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Politique

Les étudiants dans la bataille le 5

AG à Paris 8 : "demain n’est qu’un début"

Ce mercredi 4 décembre, 300 étudiants de l’université de Vincennes-Saint-Denis se sont réunis en Assemblée Générale pour se doter d’un programme de revendication et d’actions contre la précarité étudiante et la réforme des retraites, à la veille d’une grève générale qui se profile à compter du 5 : “demain n’est qu’un début”.

mercredi 4 décembre 2019

Dans un contexte polarisé par le retour à l’offensive de l’exécutif décidé à faire passer sa réforme coûte que coûte, et par la détermination de la base des travailleurs à se battre sur le terrain de la lutte des classes, avec des appels à la grève reconductible et à l’auto-organisation sur les piquets de grève, les étudiants présents à l’Assemblée Générale ont débattu des raisons et des moyens d’incarner un profil offensif pour vaincre, à leurs cotés, une précarité partie pour durer.

En début d’AG, Alexis et Didier, travailleurs à la RATP, sont intervenus pour redire la combativité des salariés d’un secteur à l’avant-garde, et pour pointer du doigt cette misère dans laquelle beaucoup d’étudiants sont plongés : “quand je vois les étudiants, je ne reconnais pas ma propre jeunesse, [...] on est en train de nous voler quelque chose”. Aussi, ont-ils insisté : “il va falloir construire un rapport de forces, [..] vous pouvez compter sur nous, on compte sur vous aussi”. Les étudiants présents ont répondu avec enthousiasme, à cet appel d’entrer dans la bataille, par des salves d’applaudissements.

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S’en est suivi un vote portant sur des revendications claires et offensives, parmi lesquelles : le retrait de la réforme des retraites et la mise en place d’une retraite à taux plein à 60 ans et 55 ans pour métiers difficiles, financées par l’augmentation des cotisations patronales ; d’un revenu étudiant à hauteur du SMIC indexé sur l’inflation pour tous-tes les étudiant-es sans condition, financé par un impôt sur les grandes fortunes ; ou encore du droit au logement pour tous-tes, la construction de nouveaux logements étudiants et la réquisition/expropriation des logements vides.

Parmi les interventions, étudiants et enseignants ont tenu à questionner le mythe sans fondement de la méritocratie, laquelle justifiait pendant longtemps ce passage presque obligé à la précarité : “C’est quoi le mérite ?”. D’autres, n’ont pas hésité à proclamer haut et fort que si “on est là pour l’intelligence, la grève, ça rend moins con ! [..] On est là pour se mobiliser, pas pour écrire des devoirs”. Si la réforme des retraites tenait une place importante dans les discussions, la mobilisation du 5 a semblé apparaître comme le début d’une bataille qui n’a pas seulement pour ambition le retrait d’un projet de réforme, mais la fin de toute une vie d’exploitation, d’oppressions, et de répression. Dans un contexte d’explosion des luttes partout dans le monde, des étudiants ont appelé à s’inscrire dans cette histoire internationale, et à “suivre cette vague révolutionnaire” : “demain n’est qu’un début”.

Pour ce qui est du programme d’action, les étudiants de l’assemblée générale ont voté pour venir grossir les rangs d’un cortège étudiant pour pouvoir crier tous ensemble haut et fort nos slogans, aux côtés d’un pôle féministe offensif. Le rendez-vous a donc été donné à 12H30 à l’angle de la rue des Vinaigriers et du boulevard Magenta. Concernant jeudi matin, mais aussi au-delà, les étudiants ont pris la résolution de se constituer en une véritable force de soutien pour les travailleurs sur les piquets de grève. Enfin, nous avons voté à l’unanimité Paris 8 en grève illimitée à compter de demain !




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