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Alliance LR-LREM : Macron cherche à fracturer la droite sous pression du RN

Avec l'annonce par Jean Castex d'un accord entre le candidat LR et la LREM en région PACA, la droite se déchire. L'alliance réalisée par LREM est un coup politique de Macron qui cherche à faire exploser Les Républicains en vu des élections présidentielle de 2022.

lundi 3 mai

Crédits photo : POOL New / Reuters

Le premier ministre a annoncé dimanche un accord qui prévoit le retrait de la liste En Marche aux élections régionales en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, au profit de Renaud Muselier, actuel président LR de la région. En conséquence, certains membres de l’ancienne liste LREM devraient être sur la liste LR.

Cette alliance, justifiée au nom d’un barrage contre le Rassemblement National, déchire le parti Les Républicains qui se retrouvent aujourd’hui encore plus tiraillés entre l’extrême-droite et la politique de plus en plus réactionnaire de Macron. L’accord a rendu furieux Christian Jacob, le président des Républicains, qui a déclaré que Renaud Muselier « ne pourra pas bénéficier de l’investiture LR ». Aussi, Eric Ciotti va même jusqu’à qualifier cet accord de « coup de poignard » et déclare que pour lui, Renaud Muselier « ne fait plus partie des Républicains ». De son coté, Xavier Bertrand a déclaré sur BFMTV : « Cet accord est irresponsable. Il fait du RN le seul opposant. Il nous conduira au déshonneur et à la défaite ».

Macron appuie sur les contradictions de LR

C’est dans la perspective des présidentielles que cet accord électoral vient appuyer sur les contradictions du parti Les Républicains qui, d’un coté, est aspiré sur sa droite par le Rassemblement National, et, de l’autre coté, sur sa gauche par LREM dont la politique réactionnaire parle à certains secteurs de la droite. Le porte parole du gouvernement soulignait d’ailleurs cette contradiction ce dimanche : « Vous avez aujourd’hui chez LR, ceux qui veulent construire avec nous et ceux qui veulent pactiser avec le Rassemblement national ».

Il s’agit là d’un symptôme de plus de la décomposition des partis traditionnels en France, avec un risque d’explosion des Républicains que craint le député LR Julien Aubert qui déclarait sur France Info qu’il « ne faut pas être grand devin pour comprendre que les Républicains risquent d’exploser ». Un autre député du parti, Fabien Di Filippo, affirme clairement que « le but caché » est simplement de « nous détruire ».

Avec la politique autoritaire et réactionnaire du gouvernement, qui s’incarne dans les récentes lois liberticides, racistes et islamophobes (loi sécurité globale, loi sur le séparatisme, loi anti terroriste etc...), la droite avait déjà du mal à exister comme une opposition crédible à Macron. Dans la continuité, l’objectif de LREM clairement affiché est celui de s’imposer comme leader à droite en prenant l’espace difficilement occupé par LR. En témoigne Jean Castex qui se félicite de cet accord en avançant que c’est « un exemple de la recomposition politique ».

L’illusion macroniste d’un front républicain en 2022

Malgré ce coup réussi de la part de Macron, l’objectif de réussir à nouveau à former un front républicain face à l’extrême-droite risque de s’avérer beaucoup plus compliqué, surtout après toute l’offensive réactionnaire menée par le gouvernement durant la dernière séquence politique. Si elle cherche actuellement à diviser l’appareil de LR pour rallier certains électeurs, LREM reste un parti avec une faiblesse structurelle énorme qui recueille très peu d’adhésions, avec une base électorale très restreinte et un manque criant d’implantations en termes d’élus locaux. Cela s’était déjà vérifié lors des élections municipales, où le parti avait obtenu seulement 2,2 % des suffrages exprimés. La seule carte à jouer pour Macron reste celle d’apparaître comme le candidat le plus à même de faire « barrage » au Rassemblement National, même si cela risque de s’annoncer beaucoup plus difficile qu’en 2017.




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