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Politique

Crise en macronie

Action contre les permanences LREM : Macron cible numéro un de la colère sociale

Alors que le gouvernement veut imposer une réforme des retraites contre l'avis de la majorité de la population, à l'approche des élections municpales la colère se dirige contre le parti présidentiel, avec de nombreuses actions contre les permanences LREM.

mardi 4 février

Crédits photo : La nouvelle république

Alors que le gouvernement veut imposer une réforme des retraites antisociale et injuste, contre l’avis de la majorité de la population, à l’approche des élections municpales la colère se dirige contre le parti présidentiel, à l’instar de l’action des grévistes de la coordination RATP-SNCF d’Île-de-France devant le siège de LREM à Paris. Ainsi ces dernières semaines ont été marquées par l’envahissement de la cérémonie des vœux dans plusieurs municipalités ; l’interpellation de Marlène Schiappa lors d’une réunion publique dans le cadre de la campagne municipales ; et enfin l’affaire dans le Theatre des Bouffes du Nord ciblant directement Macron. L’hostilité profonde et généralisé vis-à-vis de la macronie venait s’ajouter aux faiblisses internes d’un gouvernement de plus en plus isolé et divisé entre ses ailes gauche-droite et entre l’Assemble et l’Elysée.

Ces actions visant le gouvernement n’ont pas été un coup d’éclat isolé mais ont continué à se poursuivre et montrent la généralisation et l’enracinement d’une contestation politique dépassant largement de cadre de tel ou tel reforme. Ce 30 janvier des personnes mobilisées se sont encore fait expulser de la cérémonie des vœux d’Alain Fontanel, candidat LREM aux élections municipales de Strasbourg. La même chose s’est passé pendant la cérémonie des vœux de la député LREM Aurore Bergé qui a été perturbée par une centaine de manifestants à l’extérieur de la salle.

De même, pendant la dernière semaine de janvier, des actions ont été organisées contre plusieurs permanences de députes de LREM comme celle du parlementaire de Philippe Chassaing à Dordogne et d’autres à Montpellier ou en Moselle.

Pareil ce lundi 3 fevrier pour la permanence de la députée parisienne LREM Anne-Christine Lang, soutien de Cédric Villani.

La radicalité à la base, incarnée par le mouvement des Gilets jaunes et plus récemment par la grève historique de plus de 50 jours des agents RATP et SNCF, a eu pour conséquence l’ouverture de nouvelles brèches par « en haut » qui sont venus aggraver les crises internes qui traversaient déjà LREM. Si dans un premier temps le Conseil d’Etat a rétorqué le gouvernement autour des multiples irrégularités contenues dans le projet de la réforme des retraites, dans un deuxième temps le Conseil d’Etat a suspendu la circulaire Castaner prévoyant de suspendre 50% des électeurs des résultats des municipales, c’est-à-dire les endroits où LREM dispose d’une implantation quasi nulle. En effet l’objectif du gouvernement est celui d’en finir avec l’adoption de la réforme des retraites avant les municipales, qui se profilent comme un moment difficile à passer et potentiellement une élection de sanction pour LREM. Ce décembre LREM enregistrait déjà un tiers de candidatures dissidentes en vue des municipales.

Les faiblesses du gouvernement s’ajoutent en plus à un long et difficile processus parlementaire qui vient de s’ouvrir pour l’exécutif avec la stratégie d’obstruction porté par la FI. Le gouvernement, largement conteste dans la rue, isolée aux sommets de l’état et déchiré internement, pourrait être de plus en plus tenté de faire recours au 49.3. Cependant cette méthode autoritaire, mélangé à la crise par « en haut » et la mobilisation toujours présente dans l’Education Nationale, les avocats, la santé ou les incinérateurs, pourrait donner un nouvel essor à la lutte, avec un potentiel retour de la grève reconductible dans les secteurs stratégiques de l’énergie et des transports.

La crise profonde que traverse le gouvernement, donne les conditions propices pour gagner contre Macron et le modèle de société qu’il cherche à nous imposer.




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