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Mépris de la 1e ligne

"Absentéisme" ou manque de moyens ? Une hospitalière répond au mépris du DRH du CHU de Bordeaux

Selon Mathieu Girier, directeur des Ressources Humaines du CHU de Bordeaux, les postes vacants seraient dus à "l'absentéisme" des soigants. Un mépris auquel répond Marie-Laure Charchar, hospitalière et syndicaliste : "Le problème c'est le manque d'embauches, le gel des salaires, le rythme de travail toujours plus difficile".

vendredi 15 octobre

Ludovic Marin / AFP

Dans un tweet, le directeur du pôle des Ressources Humaines du Centre Hospitalier de Bordeaux, Matthieu Girier, explique que le problème des postes vacants à l’hôpital serait dû à « la longueur des vacances [qui] s’allongent, l’absentéisme majore la tension ». Des déclarations scandaleusement méprisantes envers l’ensemble des travailleurs de l’hôpital, qui souffrent toujours plus du manque de personnels et de moyens.

Comme le dénonce Marie-Laure Charchar, travailleuse à la blanchisserie de l’hôpital Haut-Lévèque, syndicaliste CGT et militante à Révolution Permanente : « Le problème pour eux c’est toujours les travailleurs de l’hôpital, jamais le manque d’embauches, le gel des salaires, le rythme de travail toujours plus difficile. C’est ça qui crée les postes vacants, qui font que des collègues sont en burn-out, qu’ils en peuvent plus.  »

Elle ajoute dans son tweet : « Ces mêmes collègues que la direction appelait héros l’année dernière, aujourd’hui elle veut leur faire porter le chapeau de la déroute de notre système de santé. Alors que les seuls responsables c’est eux et le gouvernement. »

Alors qu’en interne, Matthieu Girier n’hésite pas à se vanter du plus gros nombre d’agents au sein du CHU, la réalité en dit autre chose. C’est à l’occasion des Rencontres RH de la Santé 2021 à la Cité Internationale Universitaire que ce directeur fait ces déclarations nauséabondes sur son fil Twitter, dans la droite lignée des prises de position des directions des Centres Hospitaliers, mais surtout du gouvernement. En effet, après les avoir érigés en héros l’année dernière en plein cœur de la pandémie, les hospitaliers et travailleurs du médico-social subissent de plein fouet le mépris du gouvernement, comme on l’a vu avec les miettes du Ségur de la Santé. Mais avec les suspensions de personnels non-vaccinés, dans un contexte où l’épidémie n’est pas encore sous contrôle et les services sont saturés, ces déclarations vont dans le sens de culpabiliser et criminaliser les travailleurs. Alors que le vrai responsable de la crise est le gouvernement, celui-ci entend faire passer la pilule pour mettre son bilan sous le tapis.

Contre la responsabilisation des travailleurs de la santé, exigeons plus que jamais des moyens massifs dans l’hôpital public : les postes vacants sont dûs au manque de personnel, aux coupes budgétaires menées depuis des années par les gouvernements successifs, qui aujourd’hui donnent des conditions de travail particulièrement difficiles pour les travailleurs de l’hôpital. Il est plus que jamais nécessaire de faire des embauches, avec des revalorisations salariales, et surtout un dégel du point d’indice : contre la casse des services publics, des moyens pour notre santé !




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