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Allemagne : après le déconfinement, la diffusion du coronavirus augmente à nouveau.

Dans des pays où l’épidémie semblait être maîtrisée, comme en Allemagne, de nouvelles infections après le déconfinement sont à observer. Cela révèle la fragilité des mesures sanitaires prises en parallèle des déconfinements exigés par le patronat. Face à ce risque, les gouvernements ont l’intention de serrer la vis avec une politique et des mesures autoritaires.

mardi 12 mai

L’Allemagne, un modèle quant à la gestion de la crise ?

Depuis trois semaines, l’Allemagne a levé son confinement et cette semaine le gouvernement a donné son autorisation à l’ensemble des magasins, cafés et hôtels pour reprendre une activité normale. Jusqu’ici, l’Allemagne faisait figure de bon élève de la zone euro dans sa gestion de la crise, avec sa politique de prévention et de tests massifs qui semble avoir porté ses fruits, et des chiffres qui comptabilisent quatre fois moins de morts qu’en France par exemple. Mais depuis plusieurs semaines, les scientifiques s’inquiètent quant au risque d’une seconde vague, et de nouvelles infections semblent démontrer cette hypothèse. Après avoir annoncé un retour à la normale face au virus, l’Institut national de virologie Robert Koch chargé de surveiller l’évolution de la pandémie, a enregistré ce dimanche une hausse du taux d’infection, qui repasse à un stade considéré comme dangereux. Bien qu’il soit encore trop tôt pour tirer des conclusions, l’Institut prévient qu’il va falloir surveiller de près ces chiffres d’ici les prochains jours.

Alors qu’Angela Merkel et son gouvernement ont décidé de relancer l’économie coûte que coûte malgré la crise sanitaire, un plan progressif a été mis en place pour permettre que cette semaine l’ensemble des établissements restaurants et bars soient réouverts. Et ce accompagné d’une relance de grands groupes industriels comme Volkswagen qui a réouvert ses usines depuis le 6 avril. Une décision qui a été vivement critiquée par le milieu médical qui préconisait des restrictions sanitaires impliquant la fermeture de ces éventuels clusters dans les zones industrielles pour trois semaines encore.

Et ces préconisations se sont vérifiées dans les conséquences de la politique qu’a mené le gouvernement allemand quant à la réouverture des lycées pour les élèves passant leur bac, qui ont repris les cours dès le 20 avril. Pour plusieurs établissements scolaires, il a fallu fermer de nouveau les portes avant même de les avoir ouvertes alors qu’on découvrait déjà des cas d’infection, en faisant de possibles clusters de contagion.

Cette semaine, ce sont trois cantons allemands qui ont dépassé la limite autorisée du nombre de nouvelles contaminations dans le plan du déconfinement, dans des maisons de retraite et dans des abattoirs, tandis que cinq autres se rapprochent du seuil selon les statistiques publiées par l’institut RKI. Face à cette situation, l’exécutif a tenté de réagir en imposant le port du masque obligatoire ; mais cette mesure ne suffit pas si les transports sont bondés et si des mesures ne sont pas prises pour réellement protéger les vies de milliers de travailleurs contraints à continuer de travailler.

La fin de l’illusion de "l’union nationale”

Face au risque d’une seconde vague, le gouvernement semble faire face à une crise qui marque la fin de l’illusion pour l’union sacrée qu’il avait voulu imposer et qui dans le pays avait été très effectif dans un contexte où exécutif et grandes entreprises avaient voulu relancer l’économie à tout prix. La concurrence internationale dans cette pandémie arrive à son nouveau paroxysme, et l’Allemagne est directement impactée par les guerres commerciales entre les États-Unis et la Chine, qui lui réduisent ses marges de manoeuvre.

L’opinion publique se montre de plus en plus opposée aux mesures restrictives nouvelles que cherche à imposer le gouvernement face aux nouvelles infections.
Des contours de plus en plus autoritaires qui se profilent en France de la même façon, peut être à un niveau encore plus poussé par les dernières expériences de lutte des classes des Gilets Jaunes au mouvement contre la réforme des retraites et à la contestation dans les quartiers populaires contre des violences policières quotidiennes ; aujourd’hui ces perspectives d’un régime de plus en plus autoritaire et qui fait payer la crise aux travailleurs en rognant sur leurs acquis comme pour le code du travail, sont l’avenir auquel nous devrons faire face si nous ne nous organisons pas dès maintenant.




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