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Amazon : de nombreux salariés en droit de retrait, la direction veut maintenir l’activité

Sur plusieurs sites d’Amazon France, de nombreux salariés ont exercé dès ce mardi leur droit de retrait, face à une direction qui veut maintenir l’activité comme si le coronavirus n’existait pas.

mardi 17 mars

Ce mardi 17 mars, quelques heures après l’annonce du président de la République d’un confinement de toute la population, de nombreux salariés d’Amazon, sur les sites de Sevrey (près de Chalon-sur-Saône) et de Boves (près d’Amiens), ont exercé leur droit de retrait, alors que plusieurs cas ont été confirmés. A Sevrey, un cas au moins a été détecté, et cinq à Boves, dans ces centres de distribution du géant de la logistique qui en possède six en France. « Les gens ont peur pour leur santé explique Antoine Delorme, délégué syndical CGT du site de Chalon. Il y a beaucoup de crainte parce qu’il y a eu un cas avéré sur notre site logistique, et d’autres personnes qui ont pu être atteintes. Plusieurs personnes sont placées en confinement et on demande tout simplement la fermeture du site parce que sur Chalon-sur-Saône on ne fait aucun produit de première nécessité. »

Alors que de nombreuses entreprises commencent à fermer et arrêter leur activité, Amazon veut continuer son activité à tout prix, en mettant en danger ses salariés. « Ils nient l’existence d’un cas avéré, parce que pour eux il n’y a pas eu de test effectué, ce qui est normal vu qu’on est en phase 3, et qu’il n’y aura pas de test sauf si son cas devient critique s’énerve Antoine. Nous on est pas dans l’optique d’attendre que le cas devienne critique. » Dans ces grands centres de distribution, toutes les conditions sont réunies pour que beaucoup de monde soit contaminé rapidement. En une journée, un article peut être touché par au moins quatre personne : celui qui décharge, celui chargé de la mise en rayon, le préparateur de commande, et celui qui va emballer le produit. Evidemment, si le premier maillon de la chaine est contaminé, un virus peut vite se répandre.

« On est 500 à travailler sur le même lieu de travail, on touche tous des articles que d’autres personnes retouchent derrière. Les articles sont situés sur des chariots qu’on doit prendre pour faire la mise en rayon, ces chariots sont nettoyés une fois par jour alors qu’on les prend tous une à trois fois par jour. Et les articles ne sont évidemment pas nettoyés. Si une personne est contaminé, cela va se propager très vite. » L’inquiétude est donc palpable, est sur les 550 personnes du site de Sevrey, divisé en quatre équipes, une centaine de salariés ont exercé leur droit de retrait entre ce matin et cet après-midi. A Boves et Lauwin-Planques, près de Douai, d’autres mouvements de droit de retrait ont encore lieu.

Alors que les salariés demande la fermeture de tous les centres de distribution d’Amazon, l’entreprise veut continuer à profiter de la crise sanitaire pour faire du profit. « On leur a proposé de prendre 30 volontaires par site avec des conditions saines pour envoyer uniquement des produits de première nécessité pour les sites qui en ont, et de bloquer tous les autres articles. Amazon surfe là dessus et ils se font un pognon monstre et surfent sur le fait que les gens peuvent pas sortir et sont confinés. Notre proposition est restée sans réponse  », déplore le délégué syndical. Sur son site, qui n’expédie aucun article de première nécessité, l’entreprise veut continuer l’article, défendant même qu’il faudrait considérer le matériel informatique comme produit de première nécessité en raison de la fermeture des écoles.

Alors que les salariés cherchent à s’organiser pour contenir au mieux la crise sanitaire en demandant d’arrêter les activités non-indispensable, et en trouvant des moyens pour continuer toutes les activités nécessaires, Amazon préfère continuer dans sa course au profit, en mettant en danger ses salariés mais aussi tous ses clients.

Aux Etats-Unis, l’entreprise a annoncé récemment vouloir recruter 100 000 personnes pour faire face à la demande en explosion, en donnant comme argument le rôle de son entreprise dans la diffusion des produits sanitaire et de première nécessité. Pourtant, la plateforme est loin d’avoir arrêté le commerce de tous les autres produits, et n’a pas communiqué sur l’arrêt de le vente de ces produits non indispensables. Alors que plusieurs milliers de personnes sont déjà décédées du Covid-19, Amazon, tels des « marchands de mort » ne voient dans cette épidémie rien de plus qu’une opportunité commerciale. Les salariés du groupe France font ainsi la seule proposition censée et à la hauteur des besoins de la population : arrêter l’entreprise pour éviter la contamination des salariés et des clients, et de réduire à l’activité aux seuls produits de première nécessité.




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