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Jeunesse

AG à Paris 8 : "Parler partout, que tout le monde sache que le pays va être en feu !"

Ce mardi, 300 étudiants se sont réunis en assemblée générale à l'université Vincennes-Saint-Denis, pour dire combien "la précarité tue", et la nécessité que les étudiants rentrent dans la bataille pour le 5 décembre ! A la tribune, des travailleurs de la SNCF et de la RATP se sont succédé pour insister : "c’est pour nous tous, mais c’est pour vous surtout, qu’on vous attend tous à partir du 5” pour se battre contre la réforme des retraites.

mercredi 27 novembre

Hier, mardi 26 novembre, 300 personnes se sont rassemblées pour l’Assemblée générale de Paris 8 pour se prononcer sur la précarité étudiante, la réforme des retraites et la vague de grèves reconductibles qui se profilent à l’horizon du 5 décembre.

Suite à la lecture des différents communiqués des UFR, certains étudiants ont fait une mise au point sur la réforme des retraites ainsi que sur la précarité étudiante en rappelant l’immolation de l’étudiant lyonnais devant un CROUS. Suite à cela quelques invités ont pris la parole comme deux agents de la SNCF dont Éric en procédure de licenciement et qui a vu son collègue et meilleur ami se suicider à cause de la souffrance au travail. Il dénonce un gouvernement discriminatoire, et une SNCF qui précarise les « emplois du rail » notamment en embauchant de jeunes étudiants. Il appelle à une unité des étudiants et des travailleurs : "Il faut partager le travail et que tout le monde puisse vivre” ; “on vous attend, c’est pour vous, c’est pour nous tous, mais c’est pour vous surtout, qu’on vous attend tous à partir du 5”.

Par la suite, Adel et Farid, agents RATP, sont intervenus à leur tour pour dire l’importance de la construction d’un “tous ensemble” pour combattre ce qui se profile comme l’une des plus grandes attaques néolibérales : "Nous, à partir du 5 décembre, vous nous excuserez pour les transports en commun, nous partirons dans une grève dure.” Ils sont aussi revenus sur l’acte politique du jeune Lyonnais qui s’est immolé : "On a tous ces gouvernements et ces politiques qui aiment montrer du doigt quand les immolations se passent à l’étranger et quand c’est des régimes un peu moins démocratiques. Mais ici, c’est la démocratie il me semble ? Et là on les entend plus.”

Du personnel de l’université était également présent pour défendre leurs revendications. L’AG a continué avec un débat sur les revendications à porter pour le 5 décembre avec des interventions d’étudiants ainsi que des professeurs.

Le retrait de la réforme des retraites apparaît comme première revendication, car elle concerne tout le monde, s’ajoutent les revendications d’un SMIC pour tous les étudiants, indexé sur l’inflation et financé par les grandes fortunes, d’un droit au logement pour tous et toutes via la réquisition et l’expropriation des logements vides ainsi que par la construction de nouveaux logements, d’un accès à la santé, du retour de l’ISF, du retrait de la loi ORE et des frais d’inscriptions pour les élèves étrangers… Ces revendications ont été votées et toutes ont été approuvées à la majorité et ne pourront être entendues que par une grève générale.

Beaucoup ont souligné que la seule réponse du gouvernement face aux mobilisations et à l’opposition était la violence et la répression. La colère et l’émotion étaient présentes lors des débats qui ont suivi pour trouver des moyens d’actions concrets pour la grève du 5 décembre. Parmi eux l’idée d’une grande mobilisation le 4 décembre à l’aide d’un barrage filtrant et d’un important tractage et affichage, est ressortie. De plus certains ont proposés de se positionner sur des lieux de pouvoirs, symboliques et élitistes comme les ministères, l’Assemblée Nationale ou les grandes écoles. Enfin beaucoup ont souligné qu’il fallait s’unir car la division de notre mouvement profiterait au gouvernement et à Emmanuel Macron. Ils ont également insisté sur le fait que le 5 décembre ne sera qu’un début et que beaucoup ont l’intention de continuer à lutter après cette date.

Pour continuer d’organiser la grève, des comités se sont réunis et différentes AG se dérouleront, le lundi 2 décembre, dans chaque UFR pour s’organiser à l’échelle de toutes les filières ainsi qu’une autre AG regroupant personnel, étudiants et travailleurs, le mercredi 4 décembre.




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