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International

Grève en Europe

Allemagne. Le premier syndicat du pays appelle à la grève contre l’inflation

Face à l'inflation, le plus grand syndicat allemand IG Metall appelle à la grève ce samedi dans la métallurgie et l'industrie électrique. Un mouvement d'une ampleur inédite, signe de la vague de grève que connait actuellement l'Europe.

lundi 31 octobre

Le syndicat IG Metall, des travailleurs de la métallurgie et de l’industrie électrique, réclame une augmentation de 8 % face à l’inflation (qui est déjà supérieure à 10 %). Fort de près de 2.26 millions d’adhérents, le syndicat appelle à une grève ce samedi face au refus des entreprises de négocier des augmentations de salaires.

Pour imposer cette revendication IG Metall, le plus important syndicat du pays, a ainsi appelé à une grève pour ce samedi dans l’important secteur de la métallurgie et de l’industrie électrique dans lequel travaillent 3,8 millions de salariés. L’inflation en Allemagne atteint déjà dix pour cent et les entreprises du secteur métallurgique ont refusé d’offrir une augmentation de salaire. Elles préfèrent proposer une prime de 3000 euros en prétendant que celle-ci serait suffisante pour ne pas avoir à faire face à d’autres augmentations de salaire pendant au moins 30 mois. Cette annonce a été accueillie avec colère par les ouvriers métallurgistes et électriciens.

En réalité, même les revendications du syndicat IG Metall sont insuffisantes. Ce dernier ne demande qu’une augmentation de 8 % sur une période de 12 mois, alors que selon l’Office fédéral de la statistique, les prix des denrées alimentaires augmenteront de 18,7 % et ceux de l’énergie de 43,9 % au cours de la même période.

Cinq des sept branches régionales du syndicat, dont la branche de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, particulièrement forte dans l’ouest du pays, organiseront des "grèves d’avertissement" à partir de samedi.Ces arrêts de travail coordonnés, qui sont d’une durée limitée, font généralement partie des négociations salariales en Allemagne. La durée de la grève n’a pas encore été annoncée, mais les négociations devraient reprendre le 10 novembre.

La grève des métallurgistes allemands, qui rejoignent ainsi les cheminots, postiers, enseignants et dockers britanniques, et les raffineurs français illustre la force de la vague de grèves que connait actuellement l’Europe, d’une ampleur qu’on n’avait pas vu depuis des décennies. On assiste en effet à un phénomène comparable dans les trois pays, où les travailleurs font pression pour éviter de voir leurs revenus diminuer et devoir payer pour la crise et l’inflation. Cependant, dans tous ces cas les directions syndicales appellent à des grèves isolés, sans coordination et avec peu de suites. Au Royaume-Uni, malgré le caractère massif des manifestations et de certaines grèves, celles-ci sont menées de manière discontinue et sans synchronisation entre les différents secteurs ; une perspective qui menace également les travailleurs allemands qui débutent la grève. Au contraire des « grèves d’avertissement » et des batailles isolées, une véritable stratégie sera nécessaire pour construire des grèves de grande échelle et arracher l’augmentation au-dessus l’inflation de tous les salaires et minimas sociaux, tout comme leur indexation sur l’inflation.



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