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Commande historique

AirIndia passe une commande de 70 milliards de dollars à Airbus et Boeing

AirIndia vient de confirmer une méga-commande de 500 avions aux deux avionneurs Boeing et Airbus. Une commande de 70 milliards de dollars qui vont revenir dans la poche du patronat du duopole de l’aéronautique alors que les carnets de commande se remplissent et les cadences augmentent pour les travailleurs, sans augmentation de salaires à l’horizon.

Benoit Barnett

16 février 2023

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La presse spécialisée qualifie cette commande d’historique. La compagnie aérienne Air India a officialisé une méga-commande d’avions aux deux avionneurs Airbus et Boeing après qu’Emmanuel Macron et Narendra Modi, premier ministre de l’Inde, se soient entretenus par visio-conférence. Du côté de l’avionneur français, Airbus remporte 250 commandes avec engagements comprenant 140 A320néo, 70 A321néo et 40 gros porteurs A350. Pour Boeing, ce sont 220 appareils qui se rajoutent au carnet de commande de l’entreprise américaine, dont 190 B737Max, 20 787 Dreamliner et 10 777x. Au total, les deux compagnies devraient empocher 65,3 milliards d’euros.

La part belle revient à Airbus qui, avec cet accord, fait son entrée sur le marché indien qui est aujourd’hui placé troisième dans le transport aérien international. Ce dernier pourrait quadrupler d’ici 2040 avec une prévision de 640 millions de passagers avec le développement du transport low cost de AirIndia Express et des transports long courriers internationaux. La compagnie indienne laisse entendre que de nouvelles commandes pourraient être passées d’ici 2025 selon Airbus, un signal envoyé en direction de ses concurrents du Golfe comme les Emirats. De son côté, l’équipementier Safran fournit les deux avionneurs et profite donc doublement du contrat passé avec la compagnie indienne.

En octobre dernier, Airbus a annoncé avoir dégagé durant le troisième trimestre un bénéfice net de 667 millions d’euros, soit une hausse de 65% par rapport au dernier trimestre. L’avionneur prévoyait de livrer un total d’environ 700 avions en 2022. La validation de la commande d’AirIndia équivaut donc à plus d’un tiers du total de livraisons de l’année précédente. Il est clair que cette annonce réjouit le patronat de l’aéronautique.

Alors que les effets de l’inflation continuent d’impacter le quotidien des classes populaires en France, avec des effets sur les prix des biens de consommation qui devraient atteindre les 10% d’augmentation à partir du mois de mars, le patronat d’Airbus est plutôt en bonne santé et s’est très vite remis des conséquences du COVID-19 sur l’industrie. On ne peut pas en dire autant des ouvriers de l’aéronautique qui, en plus de subir les effets de la crise, doivent suivre l’augmentation des cadences à tout niveau de la chaîne de production, le tout sans augmentations de salaires.

En octobre et novembre dernier, des grèves ont éclaté chez les branches espagnoles et françaises de Airbus avec des revendications autour de l’augmentation des salaires. Par exemple, les salariés de la chaîne d’assemblage de l’A320 (FAL A320) ont mis à l’arrêt leur outil de travail pendant trois jours pour une augmentation de 10% de leurs salaires, pour une revalorisation des primes, pour un retour sur les reculs sociaux imposés pendant le COVID et pour l’embauche des intérimaires. Des revendications partagées par les ouvriers de la FAL A350 ainsi que par ceux de la sous-traitance aéronautique.

La santé de l’entreprise ne s’aligne pas avec des augmentations de salaires ou une amélioration des conditions de travail pour les travailleurs qui permettent à Airbus de remplir son carnet de commande. Si l’entreprise a tenté, en décembre dernier, de calmer la colère de ses ouvriers en mettant en place une prime de 1500 euros, il est encore une fois nécessaire pendant la période de mobilisation sur les retraites de s’organiser pour arracher au gouvernement et au patronat la suppression de la réforme et des augmentations de salaires conséquentes vis à vis de l’inflation.


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