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Notre classe

Zéro suppression de poste ! Zéro baisse de salaire !

Aéronautique. Lisi-Creuzet veut supprimer 197 emplois à Marmande

Alors même que Latécoère vient d'annoncer sa volonté de supprimer un tiers de ses effectifs en France, c'est au tour du sous-traitant équipementier Lisi-Creuzet de se lancer dans un plan de licenciement. Sont menacés près de 197 salariés sur un total de 850 à Marmande dans le Lot et Garonne. Une boîte de plus où les patrons ont prévu de faire payer la crise aux travailleurs.

lundi 28 septembre

Une tentative supplémentaire pour faire payer la crise aux salariés

C’est quasiment un quart des effectifs, et pourtant la direction n’a pas hésité ce vendredi 25 à annoncer son plan social destiné à faire payer aux salariés de Lisi-Creuset la crise actuelle. Le groupe essaie de se justifier par une baisse de 45% du chiffre d’affaires. Après plus de dix années de croissance ininterrompue, le transport commercial aérien vient de rentrer dans la plus grosse crise de son histoire en raison de la crise de la Covid-19, justifie la direction de Lisi dans un communiqué publié vendredi 25 septembre. À Marmande, et alors même que l’entreprise représente une forte concentration d’emplois pour la zone, les conséquences des licenciements seraient désastreuses non seulement pour les salariés eux mêmes mais pour l’ensemble de la population locale.

Spécialisé dans les composants métalliques et pièces de structure, l’entreprise s’était pour autant jusqu’à présent vantée d’une croissance ininterrompue. Lisi Creuset est avant tout l’une des filiales du géant de la sous-traitance française Lisi. Troisième plus grand sous-traitant français, concentrant les marchés de l’équipement aéronautique, automobile et des implants médicaux, le géant tire la majorité de son chiffre d’affaire de la filière aéronautique.

L’annonce a fait un effet de surprise importante chez les syndicats qui ne s’attendaient en aucun cas à la mesure mise en place, notamment car ces derniers s’attendaient avant tout à la mise en place de dispositifs de chômage partiel de long terme. C’est notamment ce qu’explique Mickaël Orsini pour France 3, délégué syndical CGT Lisi Creuzet Marmande :


"Il y a une trésorerie quand même assez puissante. On a eu des années de record de profitabilité dans l’aéronautique qui a été exponentielle ces trois dernières années. Je pense qu’il y a assez de réserves. Puis après se concentrer sur la recherche. Il y a beaucoup d’aides du gouvernement pour l’industrie aéronautique".

Dans l’Aéro, des salariés montrent déjà la voie pour faire face aux plans des patrons

L’entreprise ainsi que l’ensemble des autorités locales ont déjà signalé leur volonté de lancer une négociation sur les deux prochains mois afin “d’encadrer au mieux les départs et les reconversions”. Mais les ouvriers de l’aéronautique ne peuvent compter que sur eux même pour se préparer et faire face aux plans du patronat qui souhaite faire payer la facture aux salariés, comme ils ont déjà commencé à le faire dans de nombreuses entreprises telles que Derichebourg, AAA, Figeac et maintenant Latécoère.

Les salariés de LISI pourraient cependant se tourner vers la Rencontre des salarié.e.s de l’aéronautique qui a déjà eu lieu pour une première fois à Toulouse le 17 septembre et qui a avant tout pour objectif de coordonner l’ensemble des travailleurs de l’aéronautique qui le souhaitent, syndiqués ou non, afin de défendre le combat contre tout licenciement et toute baisse de salaire en temps de crise ainsi que de s’organiser sur leurs lieux de travail sous la forme d’assemblées pour refuser les plans du patronat. Comme l’affirmait Gaetan Gracia, membre de la CGT des Ateliers Haute Garonne, “si on touche à l’un on touche à tous ! .

Les patrons des Ateliers Haute Garonne, d’Arconic ou encore de Lisi peuvent organiser leur concurrence entre industriels pour savoir qui sera capable d’arracher le plus de profit à l’autre. Ces batailles ne doivent pas intéresser les salariés qui partagent leurs intérêts face aux plans sociaux et autres accord de performance collective qui cherchent à faire payer la crise aux salariés !




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