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Politique

Instrumentalisation

Afin de lutter contre l’antisémitisme, Manuel Valls veut.. interdire les manifestations Gilets Jaunes

Invité par RTL jeudi 21 février l’ancien premier ministre et actuel candidat de Ciudadanos à la Mairie de Barcelone, Manuel Valls, a déclaré qu’il aurait fallu interdire les manifestations et frapper « fort et dur des le début » pour lutter contre les actes antisémites perpétrés en marge des rassemblements.

vendredi 22 février

Pour Manuel Valls et pour le Crif, la meilleure façon de lutter contre les actes antisémites en France est.. d’interdire les manifestations. Sur le plateau de RTL, l’ancien premier ministre du gouvernement Hollande qui a participé au dîner annuel du Crif a soutenu ceci : « Quand on a vu au début de ces manifestations des gilets jaunes ces chants repris, cette Marseillaise changée avec les mots de Dieudonné (...), lui qui a unifié, y compris dans la classe moyenne parfois, ce sentiment antisémite, dans des publics très différents qu’on a retrouvé dans les gilets jaunes, il fallait frapper fort et dur dès le début ».

Mesures liberticides et entraves au droit à manifester, ces idées ne sont pas nouvelles chez l’ancien premier ministre. Souvenez vous de l’interdiction des manifestations contre les bombardement israëliens sur Gaza en 2014 et en 2015 ou encore de l’interdiction de la manifestation syndicale du 23 juin 2016, deuxième manifestation syndicale interdite sous la V république, la première interdiction datant du 8 février 1962, une manifestations à l’appel de la CGT et PCF pour la paix en Algérie, où 8 manifestants sont morts par la répression policière. Même en 68 les manifestations ne furent pas interdites.

Contradictoire à première vue, mais logique au fond, Manuel Valls n’a pas de limites. En effet, alors qu’au delà des Pyrénées ce dernier prépare une alliance avec VOX organisation d’extrême droite et antisémite espagnole, il se déclare révolté par l’antisémitisme rampant en France et se pointe au dîner annuel du Crif avec le président Macron. Toutes les cartes sont bonnes à jouer pour maintenir un élan d’espoir d’arriver à nouveau au pouvoir et criminaliser le mouvement social en cours qui représente une réelle épine dans le pied des classes dominantes.

Suivant au pied de la lettre la ligne du Crif, il est revenu sur l’amalgame extrême droite/ extrême gauche en affirmant que « antisémitisme et anti-sionisme unissent l’extrême gauche et l’extrême droite ». Instrumentalisant l’amplification des actes antisémites, gouvernement, lobbys et agents cherchent à discréditer voir interdire, toute critique envers l’Etat d’Israël et sa politique coloniale et criminelle. Envers ses incursions et ses bombardements sur Gaza, ses colonies en Cisjordanie. Et interdire par là même toute critique et dénonciation de la complicité des différents gouvernements français envers les exactions meurtrières du Tsahal dans la frange de Gaza. L’état d’Israel est une pièce maîtresse dans l’échiquier géopolitique au moyen orient, qui assure dans la mesure du possible, les intérêts des puissances impérialistes dans la région.

Ce dernier poursuit ensuite avec la réthorique raciste, empruntée par de nombreux politiciens, y compris dans les rangs de la République en Marche, visant à stigmatiser et tenir pour responsable des actes antisémites les personnes issues des quartiers et la « culture musulmane » : « Cet antisémitisme qui vient aussi de nos banlieues et qui est ancré dans la culture musulmane ». Or, les responsables du racisme structurel qui gangrène nos sociétés sont bien à chercher du côté de l’Etat, de ses institutions, des différents gouvernements, y compris celui d’Hollande qui a notamment souhaité inscrire la déchéance de nationalité dans la Constitution, et de leurs politiques réactionnaires et libérales qui banalisent le racisme et préparent le lit de l’extrême droite.

Outre Manuel Valls, Eric Ciotti a lui aussi proposé d’interdire l’acte XV des Gilets Jaunes pour lutter contre l’antisémitisme.

Pour combattre l’antisémitisme et toutes les autres formes de racisme, mais également son instrumentalisation par la classe politique à des fins de criminalisation du mouvement social, il est nécessaire qu’on le fasse avec nos méthodes, ceux de notre classe, c’est à dire la grève, les blocages et la mobilisation. Ainsi, mobilisons nous massivement ce samedi lors de l’acte XV des manifestations des Gilets Jaunes !




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