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Politique

Crise sanitaire et économique, mais pas pour tout le monde

Aéronautique : Un bond boursier de 20% mais des licenciements qui continuent

Après l'annonce d'un potentiel vaccin efficace à 90% par le laboratoire Pfizer , les bourses ont fait un bond inédit. Notamment les valeurs des secteurs les plus touchés par les restrictions sanitaires, comme l'aéronautique avec l'exemple d'Airbus qui a bondit de plus de 18%. Mais dans les entreprises, la réalité des fermetures et licenciements se poursuivent.

mardi 10 novembre

Credits : ShutterStock.com

« Un bond historique ». C’est comme cela qu’est décrite la hausse éclair des différentes bourses, dont le CAC40, dans les minutes qui ont suivi l’annonce par Pfizer et Biontech, respectivement laboratoires états-unien et allemand. « Dans l’autre sens, on appelle ça un krach, mais une telle hausse est tellement inédite qu’on a pas de mot dans le vocabulaire » s’étonnait même un éditorialiste de BFM-business.
 
Dans les valeurs les plus haussières, les compagnies aériennes (Air-France KLM écarterait même la nationalisation qui était évoquée) et les constructeurs comme Airbus, qui a terminé à plus de 18% de hausse. 
On le voit, malgré les rares annonces, lors du premier confinement, selon lesquelles les dividendes seraient suspendus (ce qui relève d’une fausse concession d’ailleurs, puisque suspendre les dividendes pour les verser aux fonds propres de l’entreprise et ainsi renforcer la trésorerie, n’empêche pas de verser le double de dividendes l’année suivante par exemple), les actionnaires ont continué à boursicoter et les patrons à faire du profit. Pour être les premiers à recueillir les fruits quand des annonces vont dans le sens d’une amélioration. 
 
À l’inverse, c’est aux salariés, d’Airbus ou des nombreux sous-traitants, qu’ils ont décidé de faire payer la crise, par des plans de licenciements massifs (annonçant 5000 suppression d’emplois pour Airbus par exemple) et même des fermetures totale d’usine, comme Simair à Colomiers, près de Toulouse. 
 
Et à l’annonce d’un possible vaccin, aucune modification de la dynamique des suppressions d’emplois. C’est même en partie ce qui explique le bond des actions, qui spécule sur un marché de retour "à la normale" plus tôt qu’ils le prévoyaient eux-mêmes (nous avons polémiqué par ailleurs avec ces prévisions optimistes ), mais avec des entreprises "restructurées", saignées d’une grande partie du personnel.
Via d’ailleurs des plans de licenciements financés grâce à l’argent public (le fameux plan de 15 milliards pour l’aéro, qui finance surtout le chômage partiel, les PSE, et les baisses d’impôts pour les patrons).
 
Si la réponse à la crise économique se fait dans le seul l’objectif de garder les intérêts du patronat, le bond sur les bourses montre qu’une éventuelle reprise partielle de l’activité ne changerait rien à cette logique. La raison c’est que la saigné sur l’emploi et les salaires n’est pas seulement une réponse ponctuelle à la crise, mais aussi la base permettant au patronat, dans un scenario de reprise partielle, de concurrencer plus efficacement dans le marché internationale sous tension. Car si la concurrence entre capitalistes s’aggrave en temps de crise à cause de la contraction du marché, elle s’accentue encore ensuite quand la conjoncture économique semble s’améliorer : dans la course entre patrons pour avoir la main dans la plus grande partie du gâteau il est toujours mieux d’être léger en termes de « coûts du travail ». Les sacrifices que le patronat impose aujourd’hui aux salariés sous prétexte de crise seront donc aussi nécessaires demain en cas de reprise.
 
Le bond boursier a été une preuve supplémentaire que pour nos intérêts, nous ne pouvons compter ni sur des annonces de vaccin, ni sur les « aides » du gouvernement ou la bonne volonté des patrons, mais sur nos propres forces. Dans ce sens se préparer au combat des maintenant en commençant par casser la division artificielle qui règne dans le secteur à l’image du Collectif des Salariés de l’Aéronautique il est indispensable. Tirer les bilans des luttes récentes comme celle de Derichebourg ou encore celle d’Onet Airbus, bâtir la solidarité ouvrière autour de l’objectif de lutter pour 0 suppressions d’emploi et 0 baisses de salaire ce sont les premiers pas pour donner une réponse de fond à la crise. Une réponse qui doit passer nécessairement par mettre en cause le fait que les commandes de l’économie restent dans les mans du patronat et subordonné aux intérêts d’une minorité parasitaire.




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