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Anasse Kazib à la marche pour Adama : « Le mouvement ouvrier devrait lutter contre le racisme d’État »

A la marche pour Adama, le cheminot et syndicaliste Sud-Rail Anasse Kazib explique le lien entre inégalités sociales et racisme à la lumière de la gestion répressive de la crise sanitaire par le gouvernement. Contre le racisme et les violences policières, le mouvement ouvrier doit en être !

samedi 18 juillet

Quatre ans après la mort d’Adama Traoré à la gendarmerie de Beaumont-sur-Oise, la marche pour demander justice et vérité pour Adama et toutes les victimes de violences policières a été appelée sous le signe de la convergence avec le mouvement écolo. Avec le mot d’ordre « on veut respirer » en référence aux derniers mots prononcés par George Floyd aux États-Unis, le Comité Adama entend unifier la jeunesse en rassemblant « génération Adama » et « génération climat ».

Ainsi, l’ampleur de la mobilisation dans le sillage du mouvement aux États-Unis a imposé à l’ordre du jour la lutte contre les violences policières et du racisme d’État. Une réussite également due au travail du Comité Adama pour unifier et structurer les familles de victimes et montrer que des quartiers populaires aux Gilets jaunes en passant par les grévistes contre la réforme des retraites, c’est la même police qui réprime, qui mutile et qui tue.

Cependant les organisation traditionnelles du mouvement ouvrier restent absentes de la mobilisation contre les violences policières et le racisme d’État. Pourtant, « ceux qui subissent les violences policières sont des prolétaires » explique le cheminot Anasse Kazib, syndicaliste Sud-Rail et militant au NPA – Révolution Permanente.

En prenant comme exemple la crise sanitaire, le cheminot rappelle qu’au moment le plus fort de l’épidémie de Covid-19 en France, ce sont bien ceux qui subissent le racisme et les discriminations au quotidien, qui travaillaient en première ligne pour faire tourner la société dans les supermarchés et les hôpitaux en même temps qu’ils faisaient les frais du confinement répressif imposé à coup de matraque et de LBD dans les quartiers populaires. C’est dans ce cadre que plusieurs quartiers en région parisienne et ailleurs avaient connu plusieurs nuits de révolte en réponse au renforcement de la présence policière, des intimidations et des violences policières contre les jeunes à Villeneuve-la-Garenne, Argenteuil ou Toulouse.

A ce titre il pourrait apparaître naturel que « le mouvement ouvrier manifeste contre les violences policières et le racisme comme il manifeste contre la réforme des retraites ». Pourtant, les directions syndicales s’abstiennent encore aujourd’hui d’appeler à manifester ce samedi. Alors qu’aux Etats-Unis les dockers et les travailleurs des transports ont rejoint la mobilisation en se mettant en grève et en refusant de transporter les forces de répression, mettant à profit du mouvement leur rôle stratégique pour bloquer l’économie, en France le mouvement ouvrier doit faire sienne la lutte contre les violences policières et le racisme d’Etat, par la grève et par les manifestations.




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