte porté par les exploité.es et les opprimé.es reste une obligation afin de s’assurer que nos lendemains ne seront pas mornes et cadencés au rythme de la doctrine du « Métro, boulot, dodo » mais bien ensoleillés et chantants.

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NOTES DE BAS DE PAGE

[1F. Vergès, Une théorie féministe de la violence, Paris, La fabrique, 2020

[2F. Vergès, Une théorie (…), op. cit., p.39

[3Ibid., p.35

[4Françoise Vergès, Un féminisme décolonial, Paris, La fabrique, 2019, p.76

[5Ibid., p.72

[6Ibid., p.83

[7Ibid., p.99

[8Ibid., p.121

[9Ibid., p.138

[10Ibid., p.149
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