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Un premier appel à la grève mardi

Aéronautique. La direction du groupe AAA veut licencier 719 salariés

C’est une attaque énorme à l’égard des salariés d’AAA, sous-traitant aéronautique. Après avoir mis fin aux contrats d’environ 800 intérimaires, la direction vient d’annoncer un PSE qui va toucher 719 salariés sur 1587, soit plus de 45 % des effectifs. Pour répondre à l’offensive patronale, la section CFDT AAA appelle à la grève et à la mobilisation ce mardi 8 septembre.

lundi 7 septembre

Début juillet, la direction d’Assistance Aéronautique et Aérospatiale (AAA) – un sous-traitant aéronautique, spécialisé dans les services et compétences pour Airbus –annonçait sa volonté de prendre le même chemin que Derichebourg, DSI, Daher, Figeac et le reste du patronat du secteur : faire payer la crise aux travailleurs. Tel que le révélait la CFDT AAA dans un communiqué du 8 juillet, la direction de l’entreprise veut licencier 719 travailleurs, sur un total de 1587 salariés. Une attaque énorme, qui va s’abattre sur plus de 45 % des effectifs, soit presque la moitié du personnel ! Comme beaucoup d’autres entreprises, la direction d’AAA s’est servi d’un des outils offerts par ce gouvernement au patronat – le Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) – afin d’imposer ses intérêts sous apparence de « dialogue social ».En effet, depuis l’annonce début juillet de ce PSE très violent, des négociations sont en cours. Mais tel que le dénoncent le syndicat , celles-ci ne sont qu’une mascarade. Dans un communiqué récent la CFDT AAA dénonce que les salariés sont « considérés comme des mouchoirs jetables » et que « la direction fait la sourde oreille à toutes nos revendications allant dans l’intérêt de l’avenir de l’entreprise et des salariés ».

Le fait que le patronat cherche à imposer ses intérêts coûte que coûte, même au prix de jeter à la rue plus de 700 travailleurs, est d’autant plus évident que le Cabinet d’Expertise considérerait que l’entreprise n’est pas en difficulté, que le PSE n’est pas nécessaire et qu’un plan d’Activité Partielle de Longue Durée (APLD) suffirait. Et cela n’est certainement pas un cas isolé si on tient compte des énormes bénéfices que le secteur a encaissé ces dernières années. L’exemple d’AAA montre que face à l’argument de difficultés financières ou risques de faillite, les travailleurs devraient revendiquer la possibilité de pouvoir regarder les comptes de leurs entreprises, les profits et les bénéfices engrangés ces dernières années, et ne pas adapter son niveau de vie à la soif de rentabilité du patronat.

Ces faux arguments combinés au mépris de la direction et la violence des attaques ont poussé les travailleurs à appeler à la grève et à la mobilisation ce mardi 8 septembre « pour rétablir le rapport de forces ». C’est dans ce sens qu’Arnaud Robin, délégué syndicale CFDT AAA appelle tous les salariés, syndiqués ou non syndiqués, à se mobiliser devant tous les sites d’AAA :

Ce premier pas vers la grève et la mobilisation des salariés est en effet le seul qui peut à terme construire un rapport de forces pour stopper les plans de la direction. Cependant tel que le combat des Derichebourg l’a montré, le temps est un facteur clé pour la construction de ce rapport de forces et peut jouer en défaveur des salariés si on le laisse s’écouler dans des fausses négociations. Chez AAA le PSE devrait être signé le 16 octobre, et d’ici là, les salariés ont l’opportunité de construire leur lutte en repartant des expériences du combat de Derichebourg : unifier les travailleurs syndiqués et non syndiqués, construire des assemblés où décider des suites de la mobilisation, construire la grève, se coordonner avec les autres boites et poser les bases pour lutter effectivement pour 0 licenciements et 0 baisse de salaire.

Comme le scandaient les travailleurs de Derichebourg : « on ne négocie pas le poids des chaînes » !




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