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Nous ne paierons pas leur crise

Aéro. Grève à Satys pour les salaires, la dignité et contre le mépris patronal

Depuis lundi 6, les salariés du sous-traitant aéronautique Satys à Marignane se battent pour la reconnaissance et les salaires. Alors que les salariés avaient déjà été la variable d’ajustement au début de la crise derrière l’appel patronal à des « efforts partagés », aujourd’hui ils doivent faire face à la remontée de cadences avec des conditions de travail dégradées.

mercredi 7 juillet

Malgré le « sacré message d’espoir » annoncé récemment par Airbus et célébré par la presse, la réalité de la reprise dans l’aéronautique est toute autre. En effet, la reprise partielle de l’activité est en train de s’opérer encore une fois sur le dos des salariés. Après la suppression d’emplois historique qui a touché le secteur lors de la première phase de la pandémie, la reprise actuelle se fait sous le coup de la précarité, les baisses de salaires et la réduction des effectifs. Et cela, malgré le fait que l’avionneur a annoncé fin avril avoir enregistré des bénéfices pour le deuxième trimestre consécutif.

Alors que les salariés avaient déjà été la variable d’ajustement au début de la crise derrière l’appel patronal à des « efforts partagés », aujourd’hui ils doivent faire face à la remontée de cadences avec des conditions de travail dégradées. Cette situation où se mélangent la stagnation et la baisse de salaires avec la reprise de l’activité est en train de donner lieu à des luttes revendicatives pour les salaires et la dignité comme on l’a vu récemment chez Airbus D&S, Safran, Daher, Dassault et plus récemment chez le sous-traitant AHG. Pour cette boite, qui n’a pas connu de grève depuis 1973, c’est une grève historique et majoritaire qui s’est déclenchée dans le cadre des NAO (Négociations Annuelles Obligatoires).

Depuis le lundi 6 juillet c’est le tour des salariés du sous-traitant aéronautique Satys à Marignane d’entrer en lutte. Dans cette boîte de traitement de surfaces, les NAO ont été suspendues suite à l’accord sur l’APLD (Activité Partielle de Longue Duré) qui visait à maintenir l’activité réduite lors de la première phase de la crise. Aujourd’hui, alors qu’Airbus annonce une reprise de l’activité et une remonté des cadences de production de 64 avions par mois (avant crise l’avionneur était à 60 par mois), les salariés se battent pour le rétablissement des NAO, la prime défiscalisée de 1000 euros annoncée par le gouvernement et la levée de trois jours de carence.

Ce mercredi, après deux jours de grève, le PDG du groupe a refusé d’accéder aux revendications des salariés et la sécurité à viré les grévistes du piquet. Cependant la grève pourrait s’étendre à d’autres sites face au mépris patronal. Ces grèves pour la reconnaissance et les salaires, loin d’être des cas isolés, expriment la colère de tout le secteur et la possibilité, même pour ceux qui n’ont jamais fait grève, de relever la tête contre les attaques que le patronat de l’aéronautique essaie de faire passer comme une fatalité liée à la crise.




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