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Monde

Contre le régime FLN

Algérie. A Paris des milliers de manifestants contre la prolongation du 4ème mandat

En Algérie comme à Paris, les manifestations contre le régime FLN se poursuivent malgré les manœuvres du gouvernement.

lundi 18 mars

Photo : Stephane de Sakutin, AFP

Ce dimanche ce sont encore 5000 personnes qui se sont rassemblées sur la Place de la République à Paris, pour protester contre le régime de Bouteflika, la prolongation de son quatrième mandat et le soutien affiché par le président français Emmanuel Macron au nouveau gouvernement. L’euphorie était de mise dans un contexte où en Algérie ce sont 15 millions de personnes qui sont descendues dans les rues vendredi dernier, et ici où l’acte XVIII des Gilets Jaunes a marqué un regain de radicalité. Ainsi l’ampleur des manifestations redonne confiance dans la mobilisation des masses populaires pour gagner contre ces gouvernements aux accents autoritaires, qui imposent austérité et contre-réformes libérales aux populations.

Si depuis le 22 février en Algérie, le vendredi est devenu le jour de manifestation nationale contre le régime de Bouteflika, la diaspora algérienne en France a également pris les devants et se rassemble notamment tous les dimanches Place de la République à Paris. Et ce n’est pas la dernière manœuvre du président algérien, qui tout en renonçant à se présenter pour un cinquième mandat prolonge son quatrième, qui va calmer la colère du peuple algérien.

Car personne n’est dupe de la tentative de Bouteflika pour se maintenir au pouvoir coûte que coûte, preuve en sont les manifestations massives de vendredi dernier où l’on a pu voir 15 millions de personnes descendre dans les rues d’Alger, Oran, Constantine et toutes les villes du pays, tandis qu’à Paris la communauté algérienne francilienne était également au rendez-vous. Cette dernière est non seulement solidaire avec la mobilisation au pays contre les politiques qui l’ont poussé à émigrer, mais ne peut pas non plus rester indifférente au contexte français où les Gilets Jaunes continuent de faire trembler Macron après quatre mois de manifestations. Surtout que celui-ci a récemment « salué » la décision de Bouteflika de prolonger son mandat, au mépris de tout principe démocratique élémentaire.

Ainsi le rapport entre l’Etat français et le pouvoir politique algérien est clair : Bouteflika reste (en tout cas pour le moment) le président qui peut préserver les intérêts des grandes entreprises françaises en Algérie, au mépris des revendications exprimées par la majorité du peuple algérien. A la collaboration des classes dominantes entre elles, il faudra opposer la solidarité des peuples.

Si aujourd’hui les contradictions entre l’impérialisme et les intérêts des travailleurs, des chômeurs, des femmes, des harragas éclatent au grand jour en même temps qu’apparaissent les conditions pour faire faire tomber le régime de Bouteflika, la question se pose désormais de savoir par quoi le remplacer.




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