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Crise dans l’aéro

Aéronautique : la moitié des salariés licenciés chez Mecafi

242 licenciements pour 500 employés, c’est le plan de suppressions d'emplois qui est tombé mercredi dernier dans cette entreprise de sous-traitance aéronautique. Frappée comme tout le secteur par une crise profonde et à l’aube d’une période de crise économique majeure, la direction a décidé de sacrifier la moitié des travailleurs de Mecafi dans sa course au profit.

mercredi 15 juillet

 Crédits photo : FTV 

242 licenciements pour 500 employés à Mecafi, c’est le plan de restructuration qui est tombé mercredi dernier lors d’un CSE exceptionnel. Mecafi est une entreprise sous-traitante de l’aéronautique du groupe Nexteam à Châtellerault, qui produit des pièces de précisions principalement pour les moteurs d’avion de Safran. Frappée comme tout le secteur de l’aéronautique par une crise structurelle profonde depuis le début de l’épidémie et à l’aube d’une période de crise économique majeure, la direction de Nexteam a décidé de sacrifier la moitié des travailleurs de Mecafi dans sa course au profit.

Depuis le début mois de juin et la reprise de l’activité dans l’usine, les employés de Mecafi redoutaient un éventuel PSE evoqué par la direction, dans lequel 30 % des emplois étaient menacés. Mercredi 8 juillet dernier, la direction de Mecafi a annoncé son plan de restructuration de l’entreprise qui prévoit finalement 242 licenciements, soit près de la moitié des 500 salariés qui y travaillent encore aujourd’hui. Une attaque qui va frapper de plein fouet les Châtelleraudais qui perdront leur travail dans une période de chômage croissant, où l’heure n’est pas à l’embauche.

En effet, alors que l’État a versé des milliards ces derniers mois pour « sauver » l’industrie aéronautique, l’ensemble des entreprises du secteurs licencie à tour de bras, faisant ainsi payer la crise aux travailleurs. C’est d’ailleurs Safran, le principal donneur d’ordre de l’usine Mecafi, qui a récemment supprimé plus de 15 000 postes à l’étranger, et qui en France tente d’imposer une baisse massive des salaires grâce au recours au chômage partiel.

Des attaques qui, dans le sillage des APC à Derichebourg, à Blanc-Aero, et du PSE d’Airbus, suivi par Stélia et ATR, montrent bien la nécessité d’un plan de bataille commun du secteur face aux attaques patronales que sont les baisses de salaire et les licenciements.

Car si la direction de l’usine de Châtellerault aujourd’hui a peur pour ses profits, c’est bien parce que Safran hier annonçait des suppressions massives de postes, et donc une baisse du carnet de commandes pour les entreprises sous-traitantes dont fait partie Mecafi. C’est donc un combat commun que doivent mener les salariées de Safran et de Mecafi face aux réductions d’effectif ; ainsi que les salariés au sein des grandes filiales aéronautique donneuses d’ordre et les salariés sous-traitants du secteur qui risquent des plans de licenciements massifs, voire des fermetures de site.

L’exemple de la mobilisation coordonnée pour la fermeture des usines non-essentielles en Haute-Garonne pendant le confinement afin de protéger la santé des travailleurs et de leur famille ; et plus récemment l’exemple de la grève menée par les ouvriers de Derichebourg sont autant de signaux positifs en vue de ce qui pourrait être une lutte d’ensemble des ouvriers des entreprises de l’aéronautique, donneuses d’ordres ou sous-traitantes, avec un plan de bataille coordonné pour les milliers de personnes qui ne comptent pas se laisser faire face aux attaques patronales qui s’enchaînent, plus dévastatrices les unes que les autres.




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