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Politique

Ouvrez les frontières !

Annonces sur l’Ocean Viking : l’Etat va trier les exilés qu’il accepte d’accueillir

Alors que le gouvernement refusait d’accueillir les passagers du navire humanitaire Ocean Viking, Gérald Darmanin a annoncé que le navire accostera à Toulon. Mais la France n’accueillera qu’un tiers des 234 passagers, qui feront l’objet d’un véritable tri xénophobe.

jeudi 10 novembre

Crédit photo : REUTERS

Le navire humanitaire Ocean Viking, à bord duquel se trouvent 234 passagers dont 57 enfants, va finalement accoster sur les côtes françaises à Toulon, a annoncé Gérald Darmanin ce jeudi à l’issue d’un conseil des ministres. Après avoir erré dans la mer méditerranée pendant 20 jours du fait du refus d’accueil des gouvernements européens. Jusqu’à maintenant, le gouvernement français refusait d’accueillir les exilés et renvoyait la balle à Rome, sous prétexte que l’Italie ne respectait pas ses engagements.

Mais, loin d’un véritable accueil des migrants de l’Ocean Viking, Gérald Darmanin a annoncé qu’il s’agissait d’une décision « à titre exceptionnel » et que seulement un tiers des 234 passagers à bord du navire qui remplissent les conditions d’asile et de droit au séjour allaient être accueillis sur le territoire français. Le ministre de l’intérieur a ainsi très vite précisé que « les personnes ne relevant pas du droit au séjour et de l’asile sur notre territoire feront l’objet de procédure d’éloignement sans délais ».

Autrement dit, la France n’accueillera pas tous les migrants de l’Ocean Viking et une grande partie d’entre eux seront directement expulsés, feront l’objet d’obligation de quitter le territoire français (OQTF) ou seront incarcérés dans des centre de rétention administratifs aux conditions de détention inhumaines. Darmanin a ensuite annoncé que l’Allemagne s’était engagée à accueillir un autre tiers des rescapés et que d’autres États européens « sont actuellement en train de faire part du nombre de personnes qu’ils souhaitent accueillir sur leur sol ».

De plus, invoquant le refus du gouvernement Meloni d’accueillir les naufragés, Darmanin a indiqué que l’État français se refusait à honorer un accord européen par lequel la France devait accueillir 3 500 réfugiés en provenance d’Italie sur un an.

Derrière cet « accueil » des naufragés de l’Ocean Viking, c’est donc en réalité un véritable tri xénophobe que va mettre en place le gouvernement français en déboutant certainement une bonne partie des migrants. Ce traitement inhumain des exilés à bord de ce navire qui seront trié, puis « relocalisés » de façon inhumaine dans d’autres pays européens, illustre la façon dont l’État français et l’Union Européenne jouent avec la vie des migrants qui fuient les guerres et l’exploitation.

Une décision qui s’inscrit dans un contexte xénophobe et anti-migrants

Suite à cette décision, l’extrême-droite s’est empressée de dénoncer « le laxisme » du gouvernement en matière d’immigration et de jouer la surenchère à l’instar d’Eric Zemmour qui a même communiqué sur sa venue à Toulon « pour dire non à l’accueil du navire ». Mais la façon avec laquelle Darmanin a insisté pour expliquer qu’il s’agissait d’une décision « exceptionnelle » et pour expliquer qu’il expulserait et réprimerait « sans délais » tous les migrants qui se verraient refuser le droit d’asile ou un titre de séjour, montre bien que la politique du gouvernement français vis-à-vis des exilés n’a rien à envier à ce que revendique l’extrême-droite et la droite depuis des années.

En effet, la question de l’accueil de l’Ocean Viking prend place à un moment où le gouvernement français, mène une offensive xénophobe importante contre les immigrés avec son projet de loi immigration. Un projet de loi qui sera prochainement débattu au parlement, et avec lequel le gouvernement souhaite approfondir la chasse aux sans-papiers , « rendre impossible » la vie des immigrés qui se voient refusés des titres de séjour et réduire les possibilités de recours aux OQTF.

Pour justifier cette politique, de nombreux représentants de l’État, conjointement avec la droite et l’extrême-droite instaurent depuis plusieurs semaines un climat particulièrement xénophobe et anti-migrants. Macron, Darmanin, le préfet de police Didier Lallement reprennent les thématiques anti-immigration de la droite et l’extrême-droite en cherchant à tisser un lien entre immigration et délinquance.

Contre les politiques migratoires répressives inhumaines que mènent les États Européens, aux premiers rangs desquels la France ou encore l’Italie, contre les climats xénophobes qu’ils instaurent avec la droite et l’extrême-droite, il est plus que jamais nécessaire de revendiquer l’ouverture des frontières, la liberté d’installation, de circulation et la régularisation immédiate et sans condition de toutes et tous les sans-papiers.



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