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Politique

Violences policières et racisme d’État

Affaire Zecler : un policier impliqué tourne en dérision le meurtre de George Floyd

Quelques mois après le scandale des violences policières commises à l'encontre de Michel Zecler, des journalistes d'Envoyé Spécial sur France 2 se sont procuré des éléments accablant l'un des policiers impliqués, se moquant notamment de la mort de George Floyd outre-Atlantique.

jeudi 22 avril

Les images du passage à tabac du producteur de musique parisien Michel Zecler par la police avaient fait le tour de la toile. Alors que neuf artistes étaient présents dans son studio d’enregistrement, l’homme avait été victime de violences policières et d’insultes racistes. Et ces images ont fait grand bruit en pleine offensive sécuritaire du gouvernement, alors que la loi sécurité globale, désormais adoptée définitivement, renforce l’impunité des forces de répression et vise à interdire la diffusion d’images de policiers en exercice.

Alors que des centaines de milliers de manifestants protestaient au même moment contre les violences policières et le racisme d’État, Macron et Darmanin eux-mêmes avaient été forcés de condamner ces violences. Nombre de commentateurs politiques avaient évidemment fait le lien avec le meurtre de George Floyd par le policier Derek Chauvin aux États-Unis, filmé et diffusé largement sur les réseaux sociaux quelques mois auparavant, qui a conduit à une vague de lutte anti-raciste à l’internationale et particulièrement en France.

Dans l’affaire Michel Zecler, trois policiers sont mis en cause pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » et les insultes racistes dont témoigne la victime (« sale nègre », « on va te défoncer ») pourraient être considérées comme des circonstances aggravantes. Pour autant, les image de vidéo-surveillance du studio à l’origine de ce scandale sont muettes et dans les interrogatoires des policiers mis en cause, ces derniers ont toujours nié le caractère raciste des violences qu’ils ont commises.

Mais des éléments que se sont procurés des journaliste d’Envoyé Spécial pourraient être ajoutés au dossier, à charge contre l’un des policiers. En effet, dans le téléphone de l’un deux, une image a été retrouvée, datant d’août dernier. Dans cet ignoble montage photo, on voit une capture du meurtre de George Floyd étouffé par le genou de Derek Chavin accompagnée de la phrase « Quand tu dégonfles ton matelas en fin de soirée ». De plus, dans un échange de messages avec l’une de ses proches, le policier propriétaire du téléphone déclare :« Je suis dégoûté que tous ces bâtards soient acceptés en France et que l’on [fasse] rien », puis ajoute « Ben c’est pas du racisme mais tous les bâtards qui foutent la merde ce sont tous les mêmes… ».

Ces nouveaux éléments accablants à l’encontre des policiers ne permettraient toutefois pas d’attester du caractère raciste de l’agression de Michel Zecler, affirment les journalistes de France Info. Et en effet, il y a fort à parier que la Justice de classe permettra une nouvelle fois aux auteurs de ces violences de bénéficier d’une large impunité. Quelques jours après la diffusion des images du tabassage de Michel Zecler, les policiers impliqués avaient tous reçus un message de leur lieutenant : « Sachez que quoi qu’il arrive, pour moi vous n’avez en rien sali notre bel uniforme ».

Si la mobilisation inédite de ces derniers mois a permis la récente condamnation pour meurtre de Derek Chauvin outre-Atlantique, ce système structurellement raciste et répressif dont la police est l’un des principaux piliers continue à engendrer de nombreuses victimes, et les policiers bénéficient toujours d’une large impunité. Les récents éléments éléments révélés par Envoyé Spécial concernant les agresseurs de Michel Zecler n’en sont qu’une preuve de plus.




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