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Monde

Algérie. Sous la pression des masses, le régime joue la carte du « dialogue »

Alors qu’il était opposé à toute « discussion » depuis le début mouvement populaire, le président par intérim Ben Salah désigne six « personnalités », dans le but de « dialoguer » et de « garantir des élections transparentes ». Après 5 mois de mouvement qui ne faiblit pas, cet appel au dialogue sonne comme une énième manœuvre du régime pour calmer la contestation.

vendredi 26 juillet

Dans l’espérance de calmer les manifestants et pour faire face à une contestation qui se maintient, le régime se voit obligé d’entamer pour la première fois depuis 5 mois, une tentative de semblant de « dialogue ». Le président par intérim Ben Salah a reçu 6 personnes – 6 sur les 12 personnes initiatrices du « forum civil » – désignées par lui-même dans le but de « superviser le dialogue » et de « garantir des élections transparentes », d’après le communiqué de la présidence. Et pour donner une crédibilité à la manœuvre, Ben Salah invite la justice à examiner la possibilité de libérer les manifestants arrêtés, et s’est dit prêt à « prendre les mesures de nature à faciliter l’accès aux médias publics à toutes les opinions, à travers l’organisation des débats contradictoires et ouverts à toutes les expressions politiques, sans exclusivité », des mesures demandées par les « personnalités » afin de répondre à certaines des aspirations des manifestants.

Par ces propos et ces engagements, le Régime charme clairement l’opposition libérale, dont une partie prend ce geste pour une « avancée » et un « pas en avant , » ou encore « un premier pas vers la satisfaction des préalables au dialogue exprimés par la rue et la classe politique qui ont exigé la libération des détenus d’opinion », peut-on lire dans la presse. Ces engagements d’« avancée démocratique » qui séduisent d’ores et déjà une partie de l’opposition ont longtemps été usés par le régime algérien en place pour en arriver aux résultats d’aujourd’hui, à savoir : des travailleurs grévistes menacés, des militants politiques emprisonnés – parfois morts en prison –, des journalistes visés, et une télévision publique qui demeure toujours un instrument de propagande.

L’illusion est vite démasquée, ce vendredi 26 juillet, où les manifestants à Alger se sont retrouvés face un important dispositif policier, tout aussi important que celui des semaines passées, avec barrages filtrants, arrestation des voitures hors de la wilaya [division administrative] d’Alger.

Ces pratiques, encore une fois décrédibilisent la stratégie politique et les promesses de Ben Salah, homme d’appareil qui s’inscrit dans une pleine continuité du « système » et qui ne répond aucunement aux aspirations sociales et démocratiques des manifestants qui réclament un changement radical d’un système que les larges masses populaires subissent de plein fouet à travers le chômage et la pauvreté.

Face à ces pratiques répressives et manœuvres politiciennes dans le but d’assurer la continuité du régime en place, et une opposition « démocratique » incapable de dénoncer la répression qui s’abat sur les travailleurs grévistes à l’instar de ceux de Sonelgaz de Tizi Ouzou, les masses populaires n’ont pas à remettre leur destin aux mains de politiciens et à négocier leurs sort avec l’actuel gouvernement. Il est nécessaire que les travailleurs, femmes, jeunesses populaires s’organisent sur les lieux de travail, d’études, les quartiers et villages, et se dirigent vers une assemblée constituante révolutionnaire afin de répondre aux besoins sociaux et démocratiques, ainsi que d’acter la libération des détenus politiques.




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