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Jeunesse

Témoignage

Aix-en-Provence : "Nous luttons pour le présentiel, mais aussi une hausse des moyens à la fac"

Nous publions le témoignage d'un étudiant d'Aix-en-Provence mobilisé. À la faculté d’Arts, Lettres, Langues et Sciences Humaines d'Aix-en-Provence, une partie des étudiants s'est organisée pour la réouverture de l'université dans des conditions sanitaires adaptées. Ils ont occupé un amphithéâtre et ont permis à un cours en présentiel de se tenir.

samedi 6 février

Tout commence le vendredi 29 janvier : une réunion publique annoncée sur les réseaux sociaux, suite aux différentes manifestations en faveur de la réouverture des facultés, visant à déterminer la manière dont nous allions mener la lutte dans les jours qui suivraient. Lors de cette réunion, il a été décidé à l‘unanimité (excluant les rares abstentions) que le lundi suivant nous irions occuper la faculté d’Arts, Lettres, Langues et Sciences Humaines (ALLSH). Le lundi venu il nous a suffi d’une simple attestation de fracture numérique pour entrer dans la faculté, malgré nos pancartes et drapeaux. Cette formalité passée, nous nous sommes tranquillement installés dans un amphithéâtre, afin de commencer notre installation. Ici nous avons rencontré notre premier problème : à part les étudiants syndiqués, et/ou présents lors de la réunion, très peu d’autres étudiants se sont rassemblés. Nous étions seulement une trentaine sur toute la journée, mais nous avions la camaraderie et l’espoir de meilleur lendemain. Par chance, l’un des étudiants présents dans l’amphithéâtre a réussi à convaincre un professeur de donner cours en présentiel le lendemain, au nez et à la barbe de la doyenne.

Ce qui nous amène donc à la journée du mardi 4 février. Nous accueillons ledit professeur dans l’amphithéâtre que nous occupons afin qu’il puisse faire cours. Au bout d’une heure, notre doyenne débarque, furieuse, déclamant notre irresponsabilité. Il faut savoir que nous avions un protocole sanitaire très strict et complet, avec distanciation sociale et tout ce qui s’en suit. La doyenne nous menace de conseil disciplinaire, voire de nous envoyer la sécurité de l’université. Madame Warthon a donc décidé, puisque l’amphithéâtre était commun avec la faculté de droit voisine, de faire appel à son homologue afin de ne pas avoir à prendre la décision quand à notre expulsion de l’amphi. Nous avons donc quitté cet amphithéâtre pour en rejoindre un autre, qui, cette fois, ne serait commun à aucune autre fac. Malheureusement, ce long événement nous a mis du plomb dans l’aile, et très peu d’étudiant sont revenu le lendemain (les professeurs nous ayant aussi lâché, légitimement, après l’incident) pour vous dire nous n’étions plus que cinq. Cela sonna le glas de la première étape de notre courte mais audacieuse aventure.

Il nous est apparu que l’une de nos tâches était de se rapprocher des professeurs. En mettant au centre l’initiative des professeurs, nous mettions au centre leurs revendications pour plus de moyens humains et matériels à l’université. Nous devons proclamer haut et fort que nous ne luttons pas seulement pour le retour en présentiel ; mais aussi pour les moyens qui l’accompagnent. En somme, que nous luttons pour une hausse des moyens alloués aux universités.

En ce qui concerne l’analyse qui pourrait être menée sur les possibilités de mobilisation étudiante en pleine crise épidémique, ce que la réalité du terrain nous a enseigné, c’est que notre simple enthousiasme ne suffirait pas à mobiliser les étudiants. Il nous est aussi apparu que l’organisation et la communication était au centre de la lutte. Bien que nous en ayons déjà conscience, nous avons tout de même négligé cet aspect-là. Nous n’avions eu que deux jours pour communiquer autour de la mobilisation, et nous avions aussi fait preuve de bien peu d’organisation. Nous naviguions à l’aveugle, ce qui nous a porté préjudice.

Si la mobilisation étudiante est encore faible aujourd’hui, les jeunes ont des milliers de raisons d’être en colère. Nous restons déterminés à poursuivre notre mobilisation par la participation aux manifestations ; et nous ne perdons pas espoir de relancer la mobilisation étudiante contre ce gouvernement qui méprise la jeunesse ; car les lendemains qui chantent ne seront que le fruit de notre lutte !




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