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Politique

Quel plan de bataille ?

Age de départ à la retraite : quand les directions syndicales se déclarent « stupéfaites »

Le gouvernement a choisi de s’appuyer sur le Grand Débat pour relancer sa réforme des retraites, avec l’annonce déjà que l’âge de départ sera discuté. Si les propos de Buzyn sont jugés « complètement en dehors des réalités » par Martinez, c’est bien plus que de verbiages dont notre camp social va devoir s’emparer pour faire sauter ce projet.

mercredi 20 mars

« Elle est complètement en dehors des réalités du monde du travail, pour pouvoir dire des sottises - et je suis poli - comme ça », a répondu mardi Philippe Martinez après les déclarations d’Agnès Buzyn, ministre de la santé, allant dans le sens d’un recul de l’âge de la retraite. De son côté Yves Veyrier, numéro 1 de FO a pu tweeter, « Les masques tombent un peu + sur les retraites ».

Au cahier revendicatif de la journée de grève inter-pro de ce mardi 19 mars figurait ainsi, à côté de l’augmentation des salaires, la défense des retraites. Mais ces positionnements ne masquent pas la séparation imposée par les directions syndicales du mouvement des gilets jaunes, et des dates saute-moutons du 5 février, 19 mars et avec maintenant un 11 avril appelé pour les retraités et le 9 mai pour la fonction publique. Alors même que les attaques – politiques et physiques – pleuvent sur les travailleurs, avec ou sans Gilets jaunes.

Ces dates, appelées plus que faiblement émanaient justement de la pression énorme mise sur les directions par les Gilets jaunes et les syndicalistes de la base ne supportant plus la politique de la défaite des directions, se cantonnant à revendiquer une intégration au « dialogue social ». Les aspirations à la grève, à un blocage de l’économie de l’intérieur pour augmenter le rapport de force ne manque pourtant pas, autant du côté des Gilets jaunes que dans les entreprises, contre les manœuvres bureaucratiques de division.

En effet, la mobilisation des Gilets jaunes ne faiblit pas, au contraire, on a vu durant l’acte 18 un regain énorme de participation et de radicalité s’exprimait dans toute la France. Pour autant, le gouvernement, en plus de repartir plein pot sur la casse des retraites, a aussi décider d’accélérer son saut autoritaire avec les annonces de l’exécutif, permettant à terme une criminalisation de toutes les manifestations sociales.

Ce n’est pas de stupéfaction ou d’indignation dont on a besoin, mais d’un plan de bataille gagnant

Les motifs d’indignation ne manquent pas : le projet de refonder le système des retraites vers un système à point afin de faire des économies sur le dos des travailleurs, l’incitation quand ce n’est pas l’obligation de travailler encore plus longtemps pour avoir une retraite un tant soit peu décente, l’amputation des pensions de réversion attaquant de plein fouet les femmes (à 89%) qui sont celles qui touchent les retraites les plus faibles.

D’un côté 6 millions de chômeurs, de l’autre, des milliers de personnes qui se crèvent à la tâche, souvent bien plus que 35h par semaine, mais aussi pendant plus de 42 ans pour ceux qui ont commencé à travailler jeunes, lié au fait que l’age légal soit aujourd’hui à 62 ans. Une aberration qui n’appelle pas qu’à la défense des retraites, mais à un partage du temps de travail entre tous et toutes pour ne plus avoir à passer entièreté de sa vie à travailler pour des retraites et des salaires de misère.

Face à cette attaque historique qui se prépare, dans un contexte explosif qui plus est, ce n’est donc pas de verbiage dont on a besoin, mais d’un plan de bataille qui passe par une date de grève commune et préparée, avec l’organisation d’Assemblée générale pour décider des suites, pour faire reculer Macron dans sa casse programmée de toutes nos acquis sociaux, à grand renfort de répression, judiciaire et policière.




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