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Politique

Fin de la garde à vue pour les salariés d'Air France

Air France : cinq jugements pour une chemise

John Strempe Les cinq salariés d'Air France sont sortis de garde à vue hier, suite à leur interpellation lundi matin, et ont été déférés devant le parquet de Bobigny. Ils connaissent désormais le sort que leur réserve la justice : un jugement le 2 décembre devant le tribunal correctionnel pour violences en réunion.

mardi 13 octobre 2015

De la violence patronale à la réponse légitime des salariés

Suite à leur arrestation chez eux très tôt le matin, suivie d’une garde à vue de plus de 24 heures (dont on connait les conditions déplorables), les cinq salariés d’Air France se sont vus déférés au parquet de Bobigny. Les enquêteurs n’ont même pas pris la peine de les mettre en examen face à un juge car les faits seraient selon eux suffisamment caractérisés pour éviter une enquête sous la direction d’un juge d’instruction.

La justice va vite, très vite, quand il s’agit de juger des salariés. Dans moins de deux mois, leur sort sera donc scellé. Ils seront jugés pour "violence en réunion", ce qui peut leur valoir jusqu’a cinq ans d’emprisonnement et 45.000 € d’amende, simplement pour avoir exprimé leur colère face à la violence patronale, qui compte supprimer 2 900 postes.

Mais cela n’est que le début : au total, ce sont quatorze plaintes qui ont été déposées et une enquête interne à Air France a identifié une dizaine de salariés. Aussi, une vingtaine de salariés se sont vu recevoir une lettre qui mentionne des sanctions à leur encontre : du blâme jusqu’à des prises de mesures disciplinaires qui peuvent découler sur des licenciements.

Hollande tente d’apaiser la situation

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De son côté, François Hollande, mis à mal par des ouvriers de St Nazaire pour ne pas avoir dénoncé la violence patronale, a plaidé pour une préservation de l’emploi afin d’assurer la compétitivité d’Air France. Il a appelé, comme depuis le début de son quinquennat, au « dialogue social » et a dit déplorer la brutalité aussi bien des salariés que des décisions patronales.

Alors que 54% des français comprennent la colère des salariés et que les interventions télévisuelles en soutien aux salariés sont nombreuses, à l’exemple d’Olivier Besancenot ou encore, sur Canal +, de l’ancien conti, Xavier Mathieu, Francois Hollande tente d’apaiser les tensions en invoquant une fois une fois de plus la logique du « dialogue social », en d’autres termes l’accompagnement des contre-réformes par les syndicats, et cela avec en ligne de mire la conférence sociale qui aura lieu lundi 19 octobre.

Une intersyndicale appelle à une mobilisation nationale en soutien aux salariés visés

Face à l’escalade de la répression contre les salariés d’Air France, en plus d’une pétition lancée par la CGT qui a déjà recueilli plus de 5000 soutiens, une intersyndicale regroupant les principaux syndicats (la CGT, FO, Sud et la SNPL) a appelé à la « levée des poursuites et des procédures disciplinaires engagées contre tous les salariés ». Après le rassemblement réussi, ce lundi, qui a réuni, pour dénoncer ces interpellations, entre 200 à 300 personnes devant l’entrée d’Air France Cargo, l’ensemble des organisations syndicales appelle à continuer la lutte, cette fois-ci devant l’Assemblée nationale, le 22 octobre à 13h00.

Pour faire face au gouvernement, à sa justice de classe et contre la direction d’Air France, seule une mobilisation de masse des salariés d’Air France, et d’ailleurs, comme sur les chantiers de STX à Saint-Nazaire, contre la répression des militants et travailleurs combatifs, pourra mettre un coup d’arrêt à ce gouvernement. Il faudra pour cela que les salariés exigent des directions syndicales qu’elles rompent définitivement avec le « dialogue social » qu’elles appellent de leurs vœux, et refusent les plans patronaux. C’est le minimum syndical pour continuer à relever la tête.



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