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Amnesty International qualifie d’« apartheid » les crimes d’Israël contre les Palestiniens

Dans un rapport publié ce 1er février, Amnesty International rend les conclusions d’une enquête effectuée pendant quatre ans sur les conditions de vie des Palestiniens et qualifie de « crime contre l’humanité » la politique de l’Etat d’Israël. L’ONG y dénonce un régime d’apartheid où règnent la ségrégation territoriale, les détentions arbitraires et même les homicides à l’encontre du peuple palestinien.

mardi 1er février

ABBAS MOMANI / AFP

Le rapport d’Amnesty International publié ce mardi 1e février est le fruit d’une enquête juridique de plusieurs années, qui analyse les politiques de l’État d’Israël et rend compte des conditions de vie des Palestiniens. Le rapport qualifiant de « crime contre l’humanité » les exactions de l’Etat d’Israël contre le peuple palestinien démontre en effet que cette oppression pèse sur l’ensemble des Palestiniens, qu’ils vivent en territoires occupés ou dans des pays voisins.

Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International explique en ces termes : « Notre rapport révèle la véritable ampleur du régime d’apartheid israélien. Qu’ils vivent à Gaza, à Jérusalem-Est et dans le reste de la Cisjordanie, ou en Israël même, les Palestiniens sont traités comme [un groupe racial inférieur et systématiquement privés de leurs droits. »

Le rapport démontre les lois et les pratiques avec lesquels l’État colon d’Israël soumet les Palestiniens à vivre dans des conditions de vie déplorables et dénonce les arrestations massives, la ségrégation territoriale, les tortures et les homicides, que leur fait subir au quotidien l’État d’Israël. Il dénonce ainsi une volonté de l’État d’Israël de réprimer systématiquement la population palestinienne.

Solomon Franck Sacco, juriste en chef d’Amnesty International explique ainsi que « le système juridique exclut les Palestiniens de l’accès aux terres appartenant à l’État. Les Palestiniens citoyens d’Israël ne peuvent pas louer 80% des terres car elles appartiennent à l’Etat. Les personnes qui ont vu leurs bien saisis au cours des 70 dernières années ne sont pas autorisées par la loi à les récupérer. Contrairement aux Israéliens juifs que nous voyons même revendiquer des terrains à Jérusalem-Est ».

« Depuis 1967, les autorités israéliennes ont arrêté plus de 800 000 hommes, femmes et enfants Palestiniens en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, et dans la bande de Gaza » explique ainsi le rapport, démontrant la brutalité de la répression de l’État d’Israël qui a incarcéré arbitrairement plus de 4 400 personnes en 2021. Une politique brutale, que le gouvernement israélien fait subir aux Palestiniens qui luttent pour leurs droits, à l’instar des jeunes Palestiniens mobilisés au printemps 2021 contre les expulsions de famille à Sheikh Jarrah.

Le rapport n’a pas manqué de faire réagir au sein de ce même gouvernement réactionnaire, qui nie en bloc les conclusions d’Amnesty International, accusant l’ONG « d’antisémitisme » : une façon de clore le débat en amalgamant consciemment la dénonciation des crimes d’Israël avec l’antisémitisme. Le premier ministre Yair Lapid a ainsi déclaré « au lieu de rechercher des faits, Amnesty cite les mensonges propagés par des organisations terroristes ». En octobre dernier, le ministre de la défense Benny Gantz a déclaré comme « terroristes » six organisations de défense des palestiniens d’organisations terroristes, pour réprimer leurs activités. Face au rapport d’Amnesty international, le gouvernement israélien continue sa rhétorique habituelle récusant ainsi les faits exposés par les Palestiniens et de nombreuses organisations internationales.

Or, récemment, pour la première fois, une ONG israélienne publiait un rapport qui dénonce le régime d’apartheid que subissent les palestiniens de la mer au Jourdain.

Le rapport d’Amnesty international démontre l’enfer que subissent au quotidien les Palestiniens. Les mobilisations de juin dernier lors de l’expulsion du quartier Sheikh Jarrah avaient provoqué une vague de solidarité envers les Palestiniens. Ici, les mobilisations de soutien avaient été réprimées et interdites par Gérald Darmanin, qui use de la même rhétorique fallacieuse du gouvernement sioniste d’Israël en instrumentalisant les crimes antisémites.

La répression de notre solidarité n’est qu’une expression de plus du soutien indéfectible de la France et des puissances impérialistes à l’État criminel d’Israël. Il nous faut dénoncer sans cesse cet appui militaire et financier, et renforcer notre solidarité internationaliste. Pour une Palestine libre, de la mer au Jourdain !



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