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Acte 22. Récit de la brutale journée de répression à Toulouse : "une nuit est passée j’ai toujours la rage"

Nous relayons le témoignage de Fanny, originellement publié sur Facebook, racontant la manifestation des Gilets jaunes de l'acte 22 à Toulouse, marquée par une très brutale répression.

lundi 15 avril

Crédit photo : JohanPX

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Récit de l’acte 22 à Toulouse. Le 13 avril (ceci n’est que la stricte verité)

Une nuit est passée j’ai toujours la rage.

Arrivée à 12h15 avec mes parents au métro jean jaures, on remonte vers les allées jean jaures, on discute avec des personnes, l’ambiance est joyeuse et il fait beau.

Puis quinze minutes après, la manif fait demi tour car des forces de l’ordre qui sont en haut des allées bloquent l’accès et ils ont également ferm le bas des allées et les rues adjacentes.

Et là l’enfer se déchaîne, lacrymos en nombre incalculable, impossible de respirer ou même pour ma part d’ouvrir les yeux, à la limite du malaise. Par réflexe je me suis accrochée au bras de mon père (merci à une medic avec une croix verte pour son produit miracle sur les yeux). Je ne sais pas combien de temps ça a duré (cerveau en mode pause) et là miracle de la solidarité une porte s’ouvre.

Merci aux personnes qui nous ouvert leur porte de l’immeuble pour qu’on puisse sortir de cet enfer et de ce gaz, merci à la personne qui habite en hauteur et qui nous a dit de pas ressortir car ça continuait. Vous avez sorti 15 personnes d’un enfer. 

On est restés dans cette cour d’immeuble 15-20 minutes peut être et ce qui m’a le plus choqué on s’est tout mis à chuchoter ou à se taire en fonction du bruit de tirs qui se rapprochait (je sais pas lesquels) de peur que le bac ou les CRS trouvent notre cachette et nous matraquent. Une personne dira c’était comme les juifs pendant la guerre gazés et enfermés ; on a du escalader des grilles pour pouvoir sortir par une autre entrée d’immeuble à l’air pur.

Cortège explosé dans toute la ville

13h50. On est de retour à Jean Jaurès. Des forces de l’ordre qui bloquent les accès aux boulevards et ainsi que les allées Jean Jaures. Au loin une cabane de chantier prend feu sur les allées. Deux tanks de gendarmerie sont positionnés en bas des allées. 

Je vois une personne d’une soixantaine d’années se mettre devant les chars et leur demander de tirer sur la foule, le peuple tant qu’ils y sont.

15h. On repart vers Wilson et la rue Alsace lorraine, l’ambiance est convivial ça chante, ça discute, puis de nouveau repousses vers jean jaures.

16h. Un cortège s’est retrouvé bloqué à Francois Verdier où ils ont également vécu le même enfer que le midi, un autre cortège bloqué à Jeanne d’arc et l’intersyndicale (manif déclarée) réprimés aussi par les gaz lacrymogène. Peut être d’autres cortège dans la ville je sais pas.

16h20. On se met à l’abri dans le Burger King, merci aux gérants de nous avoir laisser rentrer. On y restera deux heures et demi, bloqués dedans car impossible d’en ressortir les flics ne laissaient personne passer.

16h37. À vouloir nous diviser en plusieurs cortèges, 5-6 flics se sont fait encerclés sans aucune blessure. On voit les gaz à Francois Verdier. On a passé un cap, les personnes ne reculent plus devant les gaz, ils partent, font demi tour mais ils reviennent toujours à Jean Jaures.

16h53. Du métro Jean Jaures à Wilson nuage de lacrymo, on voit plus rien. Et là c’est reparti gazage à gogo, ils ont du éteindre la ventilation pour éviter qu’on soit gazer a l’intérieur

17h. On aperçoit les voltigeurs (ah oui c’est vrai ça n’existe plus en France)

De 17h30 à 19h, à travers les vitres nous voyons une personne se faire tabasser et prendre un coup de pied alors qu’il voulait juste partir et une femme se faire mettre au sol puis être relâchée et une autre violemment interpellée Des barrières de chantier céderont. En plus des lacrymo.

19h. Le gérant nous laisse sortir par la porte sur le côté et on a pu reprendre le métro sous l’odeur des gaz importants.

Un message aux forces de l’ordre si jamais vous lisez ceci : 
Vous avez des ordres ? Ok. Quand vous aurez l’ordre de tirer sur les manifestants le ferez vous ? Où s’arrêtera votre folie ?
Pour finir : hier à Toulouse c’était la guerre, force de l’ordre contre le peuple, faut que ça se sache c’est plus une histoire de gilets jaunes




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