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Airbus. Grève inédite sur les chaînes de l’A320 pour 10 % d’augmentation !

Depuis 6h30 ce matin, une grève majoritaire touche les ouvriers d’Airbus sur les chaînes d’assemblage de l’A320 à Toulouse. Ils revendiquent 10 % d’augmentation de salaires pour pouvoir faire face à l’inflation ! Une grève majoritaire qui rassemble des ouvriers non-syndiqués et de plusieurs syndicats dont CGT et FO.

mardi 18 octobre 2022

Crédits : LIONEL BONAVENTURE/AFP

Lors de la semaine écoulée, deux sous-traitants d’Airbus s’étaient mis en grève : Sabena technics, en charge de la peinture et du décapage des avions et Daher, leader de la logistique pour Airbus. Mais en ce 18 octobre, alors que de nombreux secteurs du monde du travail sont en grève pour les salaires, à la suite des raffineurs, la grève touche même au coeur de l’aéronautique : chez le donneur d’ordre Airbus.

A partir de 6h30 ce matin, plusieurs dizaines d’ouvriers ont posé les outils. Une grève majoritaire qui frappe la FAL A320 (Final Assembly Line, chaîne d’assemblage en français). Un secteur essentiel pour Airbus puisqu’il s’agit du secteur où les cadences sont les plus rapides, actuellement un avion est démoulé par jour ! Et pour cause, l’A320 est le produit phare d’Airbus, celui qui se vend le mieux et qui remplit les carnets de commande !

L’équipe d’après-midi a également débrayé.

La colère ne vient pas de nulle part. Dans toute l’aéronautique, les ouvriers l’ont en travers d’avoir travaillé d’arrache-pied pendant la pandémie, avec à l’arrivée des plans de licenciement, des baisses de salaire et des augmentations de cadence : faire plus avec moins de personnel ! C’est d’ailleurs déjà de la prestation de l’A320 qu’était partie la grève des Daher de la semaine dernière.

Les grévistes revendiquent en premier lieu une revendication générale de 10 % des salaires face à l’inflation. Une revendication que portent par exemple les raffineurs, mais désormais des ouvriers dans des dizaines et des dizaines d’entreprise : il s’agit tout simplement d’une nécessité vitale pour finir les fins de mois !

Le communiqué de la CGT Airbus liste les autres revendications pour revaloriser des primes, revenir sur les reculs sociaux imposés pendant le Covid et l’embauche des intérimaires. Il s’agit en effet d’un des principaux facteurs de division dans l’aéronautique qui permet à Airbus (et à échelle de toute la branche) de tirer les conditions de travail et les salaires vers le bas, et empêche bien souvent les travailleurs précaires de faire grève ! Les revendications des ouvriers de l’A320 vont dans le sens de l’unité entre tous les travailleurs, peu importe le statut, et ce sera le seul moyen d’obtenir des victoires.

Une unité qui se matérialise dans cette grève prise à l’initiative d’ouvriers non-syndiqués et syndiqués de différents syndicats et notamment de Force Ouvrière. Une poussée de la base ouvrière qui contredit immédiatement la ligne annoncée par la fédération FO Métaux. En effet, alors que FO nationalement appelle à la grève aujourd’hui dans tous les secteurs, la fédération métaux a cependant fait savoir qu’elle s’y opposait] : « Le blocage du secteur des carburants la semaine dernière a débouché sur la volonté d’aboutir à une grève générale dans le pays. A FO Métaux, nous ne faisons pas de politique ! ». Chez Airbus, la direction de FO parle d’une « décision coordonnée avec l’ensemble des syndicats FO du groupe Airbus », prétextant d’un « dialogue social » qui permettrait selon eux d’obtenir des acquis chez Airbus. Et de conclure : « FO n’a pas vocation à foutre le bordel ».

La grève des ouvriers de l’assemblage de l’A320 sonne comme un puissant démenti ! La question des salaires et de l’inflation est bien en train de devenir une question politique qui touche l’ensemble des travailleuses et des travailleurs du pays et qui réveille la colère de nombreux secteurs, y compris où l’on a pas eu l’habitude de voir beaucoup de grèves ces dernières années le vase déborde. Le mépris patronat joue peut-être presque autant que l’inflation : pas de reconnaissance du travail effectué pendant la pandémie, et quelques vagues primes vite évaporés en quelques pleins ou en quelques caddies de course.

Voilà le message qu’envoient les grévistes : « il faut des augmentations de salaire ! ». Un message envoyé d’autant plus fort que cette revendication met en mouvement des ouvriers qui ont travaillé pour que leurs patrons se fassent des profits exceptionnels sur leurs dos : c’est le cas à Peugeot, à Total, et aussi désormais à Airbus !



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