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Acte 44 : à Nantes et partout en France, plusieurs milliers de Gilets jaunes et une répression brutale

Nantes, marquée par la mort de Steve, était désignée capitale de la mobilisation des Gilets jaunes. La répression y a été particulièrement brutale. Mais à Nantes comme dans la plupart des grandes villes de France, les Gilets jaunes restent mobilisés. Cet acte 44 s'inscrit dans un mois de septembre marqué par de très nombreuses contestations. À nous de construire le « tous ensemble » !

lundi 16 septembre

Crédit photo : Sébastien Salom-Gomis / AFP

Nantes, capitale de la mobilisation

Pour l’acte 44 des Gilets jaunes, marquant les 10 mois de la mobilisation, ceux-ci avaient choisi comme capitale la ville de Nantes – une ville marquée cet été par la mort de Steve, jeune homme tombé dans la Loire suite à une charge policière lors de la fête de la musique.

Ainsi, les quelques milliers de manifestants – 1 800 selon la préfecture, 4 000 selon Nantes Révoltée ont défilé dans les rues de la ville, scandant notamment de nombreux slogans exigeant « Justice Pour Steve » ou rappelant leur opposition aux violences policières.

Les difficultés à maintenir « l’ordre » de Macron et son gouvernement ont été, encore une fois, plus qu’apparentes. C’est ainsi que la ville de Nantes a vu le retour des blindés militaires et la désormais habituelle répression d’ampleur. Parmi les victimes, des manifestants qui prévoyaient d’agrémenter le défilé d’un homard géant en papier mâché, façon carnaval, pour rappeler l’affaire De Rugy. C’était apparemment trop pour les forces de répression qui ont enfermé trois personnes pendant 48h pour flagrant délit de homard, et annoncé vouloir les poursuivre pour « association de malfaiteurs » !

De la même manière, des dizaines de parapluies ont été saisis par les autorités. Ces parapluies, référence directe au mouvement en cours à Hong-Kong, sont également une protection contre les assauts des policiers. Très conscient du potentiel subversif des parapluies, un policier témoigne au Figaro de l’ « impact symbolique » des parapluies : « on risque de faire un rapprochement avec des manifestants à Hongkong qui se battent pour une cause (...). Avec la saisie de ces parapluies à Nantes, certains vont dénoncer la répression d’une soit-disant police politique. Une guerre d’image et une instrumentalisation risque de se mettre en marche... »

Mais comme si cela ne suffisait pas, la police s’est sentie obligée, pour justifier la répression, de communiquer sur 22 « cocktails molotovs » qu’elle aurait trouvé dans une benne avant la manifestation. De nombreux observateurs ont relevé sur le tweet de la Police Nationale 44 que ces « cocktails molotovs » avaient tout l’air de fake news : de simples bouteilles vides, toutes identiques, avec un petit morceau de papier toilette dans le goulot. Pourtant, des médias tels que LCI ou Le Monde n’ont pas hésité à reprendre l’ « information » diffusée par la police nantaise.

À Paris, Toulouse, Lyon, Marseille, Montpellier... des Gilets jaunes toujours mobilisés

Dans les autres villes de France, les chiffres sont bien entendus plus faibles qu’avant – inévitable après 10 mois de mobilisation – mais les Gilets jaunes sont toujours bien présents. À Paris, en plus d’une manifestation en centre-ville, un groupe de Gilets jaunes s’est également rendu à l’aéroport d’Orly afin de sensibiliser contre la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP).

À Toulouse, l’acte 44 a été marqué par une première, l’envahissement de la gare Matabiau par près de 2000 Gilets jaunes. Les Gilets jaunes ont également investi la place du Capitole, place centrale et symbolique des restrictions de la liberté de manifester. En tête de cortège, une banderole mettait à l’honneur la lutte des femmes contre les violences économiques, sociales et sexuelles : « Précarisées, révoltées, les femmes en première ligne ! »

Construisons le « tous ensemble »

La rentrée sociale est plus qu’agitée pour Macron. Entre les Gilets jaunes, le mouvement de contestation et de grève aux urgences, l’éducation nationale, et le début de mouvement contre la réforme des retraites, avec d’un côté la RATP et de l’autre la mobilisation de ce lundi des avocats, des pilotes, des médecins et infirmières libéraux, la rentrée sociale est plus qu’agitée pour Macron.

Mais si les Gilets jaunes montrent leur force en restant mobilisés après dix mois, pour renverser Macron, il s’agit de construire un véritable « tous ensemble ». Contre la division des dates imposées par les bureaucraties syndicales, il est possible et nécessaire que Gilets jaunes, hospitaliers, enseignants, salariés mobilisés contre la réforme des retraites – à l’image de la RATP –, jeunes marchant pour le climat, militantes contre les violences faites aux femmes, etc., s’unissent en un mouvement d’ensemble contre Macron et son gouvernement, qui dépasse le corporatisme et les revendications partielles.

Car la question que posent tous ces mouvements, c’est celle de notre avenir. Plus précisément, le refus de l’avenir que l’on nous promet, un avenir fait d’oppression et d’exploitation, le tout sur fond de crise écologique. Alors construisons un mouvement d’ensemble pour renverser Macron, son gouvernement et tout ce système, et pour construire une nouvelle société.




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