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Notre classe

Le capitalisme tue

Accident du travail. Un éboueur de 61 ans entre la vie et la mort

Lundi, un travailleur éboueur a été renversé par un automobiliste devant les yeux de ses collègues qui ont dû reprendre le travail dès le lendemain. Cet accident nous rappelle qu'il est urgent de changer ces conditions de travail inhumaines !

jeudi 4 novembre

Crédit photo : ERIC PIERMONT / AFP

Lundi matin, en Seine-Saint-Denis, un éboueur de 61 ans a été grièvement blessé lors de sa tournée après avoir été renversé par un automobiliste. Selon un article du Figaro, il serait aujourd’hui entre la vie et la mort.

Cet accident gravissime s’est déroulé devant les yeux des autres agents, dont faisaient notamment partie le frère de la victime, pourtant, comme le rapporte le Figaro, Mathieu Hanotin, Maire de Saint-Denis et président de Plaine Commune, a déclaré saluer « l’engagement et le professionnalisme des équipes, qui ont repris le travail ce mardi « malgré leur émotion. » Joachim Delpech, directeur général adjoint aux services urbains de proximité de Plaine, ajoute « la reprise n’était pas notre préoccupation absolue. Mais l’entreprise Suez a très bien réagi et a été à la hauteur, en accompagnant les agents. Le directeur général Île-de-France s’est déplacé pour voir ses équipes et une cellule psychologique a été mise en place pour les agents.  »

Un accident gravissime pour la victime mais, également, comme l’appuie abondamment Mathieu Hanotin et Joachim Delpech dans leurs déclarations, d’une violence psychologique extrême pour les agents et notamment pour le frère de la victime. Pourtant, les seules préoccupations de ces messieurs, alors même qu’un agent est entre la vie et la mort, est de saluer le « professionnalisme des agents qui ont repris le travail », comme si ces agents avaient eu le choix de reprendre le travail ! Un exemple de plus d’un management totalement inhumain qui gangrène tant les services publics que les entreprises privées.

En effet, le métier d’éboueur est des plus difficiles et de sa particulière pénibilité est bien connu de tous. Si ces agents sont retournés travailler le matin, ce n’est pas par professionnalisme, mais bien parce qu’ils en sont obligés. Par ailleurs, ces déclarations masquent très mal le dédain auquel font face les éboueurs par les collectivités territoriales. On se rappelle la manière dont ils ont été applaudi lors des premiers confinements et du mépris auquel ils ont dû faire face, en guise de réponse, durant le mouvement qui avait secoué une partie de la profession contre la réforme de la transformation publique. Une occasion de rappeler le rôle crucial que jouent ces travailleurs de première ligne dans la société et qui permettent à la population de vivre tous les jours dans des rues propres.

Finalement, si des travailleurs meurent sur leur lieu de travail c’est bien parce qu’ils subissent des conditions de travail précaires et dangereuses, comme cet accident le montre encore une fois. Chaque année, 500 000 accidents du travail sont recensés dont plus de 500 accidents mortels. Et cela ne va faire qu’augmenter avec la politique de privatisation et de mise en concurrence du public et la crise économique qui frappe le secteur privé. Nos vies valent plus que leurs profits !