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Politique

Xénophobie d'Etat

Alpes-Maritimes : des jeunes migrants livrés à la police par l’aide à l’enfance

Dans un contexte d'offensives réactionnaires grandissantes, de jeunes migrants seraient convoqués à l'ASE des Alpes-Maritimes avant d'y être interpellé dans le cas où ils seraient suspectés majeurs, selon Libération. Contraire au droit d'asile, cette pratique est un énième exemple de la politique répressive anti-migratoire de l'Etat.

jeudi 22 avril

Eric Gaillard/REUTERS

Selon Libération, plusieurs associations et collectifs sont à l’origine de la dénonciation de ces arrestations. L’objectif affiché par le département et l’ASE est simple : vérifier que les jeunes sont bel et bien mineurs auquel cas ils doivent automatiquement être pris en charge par l’Etat.

En effet, les migrants mineurs pris en charge par l’ASE se voient obligés de passer de nombreux tests, notamment les controversés tests osseux . Ces tests dont la fiabilité reste hasardeuse sont souvent associés a des tests psychologiques, eux aussi dont la fiabilité reste à prouver. Ces tests et ces critères ne s’appuient sur rien, et montrent avant tout une envie de déresponsabiliser l’Etat de la prise en charge de ces jeunes migrants.

La procédure est la suivante : une lettre de convocation invitant le mineur à rencontrer le responsable de la section des mineurs non accompagnés afin de discuter de sa situation. En cas de doute sur son âge, l’institution en appelle à la police aux frontières qui l’interpelle, le menotte, et l’envoie en centre de rétention avant de lui assigner, le plus fréquemment, une obligation de quitter le territoire.

Soucieuse de justifier une politique répressive et anti-migrante, l’ASE est ainsi prompt à déclarer comme adultes les jeunes convoqués pour ensuite pouvoir les expulser. De fait, Libération explique qu’un des hommes convoqués puis interpellés par la police sera reconnu mineur au terme d’une longue procédure, au cours de laquelle il a été détenu provisoirement. Un schéma lourd de sens, qui vise à refuser la liberté de circulation aux migrants qui fuient la misère, la faim ou la guerre, que ce soit par la prison ou les procédures d’expulsion.

Si d’après la directrice de l’enfance des Alpes-Maritimes ces procédures sont légales, déclarant que “lorsque il y a des majeurs nous mettons fin a la prise en charge et […] on les remets aux autorités”, ce mécanisme vise en réalité à empêcher aux jeunes reconnus majeurs de prendre le temps de faire une demande de séjour. C’est ce que révèle maître Laure Pons, du Syndicat des avocats de France : « C’est une coalition entre le département, la préfecture et la PAF [la police aux frontières, ndlr] qui orchestre le fait que le jeune ne puisse pas être libre, affirme l’avocate. Ils font tout pour l’empêcher de déposer une demande de séjour. »

Pas étonnant donc, que la préfecture des Alpes-Maritimes ait déjà été condamnée à plusieurs reprises pour atteinte au droit d’asile. Il semble s’agir ici d’une volonté de garantir l’expulsion ou la vie dans la rue et la peur au plus de migrants possible. Car loin de fournir une solution viable à ces jeunes retoqués de l’ASE, l’Etat organise leur misère ainsi que la répression des camps de migrants à qui on a refusé le droit d’asile et la liberté de circulation. Ainsi, la liberté de circulation et le droit d’asile doivent être un droit pour toutes et tous. 




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