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Acte 16. Escape Game sur les Champs-Élysées : GJ 1 – Castaner 0

Aujourd’hui on est 2, Ernesto est monté de loin pour profiter du climat Parisien. On sort du métro Saint-Philippe du Roule et nous arrivons sur les Champs par la rue de la Boétie vers 12h00. On remonte l’avenue jusqu’en haut avec l’envie de rester sur les Champs. Ça tombe bien une manif « statique » est déclarée, on reste !

lundi 4 mars

Le cortège n’est pas encore parti qu’une tentative de manif sauvage attire notre attention rue de Tilsitt. Le temps d’arriver que nous sommes gentiment contenus et refoulés, bien tenté !

On attend que le défilé défile, alors on rejoint un groupe qui n’a pas suivi la troupe. On y voit Éric Drouet et je propose à Ernesto de rester avec cette équipe, qui finit par décider de descendre les champs, mince, on ne veut pas bouger.

On les suit et en se rapprochant des camionnettes qui ferment l’arrière du cortège je vois le groupe changer de cap vers la rue de la Boétie. Amusant, ils ont l’air d’accélérer, on emboîte, escape game ? La course s’engage avec un cordon bleu qui essaye de s’étendre suffisamment pour bloquer, mais des dizaines de personnes sont déjà passées et les écarts entre boucliers sont trop espacés, beaucoup de monde du cortège se précipite aussi. Deux boucliers s’écartent, pour faire leur travail, j’en profite pour passer. J’avance, je me retourne, Ernesto n’est pas passé, aïe. Par un jeu de ricochet il parvient à me rejoindre, on décampe et cavale comme des cabris. Nous sommes un groupe conséquent, en centaines sûrement…

La précision du pilotage à l’aveugle nous mène rue de Courcelles ou nous arrivons à éviter les déploiements jusqu’au métro Pereire. Le groupe de tête arrive à tourner sur le bd Pereire, mais on arrive trop tard à l’angle du boulevard, le mobilier urbain s’est installé. On recule en traversant le terre point central, et partons sur le boulevard en sens inverse. Les gens d’armes nous redivisent encore dans les rues suivantes mais le mot avait circulé de retourner au camp de base si on se séparait. Ok, retour aux Champs.

On remonte l’avenue Niel avec quelques naufragés, quand on retrouve un groupe beaucoup plus nombreux rue Rennequin. A peine le temps d’être content qu’une cohorte hargneuse se précipite vers nous. Indécision, certains veulent remonter l’avenue, d’autres sont déjà engagés rue Rennequin. On prend la rue, mauvaise option. Des grenades passent par-dessus nos têtes pour se répandre à notre passage. On ne tient pas, nous nous réfugions devant un hall d’immeuble qu’une gentille dame nous ouvre pour nous abriter. On laisse passer l’orage et il passe vite, brrr.

Pause place des Ternes, des GJ sont en terrasse, faut suit l’exemple. On est tous mort de rire de se savoir dispersé dans toutes les rues du quartier et de voir converger des grappes par ci par là. Des sirènes hurlantes, désespérées de ne pas savoir qui nasser vrombissent d’une rue à l’autre. Nous discutons avec les GJ qui s’installent autour de nous et j’en retiens que, comme d’autres, ils ont les moyens de vivre correctement mais ils en ont marre de ce monde injuste, de voir des gens pauvres, cette répression inacceptable, trop de choses pour fermer les yeux. Tout pareil.

De retour aux Champs Elysées vers 15h un ruban jaune semble couvrir toute la largeur au niveau de la rue Balzac. On le rejoint mais très vite le camion à eau annonce son arrivé par des rugissements d’eaux et arrose abondement la chaussée ainsi que les amoureux sur les bancs publics qui s’indignent en différent langages que les boucliers ne comprennent pas plus que le nôtre.

Un air de déjà vu s’enclenche, en ligne des boucliers avec au milieu le camion à eau qui remontent et redescendent et remontent et redescendent plusieurs fois les Champs… Acte 2, good old time.

On connait notre place dans cet acte alors on participe, les pieds sur la chaussée, pas de pied sur la chaussée, un peu en bas puis en haut de l’avenue, jusqu’à 17h15 ou la gravité nous rappel l’âge de nos artères. Claqués on rentre vainqueur de cette journée quoi qu’il en soit.

C’est dans les moments de désobéissances, quand la tension monte, qu’un espoir émerge. Pour ce que vaut un espoir, il devient bien plus crédible qu’à n’importe quel autre moment. Macron démission dans un cortège de convenances et macron démission dans une manif sauvage il y a un grain de voix différent, profond.

Alors acte 17, déjà prêt. Les médias du soir ne sont toujours pas convainquant, ni changement de discours ni de posture, alors à samedi.




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