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Annulation de la COP25 au Chili : le gouvernement de Piñera ébranlé par le soulèvement populaire

Confronté depuis deux semaines à un soulèvement populaire sans précédent, le président chilien Sebastián Piñera a annoncé ce mercredi que le Chili n'organisera la COP25, ni le sommet des dirigeants de l'APEC (Coopération Economique d'Asie-Pacifique).

mercredi 30 octobre

L’annulation de ces deux sommets est un signe de faiblesse du gouvernement de Piñera. Malgré les concessions minimales faites au mouvement (instauration d’un SMIC, hausse des retraites, stabilisation du prix de l’électricité) et le remaniement du gouvernement Piñera ne parvient pas à assurer le retour à « l’ordre » voulu par les classes dominantes et leurs médias. En effet, les mobilisations se poursuivent et les manifestants demandent toujours le départ du président, alors que la répression a fait officiellement plus de 21 morts à ce jour - et que la gauche de régime, à travers les députés du PC et de la FA, continuent de quémander des négociations avec un gouvernement assassin.

Au sujet de la Cop 25, de nombreuses voix critiquaient l’hypocrisie d’un Piñera qui prétendait accueillir le sommet mondial sur le changement climatique en décembre, alors même qu’il réprimait les militants écologistes, persécutés et détenus en prison.

C’est le cas par exemple de Alberto Curamil, nominé pour le prix Goldman 2019 (également connu sous le nom de « Prix Nobel Vert »), pour sa lutte depuis 2013 contre les projets hydroélectriques Alto Cautín et Doña Alicia. Ceux-ci aggraveraient la sécheresse dans la région de l’Araucanía, alors que d’après un rapport du ministère des Travaux publics, le Chili figurera parmi les 30 pays les plus exposés au risque hydrique d’ici 2025. Accusé de « vol à main armée » par le régime, le militant chilien n’a jamais pu recevoir cette récompense puisqu’il a été emprisonné. Il a été mis en détention sur la base d’une dénonciation anonyme, et tout porte à croire que cette affaire a été montée de toute pièce par l’Etat chilien pour se débarrasser de l’opposant.

Quant au sommet de l’APEC, une partie de son ordre du jour était censé être consacrée à l’accord TPP11, un accord de libre-échange trans-pacifique rejeté par la population chilienne, car synonyme de casse des protections sociales et environnementales pour les classes populaires. Plus encore, face au soulèvement populaire, le gouvernement américain lui-même se voit obligé de revoir ses plans, alors que Trump espérait signer (bien qu’il n’y ait pas un calendrier officiel) un accord commercial préliminaire avec la Chine. Comme l’explique le site américain Stratfor : "La décision d’annuler les deux sommets constitue un changement d’orientation notable pour le gouvernement chilien, qui avait précédemment déclaré que les réunions auraient lieu. Le président américain Donald Trump a vanté le sommet de l’APEC comme un lieu potentiel de signature d’un accord commercial préliminaire avec la Chine, et des rapports indiquent maintenant que les deux pays pourraient signer l’accord à Macao."

L’annulation de ces sommets montre les limites du gouvernement et la force du mouvement populaire. Le recul de Piñera montre autant la faiblesse du régime chilien que l’essoufflement de ce projet néo-libéral antisocial et autoritaire, que Macron rêve d’appliquer en France, soit dit-en passant.

Il s’agit maintenant pour les masses populaires chiliennes de se structurer à la base, dans les usines, les universités, et les quartiers, en renouant avec le meilleur de la tradition révolutionnaire chilienne des « cordons industriels » comme cela commence à être le cas à petite échelle dans la région minière d’Antofagasta.




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