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Vers la mort du service public de La Poste

Alors que les conditions de travail se dégradent, la Poste annonce une augmentation de son chiffre d’affaire

La Poste a annoncé ce jeudi une augmentation de son chiffre d'affaire : il est de 849 millions d'euros pour l'année 2016, soit une augmentation de 33,6 %. Mais ces résultats cachent surtout la détérioration de la qualité des services et la dégradation des conditions de travail des postiers. A.

vendredi 24 février 2017

Alors que la direction du groupe prend pour prétexte la baisse des courriers postaux pour supprimer des emplois, le groupe est en réalité en bonne santé financière, notamment grâce au chiffre d’affaire des paquets postaux (en hausse de 3,6 %) et de la filiale internationale de colis express Geopost (en hausse de 8,8 %). Ces chiffres montrent donc que la direction de l’entreprise supprime des emplois pour augmenter ses profits. 

En réalité, contrairement à l’argumentaire de la direction, l’activité de la Poste n’a pas diminuée : la baisse du courrier est compensée par la hausse des colis, et l’activité globale a même augmenté puisque l’entreprise a diversifié ses activités : service d’aide aux personnes âgés, vigilance urbaine (détecter les dégradations et anomalies en ville)... Il y a donc à la Poste plus d’activités et moins de salariés. Cela se traduit par une pression accrue sur le personnel, comme en témoigne la vague de suicides touchant les agents et les cadres, et une détérioration des conditions de travail : des facteurs faisant plus de 35h, des facteurs-guichetiers en zone rurale, une précarité accrue... 

La dégradation des conditions de travail impacte aussi la qualité du service rendue à l’usager, comme l’affirme la lettre ouverte des huit cabinets d’expertise privée à la direction de la Poste. D’autant plus que de nombreux bureaux de poste ont été fermés dans les zones rurales et dans les quartiers populaires comme celui de Gare du Nord à Paris. Ils sont transformés en « relais poste » dans les zones urbaines où les usagers vont chercher leur colis dans des tabacs et grandes surfaces, ce qui diminue le nombre de services proposés et leur qualité car le personnel n’est pas formé pour ce type d’activité.

Cette mise en avant des résultats financiers est révélatrice de ce qu’est devenue la Poste en 2011 : une entreprise actionnariale, financée par des fonds publics. Elle n’a plus une mission de service public priorisant la qualité du service rendu, mais cherche désormais la rentabilité coûte que coûte au détriment des usagers et des postiers. Une fin du service public postal qui n’est pas une fatalité et qui dépend de la capacité des travailleurs et usagers de la Poste à y faire face.




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