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Politique

Autoritarisme sanitaire

Alors que les hôpitaux souffrent du manque de personnel, près de 15.000 soignants toujours suspendus

Si le 14 mars dernier a signifié la fin du pass vaccinal dans les lieux de loisirs, à l'hôpital ce sont toujours près de 15 000 personnels de la santé qui sont suspendus de leur fonction.

samedi 16 avril

crédits photo : AFP

Adopté par l’Assemblée nationale en janvier, le pass vaccinal marquait ainsi un pas en avant dans la gestion autoritaire du gouvernement face à la crise sanitaire. Emmanuel Macron faisant ainsi des non vaccinés les boucs émissaires de l’impréparation du gouvernement face à la crise. Loin d’avoir prouvé son efficacité, celui-ci n’a offert aucune réponse sérieuse à la réalité épidémique, a contrario il constituait une offensive d’ampleur sur le terrain de nos droits démocratiques. Comme à son habitude, la police fut l’élément-clef pour faire appliquer l’autoritarisme sanitaire macronien, quand dans le même temps ces derniers étaient exemptés de cette obligation.

Cela ne fut pas le cas pour les personnels des hôpitaux, pour qui bon nombre d’entre eux se sont vus depuis être suspendu de leurs fonctions, et ainsi privés de leurs salaires. Et ce alors que les contaminations se font encore nombreuses, les soignants manquent partout en France, ce qui provoque dans certains établissements des fermetures de lits, voire parfois même de services entiers comme ce fut le cas à l’hôpital de Laval. Et ce comme si le monde de la Santé n’était pas déjà à genoux par les coupures budgétaires dues aux réformes libérales mises en place ces 30 dernières années.

Avec la loi du 5 août 2021 « relative à la gestion de la crise sanitaire », le gouvernement, toujours avide d’autorité, a mis en place l’obligation vaccinale pour tous les personnels des hôpitaux, EHPAD ou maisons de retraite. Selon les chiffres du ministère de la Santé, ce serait environ 15 000 personnes qui ont été suspendues de leurs fonctions. Ce chiffre ne comprend que les personnes suspendues de manière « officielle », car certains sont en arrêt maladie ou ont fait une demande de disponibilité. Ces suspensions concernent un panel étendu de fonctions, allant des soignants, au personnel ouvrier, ou encore administratif.

Pour ces travailleurs les conséquences sont énormes, car être suspendu signifie une perte totale du salaire tout en étant toujours affectée à la fonction publique hospitalière. Rendant de fait l’impossibilité de travailler dans un autre secteur pour ces personnes suspendues. Les demandes de disponibilité n’étant quant à elles, pas toujours acceptées dans les premiers temps.

Une situation ubuesque au vu du manque de personnel dans la Santé. De primes abords ce fut alors un coup dur pour les agents hospitaliers suspendus. Pour ces derniers, une minorité a dû accepter de manière forcée de se faire vacciner, et d’autres ont dû se reconvertir dans d’autres domaines. Certains se sont vus temporairement réintégrés, ayant contracté le Covid... Aujourd’hui les agents testés positifs se voient aussi forcés de venir travailler.

Alors que le président Macron en pleine campagne présidentielle, se vante d’avoir augmenté le budget de la santé, l’état catastrophique de certains centres hospitaliers prouve le contraire, c’est le cas des urgences du CHU de Bordeaux où une toile de tente s’est installée pour pouvoir accueillir des patients. Mais comme en démontrent les manifestations à répétition du centre hospitalier Pierre Oudot de Bourgoin-Jaille en ce moment même, ou encore partout dans la France, les hospitaliers se mobilisent afin d’obtenir des moyens dignes pour pouvoir exercer leur métier.

Exigeons la réintégration de tout le personnel hospitalier suspendu sans perte de salaire ainsi qu’une indemnisation pour les dommages économiques provoqués par la suspension, mise en place d’une campagne de vaccination contrôlée par les soignants, les usagers, les travailleurs afin de convaincre ceux qui refuseraient toujours de se faire vacciner, de manière pédagogique et non autoritaire comme l’impose le gouvernement. De la même manière, exigeons des moyens nécessaires pour le service de Santé publique, que les directions syndicales sortent de leur léthargie, nous avons besoin, d’un vrai plan de bataille en défense de la santé et le service public, en toute indépendance des issues réactionnaires et anti-social que nous impose le second tour entre Macron et Le Pen !



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