^

Notre classe

Vers un plan B ?

3 000 postes menacés chez Air France

La direction d'Air France va encore supprimer des postes. Alors que l'on comptabilise déjà 9000 postes supprimés par la compagnie aérienne depuis 2012, le bilan risque de s'alourdir de 3000 suppressions supplémentaires. Derrière les « départs volontaires » se cachent de nouveaux licenciements. La raison ? Ce serait la faute du syndicat SNPL (Syndicat National des Pilotes de Ligne), qui ne veut pas négocier avec sa direction le plan Perform 2020, qui garantirait à celle-ci le soutien des actionnaires. Mais la raison est évidemment toute autre. Pour augmenter les marges des dirigeants, augmentation de la productivité et suppression d’emplois sont au menu pour les travailleurs. John Strempe

lundi 14 septembre 2015

Qu’est-ce que le plan "Perform 2020" ?

L’an dernier, le plan « Transform 2015 » a été à l’origine de la plus grande grève depuis 1993. Le plan avait pour objectif de réduire les effectifs de 10% et de développer la filière low-cost. Suite logique, le plan Perform 2020 a pour but de faire encore plus d’économie avec la fermeture de plusieurs lignes (Vérone, Vigo, Kuala-Lumpur et Stavanger), la réduction des liaisons vers le Japon, le Brésil et la Russie, et le développement accru de sa filière low-cost (qui amène baisse de salaire, augmentation du temps de travail, baisse du temps de repos…).

Plan A ou Plan B ?

Le plan A de la direction consiste à faire passer ses attaques à travers un accord de compétitivité version Air France. Cet accord, que la direction souhaiterait obtenir d’ici fin septembre avec les différentes organisations syndicales, doit être approuvé par au moins 30% des salariés.

Alors que l’an dernier, le SNPL mettait inexplicablement fin à la grève exemplaire des pilotes d’Air France, qui a duré 14 jours, le SNPL se retrouve aujourd’hui toujours en première ligne avec l’UNSA, chacun représentant 23% des salariés. Pour l’instant, tous deux refusent les négociations au moins jusqu’au 18 septembre. Seule l’UNAC, représentant 22% des salariés, est le seul à vouloir négocier. Cependant le syndicat n’est pas en mesure d’entamer seul les discussions.

En cas d’échec des négociations, la direction prévoit alors un plan B, encore plus brutal. Présenté comme un plan « social » (le troisième en quatre ans), ce plan B conduit à licencier 3000 personnels au sol et 300 pilotes. Même si ces chiffres ont été récemment démentis, il est possible qu’ils soient bien plus élevés. Ce plan prévoit également entre 15 à 20 avions en moins ainsi que de nouvelles fermetures de lignes, afin de garantir aux actionnaires plus de « garanties » (entendons par là plus de bénéfices).

Le prochain rendez-vous est fixé au 18 septembre par le SNPL, qui acceptera de revenir autour de la table des négociations après l’audience qui oppose le syndicat à la direction, suite au bras de fer engagé lors de la grève de l’année dernière. À charge alors aux pilotes et aux syndicalistes combatifs d’éviter que l’histoire ne se répète, et de refuser toute négociation avec une direction qui n’a qu’un objectif : réduire ses coûts et rétablir ses profits.




Mots-clés

Air France   /    Notre classe