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Acte XI à Toulouse : Capitale de la contestation ?

Onzième acte, déjà, ce samedi 26 janvier à Toulouse. La ville rose a fait honneur à son rang de "capitale de la contestation" comme l'ont renommé plusieurs médias, avec environ 15.000 manifestants, comme vous avez pu le suivre sur notre live "Révolution Permanente Toulouse".

samedi 26 janvier

Jean-Luc Moudenc, le maire toulousain, avait du le reconnaitre sur Cnews, il existe à Toulouse une "tradition de contestation".

Pour cet acte 11, les gilets jaunes manifestant à Toulouse lui ont donné raison (par contre, il voulait aussi que le mouvement rentre dans le rang, et là c’est raté...). Globalement, les chiffres sont les mêmes que pour l’acte 10, et bien qu’il n’y ait pas chiffres officiels des gilets jaunes, l’estimation du journal Actu Toulouse parait réaliste (entre 13.000 et 15.000), voire même un peu sous-évaluée.

Encore une fois au départ de Jean-Jaurès, les manifestants ont pu tourner plusieurs heures dans la ville,
brandissant des banderoles et pancartes variées. Un cortège de jeunesse, organisés autour d’étudiants et étudiantes de Sciences Po et du Mirail notamment, chantaient des slogans derrière une banderoles contre "Macron et son monde".

Évidemment, la question de la répression était dans tous les esprits, après les centaines de blessés et mutilés des 10 actes précédents. Une banderole en tête de cortège exprimait d’ailleurs cette colère : "..."

Comme les autres samedi, après avoir laissé manifesté environ 2 heures, les "forces de l’ordre" ont commencé à tirer des gazs lacrymogènes à partir de 16h30 sur les boulevards, pour enchainer ensuite en réprimant durement place du Capitole. Selon de nombreux manifestants, il semble que les consignes aient été de charger plus rapidement, juste après avoir gazé, pour ne pas laisser se fixer de point d’affrontements. D’où la tournure de chasse au manifestant qu’a pris la fin d’après-midi, loin du mouvement sans heurts et du "temps du dialogue" dont cherche à nous convaincre le gouvernement. On a vu ce 26 janvier une utilisation massive des grenades de désencerclement au Capitole puis en poursuivant les manifestants jusqu’à la Daurade au bord de la Garonne. Beaucoup ont du se replier dans des commerces, immeubles ou des cours intérieures pour se protéger.
On a vu la répression sévir dans d’autres villes aussi, comme à Paris où Jérome Rodrigues aurait été touché à l’oeil par un tir de LBD selon sa soeur Hélène Rodrigues, et comme on peut le voir sur plusieurs vidéos.

Tout cela au milieu d’une polémique sur les LBD40, dont le gouvernement a expliqué que les utilisateurs seraient suivi d’un binôme équipé d’une caméra piéton (mais qu’il pourra allumer ou pas quand il le souhaite...). On comprend mieux les cris que lançaient certains gilets jaunes aux policiers : "Elle est où la caméra !?", ou le très inspiré "La Police nous protège, ça crève les yeux !"

Dans la rue, point de débat !
Face à l’injonction à rentrer dans le Grand Débat, personne n’est dupe. De toutes les bouches, on entendait que "c’est de l’enfumage" et que "Macron fait son show". Et l’émission Balance Ton Post co-animé par Hanouna et Schiappa n’a pas non plus trouvé grâce à leur yeux.

Mais même si le mouvement n’a pas faibli à Toulouse, on sent bien dans le pays que le mouvement est à un moment clef. Plusieurs lignes sont proposés, plusieurs débats émergent, mais une idée revient souvent pour faire plier Macron : la grève générale.
Une idée reprise sur les réseaux sociaux, et par certaines figures des gilets jaunes même si en tergiversant beaucoup sur la date et sur un appel clair (Eric Drouet ne sait plus finalement s’il appelle le 5 ou le 15 février, Maxime Nicolle alias Fly Rider explique que "c’est compliqué" parce qu’il ne veut rien faire avec les syndicats...). Pourtant, cette idée connait un grand écho chez les gilets jaunes, qui soutiennent en majorité l’idée d’une grève générale reconductible.
A Toulouse, plusieurs appels à organiser et préparer réellement la grève début février ont tourné (notamment en s’appuyant sur l’appel au 5 février par la CGT et Solidaires, mais avec la volonté d’aller au-delà d’un seul jour de grève). A noter, avec un recto signalant que 3 syndicats localement se prononcent pour la convergence avec les gilets jaunes et la reconduite le 6 février.

A Toulouse et ailleurs, la perspective pour gagner est clairement de préparer la grève de la semaine du 5 février, pour qu’elle soit générale, reconduite, et qu’elle s’ancre dans le pays jusqu’à dégager Macron et son monde. Toulouse, soulève-toi...




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