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Politique

De l'air, ouvrez les frontières !

Algérie, Maroc, Tunisie : Macron durcit l’octroi de visa et continue sa politique anti-migrants

Le gouvernement français décide de durcir sa politique migratoire envers l’Algérie, la Tunisie et le Maroc en baissant drastiquement le nombre de visas octroyés. Cette décision marque le renforcement d’une politique migratoire répressive, alors que plus de 1.000 personnes sont mortes dans la Méditerranée cette année.

mardi 28 septembre

Crédit photo : AFP

Le gouvernement Macron décide de diviser par deux l’octroi des visas aux ressortissants de l’Algérie et du Maroc et de passer à 30% pour la Tunisie. Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement a confirmé cette « décision drastique et inédite » au micro d’Europe 1 ce mardi 28 septembre. Il justifie cette nouvelle mesure réactionnaire en invoquant le « manque de coopération » des pays comme le Maroc, l’Algérie et la Tunisie. Ces derniers refuseraient de délivrer les laissez-passer consulaires, ce qui entraverait les expulsions et la chasse aux migrants menée par le gouvernement.

Le renforcement d’une politique migratoire répressive

Cette mesure s’inscrit dans le cadre du renforcement répressif de la politique migratoire française, entamé depuis déjà quelque temps. Ce durcissement des conditions d’octroi des visas s’inscrit clairement dans la droite lignée de la loi Asile et immigration votée en septembre 2018.

En réalité, cette mesure ne va que justifier le renforcement d’une chasse aux migrants toujours plus acharnée et toujours plus criminelle. Le porte-parole du gouvernement rappelle que la réduction des procédures d’expulsion ainsi que la limite à 6 mois pour l’examen des dossiers de demande d’asile sont des mesures phares de la loi Asile et immigration. Celles-ci ne font que réduire le délai de recours et complexifier les demandes d’asile – ce qui sape les droits élémentaires des personnes migrantes.

A travers cette annonce, c’est une nouvelle avancée dans le tournant répressif et la chasse aux migrants puisqu’en octroyant moins de visas pour les ressortissants de ces pays, le nombre de personnes en situation irrégulière risque d’augmenter et avec lui les OQTF (obligations de quitter le territoire français). 

Une punition collective pour les immigrés maghrébins en France et leurs familles

Si cette mesure est un moyen de pression sur les gouvernements de l’Algérie, de la Tunisie et du Maroc qui sont présentés comme irresponsables, elle apparaît aussi comme une véritable punition collective à la fois pour les populations concernées mais aussi pour la diaspora maghrébine en France.

D’après les chiffres d’Europe 1, sur les six premiers mois de l’année 2021, deux demandes de visa sur trois faites par l’Algérie ont été accordées par la France, ce chiffre pourrait donc être divisé par deux dans les six prochains mois. Cette décision impactera sans aucun doute les quelque 4,3 millions de personnes de la diaspora maghrébine (chiffre de l’INSEE 2018) présentes en France ainsi que leurs familles qui se verront de ce fait plus facilement refuser l’entrée que ce soit pour faire leurs études, rendre visite à leurs proches ou encore accéder à des services médicaux. Pourtant, obtenir un visa pour étudier en France relève déjà du parcours du combattant notamment pour les étudiant.es maghrébin.es avec une liste de justificatifs à fournir toujours plus longue et des conditions d’accueil déplorables. Alors qu’entre janvier et juin 2021, 1.146 personnes sont mortes en tentant de traverser la mer Méditerranée, cette nouvelle décision du gouvernement français est criminelle.

« Il n’y a pas de visa pour piller l’Afrique ! »

A six mois des présidentielles, Emmanuel Macron et son gouvernement continuent donc de donner des gages à l’électorat de droite et mènent une politique réactionnaire nauséabonde sur la question de l’immigration.

Alors que l’État français pille et exploite les pays du Maghreb, ce qui force les populations à s’exiler, ce nouveau coup politique de la macronie montre que le contrôle des flux humains est à sens unique. De l’autre côté de la Méditerranée, les gouvernements marocain, algérien et tunisien ne sont que les complices de cette politique puisqu’ils s’adonnent à un jeu diplomatique macabre qui met en danger leurs propres populations.

Comme le souligne notre camarade Anasse Kazib, candidat à la présidentielle, dans son tweet, « il n’y a pas de visas pour piller l’Afrique » dénonçant de ce fait l’hypocrisie de la décision d’un gouvernement qui ne fait que semer la misère ici et ailleurs par ses politiques impérialistes. Face à ces mesures répressives et racistes, la candidature d’Anasse Kazib se positionne résolument contre la politique impérialiste de l’Etat français, pour l’ouverture des frontières et pour la régularisation de tous.tes les sans-papiers ! 




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