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Grève du 5 : les travailleurs s'organisent

AG interpro à St-Denis : “ça fait 20 ans qu’on a pas vu ça, c’est déjà historique !”

Une Assemblée générale interprofessionelle a eu lieu ce matin à 9 heures à la Bourse du travail de St-Denis, réunissant 200 grévistes de tous les secteurs.

jeudi 5 décembre 2019

En cette journée de grève du 5 décembre des professeurs du secondaire, personnels hospitalier, cheminots, employés de la mairie, mais aussi des étudiants ont partagé l’état de la mobilisation sur leur lieu de travail ou d’étude. Tous décrivent une véritable ébullition, toute particulière dans le 93 : 43 écoles fermées, 80% d’enseignants grévistes, 90% dans les transports, et des hospitaliers s’inscrivant dans la continuité de leur mouvement durant depuis plusieurs mois déjà. Plusieurs travailleurs ont ainsi souligné cette effervescence : “ça fait 20 ans qu’on a pas vu ça, c’est déjà historique !”

La question des retraites concentre évidemment toutes les attentions, mais les grévistes appellent clairement à se plus généralement à se battre “contre un monde”, incluant la réforme comme une agression de plus, “une agression de trop”.

L’envie de massifier le mouvement, mais surtout d’aller vers une grève reconductible pour tous s’est faite entendre de toute part. Les propositions d’actions ont été nombreuses, avec une ligne apparaissant clairement : la volonté de bloquer l’économie, et de rentrer dans un large mouvement de grève générale. St-Denis, en tant que territoire populaire matraqué par les politiques néolibérales depuis plusieurs décennies, mais aussi lieu singulier de concentration de l’économie où de nombreuses entreprises comptent leur siège social, se veut constituer une avant-garde de la mobilisation.

La désignation de l’adversaire dans son devenir autoritaire a également concentré les attentions. Jymmy, proffeseur au lycée, affirme dans ce sens : “Ils font la guerre aux pauvres ! Ce gouvernement éborgne, il mutile, tue ceux qui n’ont pas le même avis qu’eux. On appelle ça le fascisme !” .

La nécessité de créer une caisse de grève afin de créer des réseaux de solidarités, mais aussi de faire durer le mouvement a été aussi placé au coeur de l’assemblée.

La construction d’un rapport de force a été clairement posée, certains allant jusqu’à appeler à une “gilet-jaunisation” du mouvement. Une enseignante d’un lycée professionnel de St-Denis rappelle ainsi que “ça fait un an que les gilets jaunes sont là, c’est eux qui ont ouvert, qui permettent cette mobilisation et font qu’on soit aussi nombreux. On doit être avec eux !”

La décision de convoquer une nouvelle assemblée générale mardi a été prise, ainsi que d’autres directement sur les lieux de travail, dans la volonté de renforcer les appels à la grève reconductible.




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