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Politique

Des entraves au droit à manifester qui se systématisent

Acte 24. Interdictions de manifester à Strasbourg suite à l’appel national au rassemblement

Alors que les mesures post Grand débat apportées par Macron ce jeudi sont loin d'avoir convaincu les Gilets jaunes qui entendent continuer à maintenir la pression sur le gouvernement et prendre la rue ce samedi, la répression et la volonté de les empêcher de manifester se poursuit. Cependant qu'un appel à un rassemblement national à Strasbourg circule sur les réseaux sociaux, le préfet du Bas Rhin a interdit toute manifestation dans plusieurs endroits de la ville, notamment le centre et les institutions européennes.

vendredi 26 avril

Les mesures entreprises par Macron suite à la séquence du Grand débat ont convaincu peu de monde, encore moins côté Gilets jaunes. En effet, les témoignages et appels à se mobiliser sur les réseaux sociaux démontrent que l’opération enfumage de Macron n’a pas marché et que les Gilets jaunes entendent continuer à prendre la rue ce samedi et à maintenir la pression sur le gouvernement. Tout comme les autres samedi, et alors que les médias et que le ministre de l’Intérieur aimeraient à faire croire que le mouvement des Gilets jaunes est devenu quelque chose de périphérique, l’affaire de quelques « 30 000 manifestants » qui ne représentent « pas le peuple » et « sans revendications », la répression se poursuit.

A Paris, le préfet de Police Didier Lallement compte mobiliser une douzaine de chiens d’attaques - avec l’ordre de les démuseler ! - pour en découdre avec les manifestants. A Strasbourg, le préfet de Bas-Rhin a mis en place un arrêté préfectoral interdisant de manifester dans une bonne partie de la ville de Strasbourg. Et ce, alors qu’un appel national à se rassembler à Strasbourg pour l’acte 24 – qui s’est transformé en appel international, manifestants allemands et belges étant invités à s’y joindre – a été lancé cette semaine sur les réseaux sociaux. A un mois des élections européennes, l’idée était de se réunir devant le parlement européen.

Dans le contexte de cet appel national, l’arsenal répressif est plus conséquent que les actes précédents à Strasbourg ce samedi. Avec des interdictions de manifester couvrant une large partie de la ville : « Compte tenu des risques de troubles à l’ordre et à la tranquillité publique, toute manifestation est interdite le samedi 27 avril sur une partie de l’ellipse insulaire (l’île du centre-ville historique de Strasbourg, ndlr), le parvis de la gare, ainsi que les abords des institutions européennes par arrêté préfectoral », indique la préfecture dans un communiqué.

A travers ces interdictions de manifester, la volonté est claire : empêcher qu’une démonstration de rue importante puisse se faire et tenter d’éteindre, par la répression, la colère sociale en cours, dans la continuité de toutes les interdictions de manifester qui se multiplient et se systématisent depuis quelques semaines maintenant. Des entraves au droit démocratique de manifester que la loi anti-casseurs permet dorénavant de justifier et va amplifier. Ces nouvelles interdictions de manifester doivent nous interpeller une nouvelle fois sur l’envolée liberticide et sécuritaire que le gouvernement en place, qui se radicalise de plus en plus, adopte. Ainsi que sur la nécessité d’apporter une réponse d’ampleur à ces attaques contre nos droits démocratiques.




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