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Politique

Dans la continuité des attaques contre la presse

Affaire Benalla. Une journaliste du Monde convoquée par la DGSI pour ses articles

Dans la continuité de l’offensive menée contre les droits de la presse, une journaliste du Monde a été convoquée ce mercredi par la DGSI pour les articles qu’elle a écrit sur l’affaire Benalla et les révélations sur Chokri Wakrim, sous officier de l’armée de l’air, lié à une affaire de corruption avec un oligarque russe.

mercredi 22 mai

Crédit photo : AFP/ Manuel Cohen

Le dernier édito du Monde vient de dévoiler cette nouvelle tentative d’intimidation et de musellement de la presse. Ariane Chemin, une journaliste du Monde, est en effet convoquée ce mercredi 29 mai par les policiers de la DGSI, la Direction générale de la sécurité intérieure, pour les articles qu’elle a sorti autour de l’affaire Benalla, et de Chokri Wakrim, sous-officier de l’armée de l’air, embourbé dans une affaire de corruption avec un homme d’affaire russe. Aux vues du caractère et de la sensibilité de ces affaires, mettant en cause le gouvernement et/ou des institutions d’État ainsi que leur personnel, s’apparente comme une scandaleuse tentative de musellement du droit d’informer et de dénoncer ces scandales d’État. Dans le cadre de l’affaire Benalla, cette tentative de faire taire la presse s’était déjà manifestée, à l’encontre de Mediapart, qui avait en effet été perquisitionné suite aux révélations qu’il avait fait à l’égard du contrat russe. Dans le cas de la journaliste du Monde, la DGSI mobilise la notion de « secret de défense nationale ».

Une pratique qui semble devenir coutumière à l’ère de la macronie, le quinquennat ayant marqué un saut considérable dans l’offensive contre le droit d’informer, amorcée déjà par ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy. Il y a quelques semaines de cela, trois journalistes du nouveau journal d’investigation Disclose avaient eux aussi été convoqués dans les locaux de la DGSI pour avoir enquêté et mis à nu l’usage d’armes françaises dans le massacre des populations civiles au Yemen, mené par l’Arabie Saoudite. Une enquête est actuellement ouverte par le parquet de Paris pour « compromission du secret de la défense nationale ».

Parallèlement à ça, les tentatives de coup de pression et d’intimidation vis-à-vis des journalistes, qui plus est contre la presse indépendante se sont multipliées : perquisition des locaux de Mediapart diligentée par Matignon, dans le cadre également de l’affaire Benalla et des révélations sur le contrat russe, arrestation de plusieurs journalistes couvrant les manifestations de Gilets jaunes, à l’instar de Gaspard Glanz...

Cette nouvelle convocation par la DGSI d’une journaliste ayant participé à publiciser l’affaire Benalla, le plus gros scandale d’État de la Ve République, ayant profondément affaibli le macronisme, représente une nouvelle offensive dans ce contexte généralisé de l’envolée autoritaire du gouvernement, des traits les plus répressif du régime de la Ve République, qui ne cessent de menacer nos droits démocratiques : de manifester, de s’opposer, d’informer…




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