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Aéoronautique. L’entreprise Akka veut supprimer 900 emplois

L’entreprise Akka Technologies a annoncé un plan de 900 suppressions de postes, justifié par des prétendues difficultés économiques, alors même qu’elle vient d'être recapitalisée à hauteur de 200 millions d'euros de la part de ses actionnaires. Face aux vagues de licenciements et de suppressions de postes qui se multiplient, et notamment dans le secteur aéronautique, il est urgent de s'organiser contre les licenciements, en luttant pour zéro suppressions d'emplois mais aussi en exigeant une transparence sur les comptes des entreprises de la filière.

lundi 4 janvier

Crédit Photo : Akka Technologies

Depuis le début de la crise sanitaire, la vague de licenciements massifs s’intensifie : il y a plusieurs centaines de milliers de suppressions en plus depuis le début de l’année 2020. Le secteur de l’aéronautique est particulièrement touché, avec 202 000 travailleurs d’après le GIFAS dont 50 000 postes menacés. Comme le rapporte Sud Ouest, l’entreprise Akka Technologies, leader européen du conseil en ingénierie et en services R&D dans les secteurs de la mobilité, a annoncé ce mardi son projet de suppression de 900 postes, dont 800 dans la région d’Occitanie : un PSE de plus, dans un secteur particulièrement touché par la crise économique accélérée par la pandémie, qui reflète bien la stratégie des grandes entreprises et du gouvernement consistant à faire payer la crises aux travailleurs.

L’annonce de ce nouveau plan de licenciement de grande ampleur se fait à l’issue d’un premier round de négociations menées avec les syndicats : "La direction a bien lancé une négociation, en novembre, sur un accord d’APLD (activité partielle de longue durée, c’est-à-dire réduction d’activité contre maintien de l’emploi - NDLR). Mais à chaque fois qu’on proposait quelque chose de constructif, la direction nous fermait la porte au nez ! Ils voulaient signer un accord d’APLD, tout en se réservant la possibilité de lancer, malgré tout, un PSE au bout de dix mois : c’est inacceptable", raconte Franck Laborderie de la CGT dans les colonnes de l’Humanité. Un accord d’APLD qui pourtant est un cache misère pour in fine baisser les salaires de manière drastique au nom du maintien de l’emploi.

Dans ce processus, cette dernière cherche à légitimer son plan massif de licenciements en mettant en avant une perte de 55 millions d’euros au premier semestre et une baisse de 20,3 % de son chiffre d’affaires par rapport à 2019. "L’incertitude" qui pèse sur la reprise future du secteur aéronautique aurait rendu "inévitable" le plan de suppression d’emploi du groupe d’ingénierie Akka Technologies, selon le patron de la filiale, interviewé jeudi dernier sur BFM Business. Pourtant, l’État avait annoncé une aide de 1,5 milliards d’euros pour le secteur, visant justement à prendre en charge à 85 % les APLD, qui équivalent elles-mêmes à 75 % du salaire de base : autrement dit, l’entreprise est censée ne prendre en charge que 15 % du salaire. Il faut également ajouter que l’État a également racheté une partie des stocks. De plus, l’entreprise Akka vient d’être recapitalisée de 200 millions d’euros... de la part de ses actionnaires (150 de la famille Frère et 50 de la famille Ricci) ! Les arguments avancés par la direction sont donc peu crédibles et soulèvent des questionnements légitimes, à l’heure où les négociations se dirigent vers un prétendu plan de reconversion visant à "ne pas licencier davantage" - sans remettre en cause le fait que plusieurs centaines d’ouvriers ainsi que leurs familles soient jetés dans la misère à l’aube d’une crise économique mondiale, alors même que l’entreprise est détenue par des groupes familiaux qui possèdent des centaines de milliards de capital.

Face à ces vagues de licenciements en pleine crise sanitaire et économique, qui ne fait que précariser encore plus la population et détruit tout espoir de retrouver du travail pour survivre, il est urgent pour les travailleurs de l’aéronautique de s’organiser depuis la base et de se coordonner entre les différentes entreprises dans la perspective de se battre contre les licenciements et les baisses de salaire, dans la continuité de ce qu’a initié la coordination des salariés de l’aéro . Si les patrons de l’aéro prétendent n’avoir d’autre choix que de licencier, qu’ils ouvrent les livres de comptes des entreprises de l’ensemble du secteur devant les salariés menacés de licenciements ! Car ce n’est pas à eux ni à leurs familles de payer la crise. Nos vies avant leurs profits !




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