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Jeunesse

Coup de gueule étudiant

Allô Frédérique Vidal ? Les étudiants veulent des thunes, pas une hotline

Pour la jeunesse qui en a marre d’être pris pour du bétail, une seule solution, un seul numéro : le 5 décembre aux côtés des grévistes contre Macron et sa hotline pourrie. Nous relayons ci dessous le "coup de gueule" que nous a transmis un étudiant.

mardi 19 novembre

Quand les classes dominantes ne répondent plus

Oh, Frédérique, sérieux là, tu te foutrais pas un petit peu de notre gueule ? A moins que ton numéro me permette de me faire de l’argent rien qu’en l’appelant, tu peux toujours garder ta hotline.

Alors. Résumons un peu, parce que j’en ai gros là. Donc un étudiant s’immole en dénonçant la précarité massive qui afflige une frange importante du milieu étudiant ; accuse directement Macron et les gouvernements successifs d’être responsable de sa mort, et toi, Frédérique Vidal, Ministre de l’Enseignement Supérieur, tu nous sors quoi du chapeau ? Un numéro d’urgence. UNE HOTLINE. Et encore, UNE HOTLINE D’ICI LA FIN DE L’ANNÉE. Mais vraiment, laisse-moi te dire que si j’avais de quoi me le payer, mais j’aurais fêté une telle nouvelle tant elle me transporte de joie.

Bon, j’imagine que c’est ta solution miracle, le numéro magique du Père Noël, puisque tu avais déjà proposé (toi et ton gouvernement) aux urgences et aux femmes victimes de violence d’appeler un numéro.

Je vais donc maintenant pouvoir joindre un robot au téléphone – ou un travailleur tout aussi précarisé – qui NE POURRA ABSOLUMENT RIEN FAIRE A MA SITUATION. Le Crous, on n’est je sais pas combien à l’avoir déjà appelé pour lui transférer de la paperasse et d’autres documents pas possibles. Mais le problème, c’est pas tellement les papiers, ou plutôt c’est les papiers qu’il faut : de la THUNE. On veut des billets verts.

Ah, et sur le point de la hausse des bourses, non content d’expliquer qu’il n’y plus d’argent à mettre sur la table (tout a déjà a été volé par le patronat, merci le CICE) tu nous expliques que c’est la faute des étudiants eux-mêmes s’ils n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois !

Voilà ce que tu déclarais ce matin sur RTL : « « Nous venons d’augmenter les bourses avec 46 millions supplémentaires, » […] « 5,7 milliards d’euros consacrés aux aides étudiantes - bourses, aides d’urgences... - sont sous-consommées. Il en reste 15 millions chaque année. »

Bon. A ce niveau je suis en train de me masser les tempes et les paupières. S’il y a bien quelque chose qui est sous-consommé, c’est mon de budget et le frigo de milliers d’étudiants qui n’ont pas de quoi subsister, se soigner, faire leurs courses, se payer une sortie au théâtre, au cinéma, entre amis ou que sais-je.

1700 euros payés par le patronat, ici et maintenant

Alors je vais l’appeler ta hotline, et je vais lui susurrer mon programme au creux de l’oreille : FIN DE LA PRÉCARITÉ ÉTUDIANTE.

Je vais faire simple, pour que le gouvernement - et les syndicats étudiants qui quémandent à la porte du gouvernement – puisse comprendre vite et bien : je ne veux pas de hotline, je ne veux pas de tes « restes » de bourses ni de tes miettes de fond de tiroir. Ce que je veux – ce dont les étudiants ont besoin pour ne pas crever et vivre dignement – c’est de bourses à hauteur du SMIC et que ce dernier soit revalorisé, pour pouvoir étudier sereinement, se payer de quoi se loger, nourrir et s’amuser, et ne pas traîner une carcasse malade d’amphis en amphis dans la crainte de l’avenir pour finir par sortir diplômé de je sais pas quelle filière et devoir ensuite distribuer des flyers sur une aire d’autoroute pour la Startup Nation.

Eh oui, je veux KIFFER MA VIE. Et pour ça, il va falloir que d’autres apprennent à se serrer la ceinture, si tu vois ce que je veux dire.

C’est plus possible et il va falloir cracher du cash maintenant. Parce que du cash il y en, dans les poches de Bernard Arnault (j’ai vu des billets dépasser) ; il y en a dans les caisses des grosses boîtes (ça fait CLING CLING). Alors c’est pas compliqué : on taxe les hautes fortunes pour financer les bourses étudiantes, un impôt TRÈS progressif. T’as vu, c’est plus facile à mettre en place qu’une hotline pas vrai ?

Pour la jeunesse qui en a marre d’être pris pour du bétail, une seule solution, un seul numéro : le 5. (Le 5 décembre, si t’as pas compris). Car si on est dans milliers dans la rue aux côtés des grévistes, des cheminots, des hôpitaux, des professeurs, des Gilets Jaunes, c’est le gouvernement qui aura besoin d’une ligne d’urgence.




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