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Acte 18 à Paris : 23 peines de prison ferme pour les Gilets jaunes

Suite à « la bataille des Champs » lors de l’acte 18, le tribunal de Paris a prononcé 42 peines de prison dont 23 fermes à l’encontre de manifestants. À coup de comparutions immédiates, la répression judiciaire du mouvement se poursuit pendant que les tirs de LBD fusent plus que jamais, en toute impunité. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter..

samedi 23 mars

Crédits Photos : serge D’ignazio

343 blessés, 86 comparutions immédiates, 23 peines de prison ferme

Sur les Champs-Élysées samedi dernier, la mobilisation des GJ est à la hauteur de « l’ultimatum à Macron » annoncé sur les réseaux sociaux. Plusieurs milliers de personnes manifestent dès le matin, des vitrines de magasin de luxe volent en éclat et le Fouquet’s part en fumée, la police semble rapidement dépassée et réprime d’autant plus aveuglément : 343 blessés sont à déplorer selon les derniers décomptes, dont 76 tirs et blessures à la tête — pendant que Macron est en vacances au ski. 

Mais ceux qui mutilent ne seront pas inquiétés. Le camp des blessés est aussi celui des prisonniers. Selon le Parisien, ce sont 235 majeurs et 21 mineurs parmi les manifestants qui sont retenus en garde à vue le samedi soir. Si 101 procédures seront classées sans suite, 86 gardes à vues ont donné lieu lundi et mardi à des comparutions immédiates — ces simulacres de procès ne laissant pas la possibilité à l’accusé de préparer convenablement sa défense. Dans ces conditions, 23 manifestants se retrouvent donc derrière les barreaux. On ne connait pas la durée de ces peines pour le moment.

Acte 19 : un saut dans la répression d’État

Face à la radicalité exprimée samedi dernier par les Gilets Jaunes, qui a prouvé que leur détermination ne faiblissait pas, l’État se radicalise lui aussi sur tous les fronts. Depuis le début de la semaine, les annonces toujours plus ahurissantes et liberticides du gouvernement n’en finissent plus : interdictions de manifestation « aux Champs-Élysées à Paris, à la place Pey-Berland à Bordeaux, à la place du Capitole à Toulouse  », encouragements de la police a recourir d’avantage aux tirs de LBD, autonomisation des forces de répression sur le terrain, recours à des drônes ou encore à des produits marquants les vêtements des manifestants… 

Alors que Castaner a demandé au nouveau préfet de Paris une « impunité zéro » vis-à-vis des Gilets jaunes, on apprend que l’armée sera déployée pour l’acte 19 - une première depuis 1948 - et le gouverneur militaire de Paris confirme ce vendredi matin sur France info que les soldats pourront « aller jusqu’à l’ouverture du feu ». 

On voit comment le gouvernement cherche à instaurer un climat de terreur pour dissuader les Gilets jaunes de poursuivre la bataille engagée le 17 novembre dernier, en faisant tranquillement du chantage à la mutilation. 




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